Lundi 9 juillet 2007 1 09 /07 /2007 13:02

pour me faire pardonner mon irrégularité blogueuse de ces dernières semaines, j'ai décidé, pour une fois, de vous offrir du vrai, du vécu, de l'autobiographique saignant, de l'authentique. bref, une tranche de vie charlilesque pas piquée des hannetons.

et, histoire de m'attirer un peu de compassion (parce qu'après tout ça fait du bien de se faire plaindre de temps en temps), je tiens à souligner qu'en règle générale ma vie ressemble à ce qui suit. je suis toujours à guetter la poisse suivante, l'incident qui viendra se glisser entre deux catastrophes, le grain de sable qui viendra faire dérailler la machine, glissé incognito dans une fausse bonne nouvelle.

vous êtes prêts ? oui ? alors, c'est parti...

pour célébrer mon premier jour de célibat retrouvé, j'ai bêtement décidé de remplacer les meubles emportés par monsieur, n'ayant nullement l'intention de passer les mois à venir entourée de cartons et de sacs plastique. et puis, après tout, un zeste de changement ne pouvait que faire repartir les choses sur les bons rails. ma fille ayant très envie d'une nouvelle armoire, nous avons joué aux meubles musicaux, déménageant tel meuble ici, telle étagère là, montant et démontant à tour de bras, avec la grande aretha franklin à fond les manettes pour donner du coeur à l'ouvrage. tout se passait à peu près correctement quand, sans que cela me surprenne plus que ça, une étagère a décidé de faire des siennes, histoire de me pourrir la journée. alors que je me tenais à genoux, prosternée devant le dieu ikea, l'étagère supérieure s'est brusquement désolidarisée des montants. la gravité aidant (saloperie de gravité de merde), l'étagère est venue gentiment se poser sur mon visage, me caressant l'arête du nez, la joue et le plancher orbital.

ça, c'était la version sucrée pour les âmes sensibles, qui doivent s'abstenir de lire la suite, sous peine de vomissements incontrôlés.

version hardcore (mais vraie) :

cette foutue étagère, qui pèse au bas mot 3 kilos (merci ikea de tes formidables meubles massifs et solides), m'est tombée sur la tronche d'une hauteur de 2m50. je suis bien éraflée, entamée, avec le coin de l'étagère imprimé en boursouflures sanglantes sous l'oeil. une autre étagère m'a atterri sur le crâne et la troisième (et heureusement dernière, je n'avais pas encore fixée les deux restantes, ouf !) sur le dos. il y aurait bien eu besoin de faire un ou deux points, mais l'idée de marcher (trop sonnée pour conduire) jusqu'à l'hôpital en traînant ma progéniture, pour attendre des heures qu'un interne harassé me tripatouille la gueule m'a légèrement refroidie. j'espère que le pancher orbital n'est pas fracturé, ni la cloison nasale. je compte déjà 2 fractures du nez, et une opération pour le remettre droit, because ça m'empêchait de respirer correctement. j'ai pas envie de remettre ça, merci bien. surtout qu'à l'hosto, on arrive avec la tronche de frankenstein, soit, mais on repart avec pire.

de plus, un de mes fils, le plus sensible, a bien failli tourner de l'oeil en voyant tout ce sang, et l'hôpital enfants est un peu trop loin de l'hôpital adultes pour que je puisse gérer le truc !

on attendra donc l'arrivée de la mamy ce soir pour envisager une quelconque visite à l'hosto. finalement, la mamy a choisi pile poil le bon jour pour venir voir ses petits loulous...

reste à prier que la cicatrice ne soit pas trop hideuse. remarquez, elle forme un angle droit parfait, ça pourra m'être utile ultérieurement si je n'ai pas d'équerre sous la main. je pourrai même louer mes services aux bricoleurs, aux collégiens, aux maçons. pensez, un angle droit humain, ça fait classe !

je vous entends déjà, vous les potes qui habitez pas loin : t'aurais dû appeler, on t'aurait emmenée à l'hosto, on t'aurait gardé tes mômes, on aurait ceci, on aurait cela...

je sais, vous auriez. mais la charlie ne dérange pas les autres, elle se démerde, point barre. merci quand même !

et là, un peu contrariée quand même (ça se comprend non ?), je décide de continuer quand même le réarrangement de mon logis. je sais, c'était très con. quand une journée commence comme ça, il est bien rare que ça aille en s'arrangeant. mais que voulez-vous, un contact soudain et intense avec du pin massif, ça vous retourne un peu la cervelle.

j'ai donc vaillamment repris où j'en étais restée : j'ai récolté une belle coupure au doigt, j'ai niqué définitivement l'aspirateur (me demandez pas comment j'ai fait, c'est la charlie's touch), je me suis écrasé l'orteil avec un barbecue électrique et j'ai cassé un verre. et il n'est pas encore 14h. qui dit mieux ?

ah, au fait, demain je jardine et je taille les haies avec le taille-haies bien coupant. vous voulez bien aller brûler quelques cierges pour moi, on ne sait jamais...

toute ressemblance avec le moi que vous connaissez n'est que normale, vu que je suis tombée dans la marmite de poisse à la naissance.

