Dimanche 4 mars 2007

allez, comme vous êtes gentils, vous avez bien mérité la suite des élucubrations éclairées de notre ami bartaba !

Petite sociologie rapide des membres d’un forum 
Cette rubrique, c’est comme avec George Lucas, on en a jamais fini ! Voici donc l’Episode III. 
     En bon usager du forum que vous êtes devenu, vous aimez bien vos congénères et vous voudrez sans doute faire leur connaissance en vous rendant à une soirée. Afin d’éviter toute déconvenue et mauvaise surprise potentiellement à risque, voici ce qui vous y attend.
     D’un forum à l’autre, le nombre de membres peut varier, ainsi que la typologie constitutive de ceux-ci, mais l’on retrouve toujours certaines constantes :
- le forumaddict : l’accro-dépendant-toxico du forum, que nous avons déjà décortiqué et démembré de part en part, qui se pointera à la soirée juste pour maintenir l’illusion qu’il n’est pas dépendant ;
- la mère universelle : c'est plus fort qu’elle, elle ne peut s’empêcher de materner tous ses petits moutons ;
- le recentreur de débat : qui aime à rappeler aux posteurs que l’on s’éloigne du topic, aura aussi tendance à rappeler aux parleurs que l’on s’éloigne du sujet et aux convives que l’on s’éloigne du menu ;
- le déviant volontaire : celui qui fait toujours dévier les topics du forum et se plaira ce soir-là à ne répondre à aucune de vos questions. Attention, se heurtera au précédent ;
- le professeur Rollin : qui a toujours quelque chose à dire ;
- la femme Barbara Gould : elle aime l’Histoire, pas les histoires, et le premier acte qu’elle accomplit en se postant devant son ordinateur est de sortir sa bouteille d’eau de son sac à main. A priori, à cette soirée, elle devrait être équipée également ;
- l’alcoolique : il aime la coke, pas le coke, et ne vient pas souvent sur le forum. Par contre, il ne manque jamais la moindre soirée breuvage. Tout le monde le connaît et tout le monde en parle (magnéto Serge) parce que c’est une bonne source de potins ;
- le Marc-Olivier Fogiel : qui, c’est plus fort que lui, ne peut pas plaire à tout le monde puisqu’il empêche tout le monde de dormir le soir tard sur le forum et que lors des soirées il coupe la parole à tout le monde. 
     Pour mieux appréhender la soirée qui vous attend, munissez-vous de cette liste et inscrivez-y les pseudos des forumeurs-type que vous identifiez. Votre avenir sur le forum n’en sera que plus radieux.

 

Par charlie - Publié dans : invités et pub
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Vendredi 2 mars 2007
je n'ai rien d'une anthropologue, mais parfois je me dis qu’un extra-terrestre qui viendrait passer une journée à la terrasse d’un café, dans une rue très commerçante, prendrait forcément l’humanité pour une drôle d’espèce.
Prenons pour commencer la partie femelle. Si l’on reste suffisamment longtemps au même endroit, à siroter une boisson sympa, on finit par discerner plusieurs types de femmes bien distinctes.
     * La bimbo de prisunic :c’est cette engeance peroxydée qui pense que pour être sexy, il faut dénuder le plus possible : taille basse avec string apparent, décolleté vertigineux, et épaules découvertes. Dit comme ça, ça peut paraître très alléchant et déclencher une série d’images affriolantes dans le cerveau très rudimentaire de l’élément masculin. sauf que, en règle générale, la bimbo de prisunic est nourrie à la frite et à la pizza depuis sa plus tendre enfance, et ça se voit… les passants doivent donc supporter à longueur de journée les bourrelets disgracieux qui tentent du mieux qu’ils peuvent de s’échapper des vêtements taille 34 qui les enserrent. Car la bimbo peut faire 95 kilos, elle continuera à clamer à la face du monde être taillée pour des fringues qui vont à des gamines de CM2. on appelle ça la pensée magique : à force de vouloir très fort quelque chose, et de le répéter sans cesse, ça finit par arriver… Mouais… Du coup, toute personne normalement constituée meurt d’envie de lui hurler « cachez cette graisse que je ne saurais voir ! »
 
