allez, comme vous êtes gentils, vous avez bien mérité la suite des élucubrations éclairées de notre ami bartaba !
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MAUVAISE HUMEUR
et si ça ne vous plait pas, tant mieux !
allez, comme vous êtes gentils, vous avez bien mérité la suite des élucubrations éclairées de notre ami bartaba !
faisons un peu de mathématiques...
on nous saoule à longueur de journaux télévisés et d'articles de magazines sur les attitudes citoyennes à adopter pour le bien de tous et le civisme qui se perd.
ok. mettons.
prenons une artère commerçante très fréquentée un bel après-midi de printemps. les gens mangent des glaces, boivent des canettes, fument des clopes, déballent des articles, se mouchent, prennent un chewing-gum, jettent un chewing-gum... à la fin de la journée, cela représente un poids de déchets que nous nommerons x.
prenons maintenant l'attitude la plus citoyenne : tout le monde a bien jeté ses détritus dans les poubelles disponibles le long de la rue pour la plupart, dans leur poubelle personnelle pour les autres. un mec de la municipalité passe, vide les poubelles, et baste ! nous obtenons donc l'équation suivante x=1
si seulement 1/4 de la population adopte une position moins citoyenne et balance ses saletés n'importe où, il faudra deux types pour nettoyer. celui qui vide les poubelles et celui qui ramasse dans la rue. x=2
si la moitié des gens en fout partout, il y a fort à parier que l'on arrive à x=3
prenons maintenant le cas le plus extrême : les poubelles sont presque vides, mais le sol est jonché de cochonneries qui ont collé, coulé, pourri, moisi... à notre fine équipe de 3 balayeurs minimum, il faudra adjoindre 2 autres employés avec un camion qui lave (1 employé qui conduit et un qui vérifie que tout est nettoyé). cela nous amène facile à x=6, voire plus.
salir et ne rien respecter crée des emplois, qui plus est des emplois pérennes. sans compter l'entreprise qui commercialise les camions, celle qui fabrique les uniformes des employés, la chef de service à la mairie qui supervise ces nettoyeurs...
dans le même esprit, le con qui prend le volant un peu bourré (tant qu'il ne blesse et tue personne, car les emplois d'infirmières et médecins étant publics, ils coûtent plus qu'ils ne rapportent) et qui se banane dans un arbre fait marcher l'économie dans la branche automobile.
celui qui fume comme un pompier est au moins à x=50 : le gars qui plante le tabac, celui qui le récolte, le gars qui fabrique le papier, le gars qui fabrique le filtre, celui qui fabrique le paquet, le grossiste, l'importateur, le buraliste, le chimiste qui trouve de nouvelles idées pour accroître l'accoutumance, l'avocat qui défend le fabricant, le secrétaire d'état qui trouve l'idée d'augmenter le prix, le laborantin qui cherche un nouveau système de patch, la pharmacienne qui vend le patch...le seul moment où le fumeur est contre-productif, c'est quand il chope emphysème ou cancer, pour les raisons citées plus haut. l'alcoolo est dans le même cas. le dingue de sexe aussi :sex-shops, peep-shows, salons de l'érotisme, prostituées, préservatifs (et quand ça foire, c'est les fabricants de produits d'enfants qui se frottent les mains). toute addiction est donc créatrice d'emplois. il n'y a guère que les dealers qui sont un peu en marge, car toute l'économie est parallèle.
je ne vais pas multiplier les exemples, vous avez fort bien compris ma démonstration.
au lieu de nous enquiquiner avec des sondages à la noix qui ne veulent rien dire, ça serait bien que l'on se penche sur le nombre exact d'emplois créés de cette manière.
même la mémé qu'on bouscule un peu dans le bus, c'est tout bon. elle va se payer une bombe lacrymo, mettre 32 verrous à sa porte et investir dans du matos sécuritaire.
il serait temps qu'un vrai programme politique apparaisse pour sortir la france de son marasme : devenons tous des gros dégoûtants irrespectueux, buvons au volant (mais uniquement tous seuls sur la route), fumons, forniquons à tout va...
votez pour moi, pour qu'enfin x soit égal à toute la population !
toute dissemblance avec le moi que vous connaissez n'est que normale, je suis passée du côté obscur.