Par charlie - Publié dans : mésaventures
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Vendredi 29 juin 2007 5 29 /06 /2007 17:36

après les bébés éprouvettes, un nouveau genre de maternité vient de voir le jour : le bébé-poubelle. c'est la grande mode, ça fait fureur dans les lycées et les facs. plutôt que de se renseigner convenablement et d'opter pour une contraception efficace, on tombe enceinte, et on jette son bébé après la naissance.

a priori, on se sent outré par ce genre de pratiques, et l'on a bien raison. regardons de plus près quelques faits divers de ces dernières années, et creusons un peu plus loin.

- le bébé jeté au vide-ordures quelques heures après sa naissance, et qui s'est fracassé le crâne sur la colonne en tombant. l'expertise médico-légale a conclu, au vu des multiples fractures, que le nourrisson avait certainement été mis dans le vide-ordures depuis un étage assez élevé. quels renseignements cela nous donne-t-il sur la mère ? soit elle venait d'emménager dans cette cité depuis peu après avoir passé sa vie dans un endroit sans vide-ordures. soit elle manquait du sens pratique le plus élémentaire. en effet, quiconque a vécu un tant soit peu dans un immeuble avec vide-ordures sait parfaitement qu'il est impératif de toujours emballer ce que l'on jette dans des sacs soigneusement fermés. sinon, les résidus de nourriture qui adhèrent à la colonne dégagent une odeur infecte en pourrissant.de plus, ça attire les cafards en masse. or, le bébé a été jeté tel quel, sans même être enveloppé de plastique. un film alimentaire aurait également fait l'affaire, car il est vrai qu'il devient de plus en plus difficile de se procurer des sacs plastique gratuits. et qui dit cafards dit désinsectisation. et qui dit désinsectisation dit augmentation des charges. avouez que ce n'était pas bien finaud de sa part...

- la petite Louise retrouvée dans un container par un retraité. je me suis laissée dire que 2 containers étaient côte à côté : celui des ordures ménagères, et celui du tri sélectif. saluons l'effort civique de cette jeune mère qui a bien pris garde à jeter ses déchets dans le bon container. car, comme chacun sait, dans l'état actuel de nos connaissances, le bébé ne fait pas partie des détritus recyclables. beaucoup de familles qui fanfaronnent parce qu'elles ont gardé leur progéniture intacte ne se donnent pas la peine de trier correctement leurs déchets, les cuistres ! alors ? qui est le plus à blâmer ? ceux qui se moquent royalement de l'avenir collectif de notre planète ou celle qui, après tout, lutte à son petit niveau contre la surpopulation tout en respectant les consignes environnementales ?

- les bébés horticoles : enterrés dans les jardins, ils régalent nos yeux , car ils apportent un engrais efficace qui permet l'émergence de splendides massifs de fleurs colorées et odorantes, pour le plus grand bonheur des passants. on met bien de la merde de cheval ou de vache, alors pourquoi pas un bébé ?

- la foire aux bébés : tout le monde s'est déclaré choqué par ce petit couple qui essayait de vendre sa fille de 2 mois sur un parking de supermarché. pourquoi donc ? l'enfant était bien tenue, bien nourrie et ne présentait aucun signe de maltraitance. nos gouvernants passent tout un tas de mesures de par le monde qui nous convainquent peu à peu que nous ne sommes que de la marchandise sans importance, interchangeable à merci et sans aucune valeur réelle. ces deux jeunes ont poussé le raisonnement jusqu'à son dénouement logique, voilà tout ! soyons cohérents : on ne peut pas d'un côté applaudir devant l'avilissiment physique des gens dans des émissions de télé-réalité, l'avilissiment moral dans les talk-shows et l'avilissiment intellectuel dans certains jeux télévisés, ET condamner la vente de bébés. à la rigueur, on peut arguer que le lieu était mal choisi, les gaz d'échappement des véhicules entrant et sortant du parking n'étant pas l'idéal pour des poumons de nourrisson. néanmoins, saluons l'esprit d'entreprise de ce couple, il ira loin !

toute dissemblance avec le moi que vous connaissez n'est que normale, je suis passée du côté obscur.

 

Par charlie - Publié dans : vie quotidienne
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Mercredi 20 juin 2007 3 20 /06 /2007 17:47

pas d'inquiétudes, je suis toujours là (merci de vos mails), mais en pleine réorganisation familiale, pour parler pudiquement.

je m'occupe de vos ingrates existences dès que la mienne est rentrée dans l'ordre.

en attendant, régalez-vous les mirettes en allant jeter un petit coup d'oeil sur le blog d'une copine, et n'hésitez pas à lui laisser des commentaires.. le commentaire étant comme chacun sait le miel du blogueur.

www.merveillesetcie.com

qui sait, cela déclenchera peut-être des vocations matrimoniales chez certains...

 

Par charlie - Publié dans : invités et pub
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Mercredi 6 juin 2007 3 06 /06 /2007 19:42

dans notre société policée, où il de bon ton de gommer toute forme d'émotion, qu'est-ce qu'on s'ennuie !

