Mercredi 6 janvier 2010
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Moi le mercredi je ne travaille pas.
Enfin, si, mais seulement environ un mercredi sur 5. Donc, en digne marmotte que je suis, j’en profite pour déconnecter le réveil et
roupiller un peu. Une habitude qui arrange tout le monde : moi parce que je dors, mes fils aînés parce qu’ils se lèvent tout seuls pour aller au collège sans que je sois derrière leur dos à
vérifier s’ils ont bien déjeuné, et le plus jeune parce qu’il déjeune devant la télé et se gave de dessins animés.
Mais parfois, cette mécanique bien sympathique dérape.
La semaine qui précédait les vacances de noël, je me suis réveillée tranquillement à 9h30 et je me suis douchée, sourire aux lèvres.
Là où ça s’est gâté, c’est quand j’ai allumé mon portable. Un message assez sec de la CPE m’attendait, me demandant pourquoi mon fiston
n’était pas en cours, et pourquoi je n’avais pas prévenu de son absence.
Affolement.
Et tout de suite bien sûr, les images les plus folles me sont passées par la tête : mon fils, drogué, en train de faire une overdose
dans un coin. Mon fils, fugueur, montant dans un train. Mon fils, accidenté, agonisant à l’hôpital. Mon fils, séquestré, abusé par un pédophile…
Le fait qu’il ne réponde ni à mes appels, ni aux textos ne faisant rien pour apaiser mon angoisse.
En fait, son radio-réveil a brusquement décidé qu’il voulait bien encore faire radio, donner l’heure, mais plus sonner. Et évidemment, il a
fait ça un mercredi matin. Le gamin, aussi marmotte que sa génitrice, ne s’est pas levé. J’ai fini par le trouver dans son lit, dormant du sommeil du juste.
Et, en bon putois qu’il est, et en raison de rivalités fraternelles, son petit frère s’est bien gardé de le réveiller… Il s’est levé, a
déjeuné, s’est habillé, s’est lavé les dents, et est parti au collège, comme si de rien n’était.
Après une bonne gueulante (les parents gueulent toujours, ça marque leur soulagement), je me suis trouvée bien emmerdée.
Il fallait que je rappelle la CPE. J’ai horreur de mentir, mais je me voyais mal lui dire qu’en fait, je ne m’étais pas levée pour vérifier que ma progéniture avait bien ouvert ses yeux à
l’heure ! Pour peu que cette nouvelle CPE soit un peu psychorigide, elle serait bien capable de me balancer un signalement, et que je me retrouve avec une enquête sociale sur le
dos !
Bon, je l’ai rappelée, et j’ai dit sans grande conviction que le gamin était souffrant et qu’en fait il était resté couché.
Et là, elle me dit :
« pourquoi vous n’avez pas appelé à 8h pour le signaler ? »
Mon foutu inconscient, qui déteste le mensonge autant que mon conscient s’en est mêlé, et j’ai répondu :
« parce que je ne m’en suis aperçue que quand je me suis levée. Euh rentrée, quand je suis rentrée »
C’était déjà assez catastrophique comme ça, j’aurais DÛ arrêter là. Mais non, j’ai continué à m’enferrer…
«je veux dire quand je suis rentrée après être partie tôt ce matin, pas parce que j’avais pas dormi là. J’ai dormi à la maison, mais je
devais partir tôt. Et là, je suis rentrée, et il dormait. Mais je n’avais pas eu votre message, je l’ai entendu quand je me suis levée, rentrée, quand je suis rentrée ».
Il y a eu un long silence, et la CPE m’a rappelé de remplir la fiche d’absence dans le carnet et au revoir madame.
Il y a 3 possibilités : elle me prend pour une évaporée irresponsable, pour une mère indigne, ou pour une folle.
Merci le réveil !
Il va sans dire que le père Noël a apporté un radio-réveil flambant neuf à mon ado.
vous répondez