© Bartaba, février 2007
à tous ceux qui fatiguent de ma prose indélicate, il est temps d'offrir un temps de repos en accueillant la prose de notre ami Bartaba, à moins que ce soit Bartapapa, non Bartapi... Bartapo, Bartipo Partiba Bartok Bartoldi Bartapas, bref...
et pour ceux qui se languissent de mon prochain article, tant pis pour vous, vous ne le verrez que lorsque vous serez venus à bout du génialissime qui suit.
attention, certains pourraient se reconnaître, mais c'est fait exprès...
Pour peu que son premier message ait reçu une hostilité certaine, le novice se réfugie dans un réflexe conditionné d’inhibition et de repli. A la timidité vient s’ajouter la peur du clash, du désaveu. Seule la réaction d’orgueil peut alors sauver le novice de ses peurs.
Pour celui qui a surmonté ces épreuves, et pour celui qui ne les a pas connues, le forum va devenir alors une marée montante : il se connectera de plus en plus, lira de plus en plus, et postera de plus en plus. Il participera à des sujets existants, et viendra même en créer de nouveaux. A partir de ce moment, le novice n’en est plus un : il est en passe de maîtriser les fonctions principales du forum, il a complété son profil, ajoutant quelques détails sur sa vie et parfois même une photo suggestive (où l’on en voit un peu mais pas trop).
Le forum est dédoublé, entre les topics (publics) et les messages privés (ou MP).
Il se prend au jeu et entre dans le cercle des posteurs réguliers.
Notre novice, au départ innocent et pur, sera devenu forumaddict.
depuis que le premier G.I a posé le pied sur le sable d'omaha beach, la france a pris l'habitude d'importer les habitudes américaines sans aucune distinction. le choix est parfois heureux (ah, l'arrivée de l'électro-ménager !), moins heureux ou carrément débile. dans le cas de la saint-valentin et du cortège de contraintes qui s'y rattachent, d'aucuns vous diront qu'il s'agit d'une très bonne idée, et d'autres la conspuent férocement. aux états-unis, le Valentine's day est un évènement important qui se prépare plusieurs semaines à l'avance, avec force cartes d'un rose bonbon à faire défaillir d'envie le décorateur de barbara cartland. on s'envoie des cartes, on en dépose subrepticement dans les affaires de l'être aimé à qui on n'a pas encore osé déclarer sa flamme.
l'import de cette tradition en france a perdu tout son charme puisqu'on n'a gardé que le côté mercantile de l'affaire. l'aspect plus romantique, certes très cul-cul mais mignon, a été complètement zappé.
observons ce jour de saint-valentin chez quelques couples de notre entourage.
1/ jetons un oeil chez patrick et marylin, trentenaires flamboyants sans enfants, bonne situation, propriétaires d'une charmante villa de 120 m² identique aux 44 autres du lotissement.
marylin est une fashionista complète, et pour ne pas risquer de se voir offrir de nouveau un vêtement griffé, certes, mais out depuis 2 saisons, elle laisse traîner en évidence sur la table du salon des magazines féminins ouverts à la bonne page. patrick, bon bougre, se creuse la tête depuis 15 jours pour trouver comment il va bien pouvoir épater sa princesse cette année. au bout de 8 ans, l'imagination s'émousse, surtout qu'il doit faire mieux à chaque saint-valentin. il se laisserait bien tenter par un dîner surprise en haut de la tour eiffel, mais dans ce cas, que fera-t-il l'an prochain ? il sait que s'il ne lâche pas un minimum de 300 € entre le dîner et le cadeau, sa marylin à lui concluera fatalement à une baisse significative de son amour pour elle. résultat, il s'est miné pendant des jours, et n'a toujours rien de prévu pour ce soir. follement, il envisage un instant de se laisser tomber du haut de la cage d'escalier, et de se casser 2 ou 3 jambes. ça lui ferait une bonne excuse pour zapper cette foutue soirée de merde où il devra faire attention à la moindre parole et au moindre geste, sous peine de se voir taxer d'insensibilité par une marylin hystérique. et dire qu'en plus, il n'obtient en retour qu'un petit cadeau, du genre cravate en soie ou briquet zippo.
ces deux-là me semblent bien partis pour une soirée boudin.