ça ne fait pas de dépasser 2 sur l'échelle de richter, sous peine d'être mal vu et déconsidéré de ses pairs. nous sommes censés contrôler à tout moment nos émois, et surtout, surtout, n'en rien montrer.

moi je n'y peux rien, je suis un volcan menaçant à tout moment d'entrer en éruption. et je commence à en avoir ras-le-bol des regards torves à chaque fois que mes bouillonnements intérieurs affleurent à la surface. je revendique haut et fort le droit à ma nature passionnée, n'en déplaise aux constipés de l'enthousiasme, aux silencieux compassés, aux pincés pathétiques.

il n'y a rien de plus jouissif que de se laisser aller à sa colère, à lui lâcher la bride à chaque fois qu'elle menace de nous dévorer.

ah ! le bruit du verre qui se brise sur un mur... délicieux tintement de la fièvre qui enfin a trouvé sa route hors du corps.

j'aime lancer des trucs (de préférence à la tête des gens), écraser la nourriture, casser des objets, et crier à pleins poumons. j'aime être de la mauvaise foi la plus complète et prétendre tout l'inverse de la réalité, juste pour le plaisir infini de voir celui d'en face essayer de me raisonner calmement, avec de solides arguments (inutiles, toujours). j'aime laisser chacune de mes terminaisons nerveuses se hérisser sous le coup d'un emportement salvateur. j'aime ouvrir les vannes à ma hargne, à en finir essoufflée et toute rouge (le premier qui dit que ça ne change pas beaucoup de mon teint naturel s'en prend une !)

pas plus tard qu'hier, j'ai piqué une grosse colère, toute seule, comme une grande, dans mon coin. ça fait un bien fou, et pas qu'à moi, puisque dans ma rage, j'ai offert à des passants qui passaient (c'est d'ailleurs le propre des passants, ils ne savent rien faire d'autre) un paquet entier de bonbons schtroumpfs. ils étaient bien contents les passants, et moi j'avais trouvé mon exutoire.

alors ? toujours aussi mauvaise la colère ? avouez que si vous aviez été à la place des passants, vous auriez été ravis de la bonne aubaine.

et puis, tout ce que je casse, c'est pour pour la relance de la consommation, non ? d'ici à ce que je me considère comme la bienfaitrice du pays, il n'y a pas loin...

la colère est un moteur formidable, qui fait avancer plus vite et plus loin. elle vous porte et vous transporte, voire même vous transfigure parfois. citez-moi un meilleur moyen d'apprécier le calme que quand il suit une bourrasque exaltée ? et l'amour n'est jamais aussi bon qu'après une tempête frénétique, pas vrai ? essayez, vous m'en direz des nouvelles...

laissons une bonne fois pour toutes nos brasiers intérieurs toucher l'oxygène du dehors : ça brûle fort et vite, en jolies teintes orangées. et on ne m'otera pas de l'idée que c'est forcément plus sain que ces petits feux mesquins qui consument un être pendant des années, qui couvent sans jamais se montrer.

au moins, avec moi, ça flambe un bon coup et on n'en parle plus (enfin, presque plus, faut pas non plus rêver).

et on repart, avec un large sourire, jusqu'à la prochaine conflagration.

toute dissemblance avec le moi que vous connaissez n'est que normale, je suis passée du côté obscur.

Par charlie - Publié dans : mésaventures
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Mercredi 30 mai 2007 3 30 /05 /2007 23:01

eh ! les filles ! ça ne vous gonfle pas un peu les montées de sève masculines chaque année à la même époque ?

la moindre fille à peu près regardable apprend dès l'âge de 12 ans à envoyer des signaux sans équivoque aux hommes, afin de rester en paix. ces signaux sont respectés, la plupart du temps, de septembre à avril. mais arrive le mois de mai, et c'est la bérézina ! rendus fous par les mollets qui apparaissent et les épaules qui se dénudent, les hommes interprètent tout de travers...

l'autre jour, j'attendais tranquillement une amie, assise sur des marches au soleil d'une place. musique sur les oreilles, magazine à la main, je n'enquiquinais personne, et j'attendais. le message subliminal renvoyé par cette attitude est clair. je signifie mon isolement, et mon envie d'être laissée en paix (ou pour traduire en un langage accessible au cerveau binaire du sexe idiot : "dégagez connards, je suis pas à niquer")

voilà qu'un olibrius se plante entre le soleil et moi. évidemment, je lève la tête. et le gus m'a baratinée pendant une bonne dizaine de minutes, impossible de s'en débarrasser. c'est très pénible. et encore, celui-ci ne faisait pas partie de la catégorie poids-lourds : il se contentait de parler.

il y a aussi ceux qui touchent ! et pas qu'un peu...

en sortant du ciné l'autre soir, je regagnais ma voiture lorsqu'un individu pas franchement attirant, sortant à vue de nez d'une soirée bien arrosée, m'a demandé du feu pour allumer sa clope. dans mon éternelle et maudite naïveté, j'ai cru qu'il voulait...du feu !

et bien non, car l'homme en rut printanier dispose d'un nombre impressionnant de façons de dire la même chose.

vous avez du feu, mademoiselle ? = tu baises ?

je vous offre un verre ? = tu baises ?

vous êtes charmante = tu baises ?

vous êtes garée loin ? = tu baises ?

