pour me faire pardonner mon irrégularité blogueuse de ces dernières semaines, j'ai décidé, pour une fois, de vous offrir du vrai, du vécu, de l'autobiographique saignant, de l'authentique. bref, une tranche de vie charlilesque pas piquée des hannetons.
et, histoire de m'attirer un peu de compassion (parce qu'après tout ça fait du bien de se faire plaindre de temps en temps), je tiens à souligner qu'en règle générale ma vie ressemble à ce qui suit. je suis toujours à guetter la poisse suivante, l'incident qui viendra se glisser entre deux catastrophes, le grain de sable qui viendra faire dérailler la machine, glissé incognito dans une fausse bonne nouvelle.
vous êtes prêts ? oui ? alors, c'est parti...
pour célébrer mon premier jour de célibat retrouvé, j'ai bêtement décidé de remplacer les meubles emportés par monsieur, n'ayant nullement l'intention de passer les mois à venir entourée de cartons et de sacs plastique. et puis, après tout, un zeste de changement ne pouvait que faire repartir les choses sur les bons rails. ma fille ayant très envie d'une nouvelle armoire, nous avons joué aux meubles musicaux, déménageant tel meuble ici, telle étagère là, montant et démontant à tour de bras, avec la grande aretha franklin à fond les manettes pour donner du coeur à l'ouvrage. tout se passait à peu près correctement quand, sans que cela me surprenne plus que ça, une étagère a décidé de faire des siennes, histoire de me pourrir la journée. alors que je me tenais à genoux, prosternée devant le dieu ikea, l'étagère supérieure s'est brusquement désolidarisée des montants. la gravité aidant (saloperie de gravité de merde), l'étagère est venue gentiment se poser sur mon visage, me caressant l'arête du nez, la joue et le plancher orbital.
ça, c'était la version sucrée pour les âmes sensibles, qui doivent s'abstenir de lire la suite, sous peine de vomissements incontrôlés.
version hardcore (mais vraie) :
cette foutue étagère, qui pèse au bas mot 3 kilos (merci ikea de tes formidables meubles massifs et solides), m'est tombée sur la tronche d'une hauteur de 2m50. je suis bien éraflée, entamée, avec le coin de l'étagère imprimé en boursouflures sanglantes sous l'oeil. une autre étagère m'a atterri sur le crâne et la troisième (et heureusement dernière, je n'avais pas encore fixée les deux restantes, ouf !) sur le dos. il y aurait bien eu besoin de faire un ou deux points, mais l'idée de marcher (trop sonnée pour conduire) jusqu'à l'hôpital en traînant ma progéniture, pour attendre des heures qu'un interne harassé me tripatouille la gueule m'a légèrement refroidie. j'espère que le pancher orbital n'est pas fracturé, ni la cloison nasale. je compte déjà 2 fractures du nez, et une opération pour le remettre droit, because ça m'empêchait de respirer correctement. j'ai pas envie de remettre ça, merci bien. surtout qu'à l'hosto, on arrive avec la tronche de frankenstein, soit, mais on repart avec pire.
de plus, un de mes fils, le plus sensible, a bien failli tourner de l'oeil en voyant tout ce sang, et l'hôpital enfants est un peu trop loin de l'hôpital adultes pour que je puisse gérer le truc !
on attendra donc l'arrivée de la mamy ce soir pour envisager une quelconque visite à l'hosto. finalement, la mamy a choisi pile poil le bon jour pour venir voir ses petits loulous...
reste à prier que la cicatrice ne soit pas trop hideuse. remarquez, elle forme un angle droit parfait, ça pourra m'être utile ultérieurement si je n'ai pas d'équerre sous la main. je pourrai même louer mes services aux bricoleurs, aux collégiens, aux maçons. pensez, un angle droit humain, ça fait classe !
je vous entends déjà, vous les potes qui habitez pas loin : t'aurais dû appeler, on t'aurait emmenée à l'hosto, on t'aurait gardé tes mômes, on aurait ceci, on aurait cela...
je sais, vous auriez. mais la charlie ne dérange pas les autres, elle se démerde, point barre. merci quand même !
et là, un peu contrariée quand même (ça se comprend non ?), je décide de continuer quand même le réarrangement de mon logis. je sais, c'était très con. quand une journée commence comme ça, il est bien rare que ça aille en s'arrangeant. mais que voulez-vous, un contact soudain et intense avec du pin massif, ça vous retourne un peu la cervelle.
j'ai donc vaillamment repris où j'en étais restée : j'ai récolté une belle coupure au doigt, j'ai niqué définitivement l'aspirateur (me demandez pas comment j'ai fait, c'est la charlie's touch), je me suis écrasé l'orteil avec un barbecue électrique et j'ai cassé un verre. et il n'est pas encore 14h. qui dit mieux ?
ah, au fait, demain je jardine et je taille les haies avec le taille-haies bien coupant. vous voulez bien aller brûler quelques cierges pour moi, on ne sait jamais...
toute ressemblance avec le moi que vous connaissez n'est que normale, vu que je suis tombée dans la marmite de poisse à la naissance.
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