2/ tournons-nous à présent vers gérard et lucie, 45 ans, 3 enfants déjà grands, quelques kilos de trop un peu partout, et amoureux comme au premier jour.
pour gérard, c'est simple : saint-valentin, noël, anniversaire ou fête des mères, c'est pareil. c'est l'occasion d'offrir un beau bouquet de roses à sa lucie adorée, ainsi qu'un cadeau typiquement féminin : fer à repasser, yaourtière, centrifugeuse, lot de sauteuses... le rayon électro-ménager des supermarchés déborde de possibilités pour les 25 prochaines années à venir. gérard est heureux de combler sa douce. lucie s'en fout, elle colle tout ça au placard, fait un gros poutou à son gros canard chéri, et ils s'en vont batifoler sous la couette après le film de la 2.
3/ sonia et maxime ont 19 ans, ils sont étudiants tous les 2, et comme beaucoup de jeunes avant eux, croient détenir la vérité universelle et ont décidé de remettre en cause tous les fondements de la société bourgeoise et sclérosée dans laquelle ils évoluent. sonia clame depuis noël qu'il y en a marre de ces fêtes obligatoires, qui ne sont que des prétextes à endormir les masses, et à les pousser à toujours plus de consommation. naïvement, maxime la suit dans ses idées, et ne fait rien de particulier pour la saint-valentin. ce soir, ils mangeront des pâtes au beurre dans sa chambre d'étudiant de 8 m² en révisant leurs cours. maxime ne comprendra pas pourquoi sonia éclatera en sanglots et s'enfuira en courant quand il répondra "non, rien" à la question "tu as prévu quelque chose de spécial ce soir ?"
4/ marcel et christine, couple recomposé proche de la retraite, habitent une modeste mais calme HLM. marcel est resté traumatisé du jour où sa 1ère femme lui a envoyé un gaufrier dans la gueule en lui hurlant que pour son anniversaire il aurait pu trouver autre chose. depuis, avec christine, il prend toujours bien garde d'offrir des cadeaux qui sont destinés à la femme, et pas à la ménagère mère de famille. seulement, marcel est un homme. et pour les hommes, un cadeau pour une femme est synonyme de "truc qui d'une façon ou d'une autre va me provoquer une érection". donc marcel est le spécialiste des guépières, porte-jaretelles, déguisements de soubrette ou d'infirmière. cela fait soupirer christine, car, généralement, plus c'est sexy, moins c'est confortable. ça gratte, ça gêne, ça picote. et c'est très moche. mais christine n'est plus toute jeune, et il vaut mieux en passer par là une fois de temps en temps que de risquer de vieillir seule.
5/ olivier et sabine sont un petit couple absolument adorable, apprécié de tous leurs amis. ce soir, olivier a réservé une table pour 2 dans un petit restaurant à l'atmosphère intime. ils vont passer une excellente soirée, les yeux dans les yeux. au dessert, olivier offrira un écrin à sabine, dans lequel se trouvera une jolie bague ornée d'un petit diamant. il caressera le ventre de sabine qui commence à s'arrondir, lui susurrera des mots doux et ils rentreront tranquillement, main dans la main. une fois seuls à la maison, olivier n'oubliera de faire payer à sabine les 2 fois où elle a regardé le serveur dans les yeux, la fois où un autre dîneur l'a effleurée en la dépassant sur le chemin des toilettes. sans compter le sourire qu'elle a adressé à un parfait inconnu sur le boulevard. comme olivier est un petit mari très aimant, il prendra bien garde de ne pas faire de mal au bébé, ni de laisser de traces sur le visage de sabine, il ne tient pas à abîmer sa jolie petite poupée. joyeuse saint-valentin, sabine !
6/françois et marie se sont mariés un jour de saint-valentin, et de plus leur fils a été conçu un soir de saint-valentin follement romantique à venise. ils ne le savent pas encore, mais c'est leur dernière saint-valentin ensemble. dans quelques semaines, marie va foutre le camp avec un collègue de boulot. pour cette dernière saint-valentin, rien de bien folichon. un dîner à la pizzeria, à tromper le silence de petites remarques acides sur les défauts physiques des autres couples. un embryon d'engueulade, vite réprimée, car à quoi bon ? des sourires fatigués et presque automatiques. un mol échange de cadeaux convenus. une soirée finalement pas si mal réussie, compte tenu des circonstances.