bref, vous avez saisi l'idée générale. le gus m'a trituré la main qui tenait le briquet, tout en me malaxant l'épaule (il y a comme ça des vocations contrariées de kiné qui cherchent à s'exprimer à tout bout de champ), et en me soufflant des mots empuantis par les relents de vinasse infâme. j'ai bien failli renoncer à mon briquet, mais il a fini par lâcher prise, sentant sans doute que ses charmes divins peinaient à opérer sur mon ingrate personne. d'ailleurs, quand je me suis éloignée en lui répétant que non, je n'avais pas envie de boire un verre quelque part avec lui, il a grommelé "encore une goudou".

mais il n'y a pas que ceux qui baratinent et ceux qui touchent. il y a aussi ceux dont l'incroyable poésie illumine nos vies féminines à jamais. par exemple, ce grand-père et son petit-fils d'une vingtaine d'années, au printemps dernier. ils fumaient une cigarette de concert sur leur balcon au rez-de-chaussée. je sortais d'une soirée entre amis. ok, il était 4h du matin. ok, j'étais seule dans une rue mal éclairée. mais en quoi ces circonstances leur permettent-elles d'en arriver à la conclusion que de me jeter un "tu me suces ?" en pleine figure va être pris avec un bonheur incommensurable de ma part ? j'ai tout de suite senti que ces 2 gars étaient en manque d'un contact humain vrai et spontané. je me suis empressée de le leur fournir : une baffe dans la tronche du plus âgé. depuis, je me fais un malin plaisir de regarder bien chez eux à chaque fois que je passe.

et pour une fois, je confirme, oui, tout ce qui précède est véridique !

on parle des pauvres femmes de l'âge de pierre, traînées par les cheveux jusque dans les cavernes. mais elles, au moins, elles avaient des massues et des silex taillés pour se défendre !

si les hommes savaient le nombre de fois où les femmes sont tentées de leur décocher un bon coup de pied dans leurs fragiles parties charnues, si précieuses à leurs yeux, je crois bien qu'ils ne sortiraient plus qu'avec des pantalons en acier !

que celle qui n'a jamais eu à subir les assats d'un gros lourd se manifeste, j'adorerais connaître sa technique !

et à côté de ça, quand même, la rigueur scientifique m'oblige à reconnaître qu'il existe encore quelques hommes qui sont capables de gérer l'arrivée du printemps sans trop de casse. pour peu qu'un de ceux-là vous fasse chavirer, que vous vous sentiez vous liquéfier quand il plante son regard dans le vôtre, ou que vos jambes vous lâchent quand il vous effleure...on pourrait se dire que votre bonheur est fait.

mais non ! car dans ce cas-là, il va draguer de façon éhontée la serveuse et semble totalement inconscient de votre tourment. vous en souhaiteriez presque qu'il se transforme lui aussi en pot d'hormones à ébullition, mais le charme féminin vient aussi des éternelles contradictions, n'est-il pas ?

c'est à se demander comment, dans ces conditions, l'humanité n'est pas encore en extinction !

toute dissemblance avec le moi que vous connaissez n'est que normale, je suis passée du côté obscur.

Par charlie - Publié dans : vie quotidienne
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Vendredi 25 mai 2007 5 25 /05 /2007 13:04

j'ai longuement hésité avant de mettre cet article en ligne, car je sais bien que si par hasard la principale intéressée tombe dessus, les représailles seront terribles...

je veux parler de ma belle-mère, cette sainte femme qui a eu la joie et la fierté d'être à l'origine de l'existence de cette ouevre magnifique : son fils !

je ne sais pas de quelle catastrophe ambulante vous avez écopé, mais ma belle-mère à moi est une femme absolument admirable, à tous points de vue. si, si.

d'ailleurs, dès notre première rencontre, j'ai pu ressentir son extraordinaire chaleur humaine, et son dévouement inébranlable pour sa famille :

"ah, vous travaillez ? (narines pincées) c'est juste en attendant, n'est-ce pas ? mais, les enfants, ma jolie, vous comptez bien me faire grand-mère, non ? enfin, je veux dire, vraiment grand-mère. parce que vos 2 bambins sont charmants, quoiqu'un peu turbulents, mais ils ne sont pas vraiment mes petits-enfants. mais vous êtes libres, de nos jours, les maris sont obligés d'en passer par les 4 volontés de leurs femmes (soupir appuyé). j'imagine que je vais devoir me sacrifier une fois de plus, et garder mes petits-enfants pendant que vous irez gagner quelques sous pour améliorer l'ordinaire. ah ? vous gagnez le double de mon fils ? tiens, ce n'est pas courant. et ça ne doit pas être facile à vivre dans un couple quand c'est la femme qui nourrit la maisonnée."

le ton général de nos relations était donné, et bien donné...

après ce premier plaisir, je me gardai bien de dire quoi que ce soit contre elle à son fils, comptant sur le fait que je le connaissais moins bien et depuis moins longtemps qu'elle, et que je devais faire TRES attention à la moindre de mes paroles. il n'a jamais rien su du perfide : "à vous voir, un peu défraîchie, il faut bien l'avouer, on se demande par quel miracle vous avez pu entortiller mon garçon dans vos filets. vous devez avoir des talents cachés, du genre qui rendent fous les hommes".

j'ai également gardé pour moi le : "ma chérie, je vous aurais bien prêté ma robe de mariée, qui est très belle. seulement, voyez-vous, j'étais vierge à l'autel, moi, et vos hanches de mère ne rentreraient pas dans cette robe. c'est bien dommage !"

de toute façon, vu l'absence totale de réaction du chéri le jour où elle s'est avisée de me lancer "enfin, ma chérie, mon fils préfère sa soupe moulinée, il n'a jamais aimé les morceaux", sachant que le fils en question m'avait avoué une semaine plus tôt qu'il adorait les morceaux dans la soupe, il était évident que je faisais mieux de garder ma bouche fermée... au moins pour l'instant...

j'ai tenu 5 ans. un soir, les beaux-parents étaient invités à dîner. un jeudi soir, car cette espèce de harpie au rouge à lèvres dégoulinant avait décrété depuis le début qu'ils n'accepteraient d'invitation qu'en semaine "je sais bien que de nos jours, les jeunes préfèrent voir leurs amis le week-end, et faire je ne sais quelles folies toute la nuit, plutôt que de recevoir leurs vieux parents rasoirs. je vais me montrer moderne, et vous nous inviterez en semaine, ce sera mieux"

la vache ! coup double : elle réussit à se mettre en position de me faire chier pendant des années, tout en passant pour une douce grand-mère soucieuse du bien-être des autres ! ce qui ne l'a jamais empêchée de nous convoquer (oui, le mot convient bien) chez elle pour d'assommants déjeuners dominicaux, sans se soucier de savoir jusqu'à quelle heure nous avions bien pu profiter de nos amis la veille !

bref, ce soir là, comme tous les jeudis dévolus à belle-maman, j'avais couru pour attraper mon bus en sortant du boulot, récupéré les enfants à l'école, le petit à la crèche, cavalé dans les rayons du petit supermarché en bas de chez moi pour acheter à prix d'or les denrées nécessaires à l'élaboration du dîner.

j'étais arrivée à la maison à 18h30, sachant que la sorcière débarquerait à 19h tapantes, faisant la moue de voir le chantier de la cuisine, tout en passant très peu subrepticement l'index sur toutes les surfaces en hauteur pour prouver aux yeux du monde (son fils) quelle souillon lamentable il avait épousée. le fils, comme de juste, se prélassait devant la télé, pensant que les assiettes allaient jaillir toutes seules du buffet, accompagnant les couverts et les verres dans une folle sarabande vers la table, invitant au passage la nappe à se joindre à eux.

au moment où la vioque a sonné :

- les enfants se battaient

-le petit hurlait d'avoir été griffé par le chat (qui avait fini par réagir à 10 minutes intensives de tirage de queue)

-le micro-ondes sonnait pour annoncer la fin de cuisson des légumes surgelés

- le four commençait tout juste à cuire le gâteau au chocolat dont la pâte avait un aspect si bizarre que je cherchais désespérément dans ma tête quel ingrédient indispensable j'avais bien pu oublier dans ma hâte

- les steaks pleins de flotte du supermarché se racornissaient dans la poêle

- le mollusque n'avait pas bougé d'un millimètre de son canapé

- ma mère laissait un message sur le répondeur pour me rappeler que mes parents venaient déjeuner le samedi midi...

je ne maîtrisais plus rien, j'étais rouge, en sueur, et mon collant venait de filer. je plaquai un sourire plus proche du rictus que de l'engageant accueil sur mon visage, et j'ouvris.

"ma chérie, smack, smack, vous voulez de l'aide ?"

non merci, belle-maman, tout va bien, installez-vous, et votre petit chéri va s'occuper de vous. (et puisse-tu t'étouffer avec une noix de cajou, connasse, rajoutai-je in petto)

je ne sais pas ce qui a tout déclenché, si c'est son air de commisération devant la viande carbonisée et les légumes presque crus, sa réflexion fielleuse sur mon oubli d'entrée et le pain caoutchouteux, ses insinuations sur la piètre cuisinière que je suis, ses regards énamourés vers sa progéniture inconscient des enjeux de tout ceci, ou simplement ma grande fatigue (le petit faisait ses dents depuis une semaine et m'empêchait de dormir la moitié de la nuit). je me suis laissée aller à rêvasser les yeux ouverts, m'imaginant quel bonheur ce serait de lui flanquer le gâteau au chocolat dans la tronche et de lui dire ses 4 vérités.