7/philippe et mélodie, installés confortablement dans leur petit nid douillet, fêteront en tête à tête leurs 3 ans de vie commune. philippe regardera mélodie longuement dans les yeux, y lisant tout l'amour inconditionnel qu'elle lui porte. il sera un peu ému, et cachera son trouble en s'affairant à ouvrir le sachet de cacahouètes, qu'il partagera avec elle. sans qu'elle aie besoin de le lui dire, il sait qu'il ira travailler demain, et qu'elle attendra sereinement son retour, pour lui tenir fidèlement compagnie tout au long de ses soirées. sa conversation est peut-être limitée, mais sa bonne volonté est tellement évidente, que ça rattrape tout. mélodie est la compagne idéale, pensera philippe, si seulement ce n'était pas un chien.
toute dissemblance avec le moi que vous connaissez n'est que normale, je suis passée du côté obscur.
une fois n'est pas coutume, je vais rentrer les griffes et me faire gentille. n'en prenez pas l'habitude surtout.
je vais vous parler d'un jeune homme de mes connaissances, qu'on pourrait croire séminariste, car il est entré en études comme on entre en religion. il s'est noyé dans le labyrinthe du savoir, en oubliant une chose importante : vivre.
et voilà qu'arrivé du mauvais côté de la vingtaine, il ne sait plus comment retrouver le chemin d'une vie sociale digne de ce nom. alors nous allons l'y aider.
1ère leçon :
en dépit de ce que voudraient nous faire accroire moult grands esprits savants, qui ne le prétendent que pour mieux dissimuler leur misanthropie, le but premier du langage humain n'est PAS informatif. il sert avant tout un objectif social. quand un mari dit à sa femme "oh tu es jolie ma chérie", il achète la paix sociale, il ne transmets pas d'information digne de ce nom, pas vrai ? notre jeune ami va donc s'entraîner à (ré)apprendre à développer la dimension sociale des sons qui émanent de sa bouche. au lieu de se contenter de son habituel "une côtelette de veau, s'il vous plait. merci. au revoir", il va dans un premier temps rajouter "s'il vous plait madame", et après avoir remercié, rajoutera un commentaire adapté sur la météo du jour, grande championne de la fonction introductive du langage. et non, jeune homme, ça n'est nullement parler pour ne rien dire, ni un gâchis de salive. c'est l'équivalent civilisé du reniflage de derrière chez les chiens ou du partage de la banane chez les gorilles. la réponse idoine ayant été obtenue de l'accorte commerçante, il faudra surtout ne pas oublier de saluer d'un "bonne journée" souriant en quittant l'échoppe. et ainsi chaque jour, notre jeune ami s'emploiera à développer une conversation de plus en plus fournie avec les commerçants du voisinage. outre le côté purement fonctionnel -il y a fort à parier que la côtelette aura au fil du temps l'oeil de plus en plus vif (et je vous interdis de me faire remarquer que c'est le bouillon qui a des yeux, je dis ce que je veux et c'est une simple figure de style, bande d'ignares)- de ce genre d'efforts, au bout de quelques semaines, notre séminariste forcé s'apercevra que sa capacité pour le small talk s'est considérablement améliorée, et que cela lui vient naturellement. le contrôle final a lieu avec cette phrase à assener après avoir payé "et bon courage, madame, ça ne doit pas être drôle tous les jours de rester là debout derrière ce comptoir toute la journée". si en guise de réponse, le jeune obtient un compte-rendu détaillé de l'emplacement des varices de la dame, c'est gagné.
si le jeune est assidu dans son travail, en 3 mois à peine, il doit connaître sur le bout des doigts la généalogie complète de la bouchère, les peines de coeur de la petite employée de la boulangerie, et le fils de la libraire l'attend de pied ferme tous les mercredis à 17h pour lui jouer un air de violon pendant qu'il règle son télérama hebdomadaire. avec un peu de chance, le buraliste a une jolie nièce pas sotte du tout à lui présenter.
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