"espèce de grosse vieille vache variqueuse et ridée, tu me fais chier depuis 5 ans, tu t'immisces dans ma vie privée, tu espionnes dans mes tiroirs, tu fous le bordel entre mon homme et moi, tu es vache avec mes gosses. JE TE HAIS ! tu n'es qu'une pauvre merde pathétique. parce que moi au moins je m'envoie en l'air 3 fois par semaine, alors que ton vagin desséché n'a pas dû s'entrouvrir depuis les années 30. 1830"

le fou rire me prit, et je me cachai dans ma serviette. le silence absolu autour la table m'alerta, et je relevai la tête. la première chose qui entra dans mon champ de vision fut la tête de mon aîné, bouche bée, complètement immobile (chose rarissime chez lui). prise d'un sombre pressentiment, je tournai doucement mes regards vers ma belle-mère. par je ne sais quel coup du sort, ce que je croyais avoir juste rêvé, je l'avais fait : le gâteau au chocolat finissait de se déliter sur sa figure et son torse. et à voir son air choqué, je n'avais pas fait que penser toutes ces choses, je les avais dites !

un petit bruit bizarre a retenti soudain : mon beau-père riait à gorge déployée, bientôt suivi de son fils et des 3 gamins. devant ce lâche abandon de tous les hommes de sa vie, la sale bête tenta bien un dernier sursaut de dignité, mais qui fit plutôt l'effet d'un pétard mouillé : "on dirait bien qu'il manque quelque chose dans ce gâteau".

depuis, j'ai la paix, la vie est belle, et belle-maman est singulièrement absente des environs au grand bonheur de tous.

le bonheur, c'est simple comme un coup de gâteau.

toute dissemblance avec le moi que vous connaissez n'est que normale, je suis passée du côté obscur.

Par charlie - Publié dans : vie quotidienne
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Mardi 22 mai 2007 2 22 /05 /2007 19:35

il était une fois un petit garçon tout mignon tout sage.

à chaque repas, sa maman (comme toutes les mamans) lui disait "mange ton yaourt, mon petit, et tu deviendras grand et fort". comme il aimait beaucoup sa maman, le petit garçon obtempérait, même si en secret, il aurait préféré de la danette au chocolat.

lorsqu'il entra au C.P, sa maman l'inscrit à la cantine, en lui recommandant fortement de manger correctement, pour avoir de l'énergie toute la journée, et ainsi mieux étudier. dans son sac de goûter, elle glissait toujours un yaourt à boire, pour le fortifier à la fin de sa longue journée (comme toutes les mamans). comme il aimait beaucoup sa maman, le petit garçon n'osait lui dire que parfois, après une grosse chaleur, le yaourt avait un peu le goût de tourné. alors, il buvait.

les années collège furent vite là, avec un peu plus d'indépendance. premières filles à smacker, premiers émois, et foot le mercredi, avec les potes. avant le sport, sa maman lui faisait toujours avaler une banane et un yaourt, pour lui donner de l'énergie, et ne pas risquer les fractures(comme toutes les mamans). comme il aimait beaucoup sa maman (même si pour rien au monde il ne l'aurait reconnu à voix haute), le jeune ado obéissait, bien content finalement de pouvoir compter sur la routine maternelle.

au lycée, quand il baladait son plateau au self, une fois arrivé au dessert, il prenait un yaourt. il lui semblait entendre la voix de sa maman "un yaourt à chaque repas, petit gars, et ton corps t'aidera à supporter le poids de tes livres sur le dos". les copains se moquaient bien, parfois, mais il n'en avait cure, et avalait son yaourt.

comme toutes les mamans, sa maman avait foi en lui, et souhaitait qu'il fasse des études supérieures. il prit une petite piaule d'étudiant. pendant toute sa licence, pas bien riche, il se nourrit de pâtes et de yaourts (comme tous les étudiants), bien persuadé que tous ces efforts laitiers finiraient  par payer.

à ce jeune homme comme à tant d'autres, on a fait miroiter pendant des années qu'en étant sérieux, studieux et bien nourri, il pourrait obtenir un emploi bien payé, et avaler à l'envi tous les produits laitiers.

mais aujourd'hui, comble de l'ironie, le voilà dans les yaourts. tous les jours, des tonnes et des tonnes de yaourts à soulever, à déplacer, et à poser dans les rayons. 5 secondes par pack, maximum. sinon, on lui fera les gros yeux, et peut-être même qu'un autre viendra prendre sa place, le laissant sans argent.

debout à 2h et demie, en pleine nuit, pour que nous autres, consommateurs blasés, trouvions nos yaourts bien alignés à l'ouverture du supermarché.

et ces yaourts à l'aspect si inoffensif, le blessent, lui arrachent les mains, avec leurs petits coins pointus. lui qui croyait que grâce aux yaourts, sa vie lui appartiendrait.

mesdames et messieurs du pouvoir, quand allons-nous cesser de mentir à nos jeunes ? quand allons-nous leur offrir l'avenir auquel ils ont droit ?

pour pouvoir à nouveau déguster un yaourt sans évoquer l'image de mains juvéniles où pointe une gouttelette solitaire, comme une larme d'espoir déçu.

toute dissemblance avec le moi que vous connaissez n'est que normale, je suis passée du côté obscur.

Par charlie - Publié dans : vie quotidienne
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Dimanche 20 mai 2007 7 20 /05 /2007 13:49

normalement, si vous êtes des citoyens dignes de ce nom, l'avenir de la planète est une de vos préoccupations majeures. vous délaissez donc autant que possible les moyens de déplacement polluants pour privilégier vélo et transports en commun.

nous sommes bien d'accord que dans beaucoup de situations, et en fonction d'éléments extérieurs, le vélo est souvent malcommode. restent donc les transports en commun. l'instinct fortement grégaire de l'homme, étonnamment, est pris en défaut dès qu'il est question de transports en commun. nous devrions vivre des moments très conviviaux et riches en échanges. pourtant, dès que nous mettons un orteil dans un bus, métro, tramway ou train, nous affichons un masque dont le message subliminal est clair : t'avises pas de me faire chier, coco, ou il t'en coûtera !

mais avant même de songer à entrer dans un des moyens de transport susnommés, il s'agit déjà de l'attendre. le français est connu pour son indiscipline et sa goujaterie. avez-vous déjà vu un arrêt de bus un soir d'hiver vers 18h, au moment où le bus arrive ? c'est darwin qui règne en maître : le plus fort et le plus culotté monteront les premiers. quant aux autres, ils essayent tant bien que mal de s'assurer une place, en marchant sur quelques pieds, en poussant, en jouant des coudes, et en lançant force regards mauvais. et ceci est vrai quel que soit le degré de remplissage du bus.

une fois à l'intérieur, il existe deux races différentes : ceux qui vont se ruer sur la moindre place disponible, n'hésitant pas à bousculer violemment, même s'ils descendent à la station suivante. et ceux qui sont bien décidés à rester debout jusqu'au terminus, de préférence au milieu du passage, ou juste devant la porte (empêchant ainsi ceux qui veulent sortir de sortir ET ceux qui veulent monter de monter).

un voyage, même court, en bus, métro ou tram aux heures de pointe révèle toute l'incommensurable poésie de l'expression "chaleur humaine". ah ! l'ineffable bonheur de passer une doucette demi-heure dans un autobus bondé un jour de pluie, dans les émanations diverses qui s'échappent des synthétiques trempés ! les pointes des parapluies se fichent avec plaisir dans les côtes voisines, les imperméables dégoulinent sur vos souliers et les permanentes des mémés assaillent vos narines.

les jours de canicule (en france, on appelle canicule toute journée où la température dépasse 26°), on ne se lasse pas du spectacle odorant des aisselles virilement velues de notre voisin agrippé aux poignées du haut. il faut alors invoquer toutes nos ressources de bonne volonté et de courtoisie pour ne pas se mettre à chantonner la pub narta, pour faire comprendre au crasseux qu'une douche hebdomadaire c'est peut-être un peu juste. surtout quand, comme moi, on est juste assez grande pour se trouver juste le nez au niveau des dites aisselles...

mais que les petites femmes se rassurent, il existe pour elles seules une catégorie de nabots qui se complaisent à avaler des kilomètres de saucisson à l'ail pour le bonheur simple de venir ensuite éructer devant leurs narines délicates.

les transports en commun offrent aussi, aux femmes (j'entends par là tout élément du sexe féminin ayant atteint sa douzième année), la joie infinie de massages fessiers gratuits, de pelotages de seins en douce et de contacts physiques aussi variés que malvenus...

pas étonnant, dans ces conditions, qu'aux arrêts les gens semblent si souvent très pressés de sortir ! et pourtant, bizarrement, sachant tout cela, ceux qui sont à l'arrêt sont toujours aussi pressés d'entrer. paradoxe, quand tu nous tiens !

il y a une vingtaine d'années, l'environnement sonore du transport collectif était assuré par les postes gigantesques aux multiples watts que les ados dignes de ce nom se devaient de posséder. les trajets nous berçaient gentiment au rythme de raps agressifs. de nos jours, seul le chuintement irritant des ipods et autres lecteurs mp3 se fait entendre. heureusement, le téléphone portable a fait son apparition pour couper la monotonie ! les sonneries de toutes sortes retentissent pour la plus grande joie des usagers, les arrachant ainsi à leur torpeur. les conversations qui s'ensuivent, d'une originalité frappante, mettent en joie nos coeurs simples : "j'suis dans le tram, j'arrive dans 10 minutes. et toi ? t'es où ? ah ouais ? bon, bon, à d'ta l'heure"

les trains grandes lignes offrent également un mystère assez intéressant qui rejoint mes interrogations antérieures sur les probabilités (voir l'article "bizarreries et hasards"). par quelle fatalité nous retrouvons-nous TOUJOURS dans un wagon avec :

- deux ados bécasses qui ricanent et gloussent non stop

- un couple qui s'engueule

- une mère de famille sans aucune autorité sur ses 3 lardons de 3, 5 et 6 ans

- un pétomane

- un dormeur ronfleur

- une mémé bavarde qui a systématiquement réservé la place à côté de la notre ?

dans ces conditions moi je trouve que tout usager régulier d'un quelconque transport en commun devrait être le récipendiaire d'une médaille annuelle du mérite. que ne ferait-on pas pour léguer une planète vivable à nos arrière-petits-enfants !

toute dissemblance avec le moi que vous connaissez n'est que normale, je suis passée du côté obscur.

Par charlie - Publié dans : vie quotidienne
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Samedi 19 mai 2007 6 19 /05 /2007 13:28

http://www.dailymotion.com/video/x1ykg3_help-find-little-maddie

faites passer ce lien à tout votre carnet d'adresses, pour optimiser les chances de retrouver maddie, la petite anglaise disparue depuis le 3 mai au portugal.

internet peut aussi servir à sauver...

Par charlie - Publié dans : invités et pub
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Samedi 19 mai 2007 6 19 /05 /2007 12:52

si vous n'avez jamais mis les pieds dans une salle des ventes, je vous conseille vivement de le faire au moins une fois dans votre vie. vous passerez un moment incroyable, surtout si la vente du jour contient quelques pièces intéressantes attirant la convoitise de plusieurs acheteurs. la tension monte et devient presque une entité palpable.

en attendant, si vous n'avez pas de salle des ventes près de chez vous, ou que vous êtes d'indécrottables feignasses, il vous reste la possibilité de vivre le même genre de sensation depuis chez vous. il vous suffit de disposer d'un ordinateur et d'une connexion internet. a priori ces 2 conditions ne devraient pas vous poser trop de problèmes, sinon vous ne seriez pas entrain de lire ces quelques lignes issues de mon cerveau anormal.

depuis maintenant 2 ans, je m'achète 80% de mes fringues sur ebay, aux enchères. on y fait des affaires formidables. mais aussi on se fait rouler de manière tout aussi formidable.

il y a tout d'abord ces spécialistes de la contrefaçon qui vendent à prix d'or des mââââgnifiques sacs tout cuir, griffés X ou Y. à la réception (après 15 jours d'attente, expédition depuis la chine oblige), on se retrouve avec un bidule en plastique mal foutu. et bien sûr, impossible de poser la moindre réclamation, le vendeur ayant entre-temps disparu...

certains vendeurs proposent des articles de contrefaçon au 10e du prix boutique, de très bonne qualité (voire même de meilleure qualité que la marque imitée). on retrouve là l'exemple parfait de l'imbécillité du système de la mode et des marques : après tout, pourquoi payer très cher une simple griffe, quand on peut trouver aussi bien et moins cher ?

un marché très porteur sur ebay est celui des baskets à la dernière mode. l'enchérisseur débutant est alléché par une mise à prix ridicule, en achat immédiat. il achète sans bien tout regarder, et se retrouve à devoir acheter des baskets à 10€, mais avec 60€ de frais de port...tout ça pour des baskets qu'il trouverait en magasin à 50€. mais peut-on vraiment reprocher aux vendeurs une quelconque malhonnêteté, dès lors que l'annonce est parfaitement explicite ? à l'automne dernier, un jeu mac donald's, calqué sur le jeu de société du uno, proposait de collectionner des vignettes pour gagner des cadeaux allant jusqu'au scooter ou au voyage. aussitôt, les vignettes se sont mises à fleurir sur les pages d'ebay. certaines annonces très honnêtes proposaient effectivement les fameuses vignettes. d'autres, plus vicieuses, proposaient à la vente "une vignette du jeu uno". nulle mention de mac donald's. et l'internaute crédule se retrouvait à acheter à prix d'or une vulgaire carte de jeu ne lui servant strictement à rien... on hésite entre l'indignation et le rire sarcastique...

au niveau des fringues, la compréhension des descriptions varie d'une personne à l'autre. ainsi, la mention "porté 2 ou 3 fois" signifie pour moi "porté un lundi, un jeudi et un dimanche". pour le vendeur, cela signifie souvent "porté 3 fois, mais pendant 5 semaines d'affilée à chaque fois". forcément, l'état final n'est pas le même !

ou cette nana qui m'a vendu un jean 501, décrit "sans usure visible". en fait, l'entrejambe était limite transparent tant c'était usé. à mon mail courroucé, la salope a répondu "l'entrejambe ne se voit pas, donc pas d'usure visible". ayant remporté l'enchère à 1€, j'ai laissé couler. mais vous avouerez que le procédé fait grincer des dents.

j'adore aussi les annonces qui ratissent large, du type "taille 36-38-40-42". soit le zinzin est ultra extensible (passant de l'extra-large pour les tailles 36 au super moulant pour les tailles 42), soit la nana se fout de notre gueule !

mais l'un dans l'autre, la plupart des transactions se passent bien. ah ! ce bonheur de suivre jusqu'à la dernière seconde ce petit top sympa qui nous a tapé dans l'oeil, et qu'on remporte pour 3 fois rien ! bonheur également de hurler des insultes à faire rougir un docker londonien du 19e siècle quand une autre nous souffle la petite veste cintrée à 3 secondes de la fin de l'enchère.

et se battre contre un(e) inconnu(e) pendant un bon moment et finir par l'emporter : une sensation quasi orgasmique, qui l'emporte de loin sur n'importe quelle autre sensation. on se sent la reine du monde dans un tel moment, ivre de pouvoir et de joie. comme ma copine isabelle, il y a quelques années, qui s'est retrouvée avec un aller-retour pour palma, arraché après une longue lutte aux enchères du mardi sur un site de voyagiste. sauf que, le prix de vente final de cet aller-retour en charter dépassait de 30% le prix du même aller-retour en vol régulier...

qu'importe le flacon, pourvu qu'on aie l'ivresse

toute dissemblance avec le moi que vous connaissez n'est que normale, je suis passée du côté obscur.

Par charlie - Publié dans : vie quotidienne
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