* La racaille de cité : elle quitte son élément naturel pour aller en ville une fois par semaine, faire semblant de faire du shopping. Faire semblant, car la racaille ayant tout ce qu’elle souhaite via les business parallèles, elle dépense très peu dans le circuit traditionnel de l’économie. Elle se contente d’arpenter les rues et les magasins en riant très fort. Maquillée à la truelle, on la reconnaît facilement grâce aux fringues très moches et très masculines qu’elle arbore. La racaille ayant généralement une pudeur de bon aloi, elle recouvre son postérieur imposant d’un sweat-shirt noué à la taille. Les aveugles la repèrent aisément, car elle considèrerait comme un déshonneur complet de ne pas glisser « niquer » et « enculé » au moins 3 fois par minute.
Exemple : « ouah, l’enculé de t-shirt de sa mère ! il nique sa race ! mais t’as vu le prix qu’ils ont mis ces enculés ? on verra à la téci si on peut pas en avoir pour pas reuch. On va pas se faire niquer par des enculés de bâtards de sa mère de magasins »
La racaille qui a des lettres peut parfois remplacer certains « enculé » par « fucking ». on peut en déduire que son bref passage dans le système scolaire lui a laissé un minimum de bases.
 
* la bourgeoise des beaux quartiers : elle trottine, l’air un peu perdu. Le shopping est la seule activité où elle ne peut emmener son chien-chien, et cela lui manque. Son bras vide lui paraît étrange, elle s’empresse donc de le remplir de sacs divers et variés, tous griffés (on a sa fierté). Pour rien au monde la bourgeoise ne supporterait de rentrer d’une journée shopping les bras ballants. Elle achète donc. Elle se préoccupe peu du monde qui l’entoure, son esprit est occupé à réfléchir à la tenue idoine pour la réception de la semaine prochaine, au plan de table du dîner de ce soir, ou au choix de la prochaine mercédès. Elle ne se rend même pas compte des regards interloqués que lui jette la plèbe, oublieuse de l’effet produit par ses 2 liftings, ses injections mensuelles de botox et ses implants capillaires.
 
* l’étudiante baba: une race complètement à part, dont le cerveau est à l’exact opposé du porte-monnaie, plus le premier se remplit, plus le deuxième reste vide. Elle reste donc assise sur un banc, à se rouler une clope en dorant au soleil, profitant d’une des rares choses encore gratuite de ce monde. Elle secoue ses dreadlocks de temps à autre et se plonge dans un bouquin en attendant que sa copine coiffeuse ait terminé de dévaliser le magasin de lingerie (elle, elle ne porte que des culottes en coton blanc qui peuvent bouillir, achetées 5 € les 10 à auchan). Elle ira ensuite manger un kébab-frites, seul repas de la journée, avant de rentrer sagement dans sa chambre à la cité-u rédiger sa dissert pour lundi.
 
 
* la mère de famille-femme au foyer : les horaires d’école ne lui permettant pas de faire du shopping la semaine, elle est bien obligée de se coltiner la corvée le samedi. Et puis acheter des trucs aux gosses en leur absence pour que rien n’aille, elle a déjà donné ! elle grommelle, houspille sa progéniture qui court dans tous les sens en hurlant. Elle est mal fagotée, mal coiffée, jamais maquillée. Elle jette des coups d’œil rapides et coupables aux vitrines des boutiques de fringues. De toute façon, elle est là pour acheter une paire de chaussures à l’aîné qui change de pointure tous les 3 mois, un jean à la 2e qui a troué le sien à la récré, et des chaussettes au petit dernier, pas pour rêvasser devant le dernier cri en matière de mode féminine. Elle se dépêche d’acheter ce qu’il lui faut et de rentrer à la maison avant d’assommer un des 3, ils sont franchement odieux, et tout le monde la regarde. Vivement lundi ! les mômes seront à l’école, et elle pourra se plonger dans ses soaps préférés en repassant, histoire d’échapper à la réalité.
 
toute dissemblance avec le moi que vous connaissez n'est que normale, je suis passée du côté obscur.
 
 
Par charlie - Publié dans : listes
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Vendredi 23 février 2007

faisons un peu de mathématiques...

on nous saoule à longueur de journaux télévisés et d'articles de magazines sur les attitudes citoyennes à adopter pour le bien de tous et le civisme qui se perd.

ok. mettons.

prenons une artère commerçante très fréquentée un bel après-midi de printemps. les gens mangent des glaces, boivent des canettes, fument des clopes, déballent des articles, se mouchent, prennent un chewing-gum, jettent un chewing-gum... à la fin de la journée, cela représente un poids de déchets que nous nommerons x.

prenons maintenant l'attitude la plus citoyenne : tout le monde a bien jeté ses détritus dans les poubelles disponibles le long de la rue pour la plupart, dans leur poubelle personnelle pour les autres. un mec de la municipalité passe, vide les poubelles, et baste ! nous obtenons donc l'équation suivante x=1

si seulement 1/4 de la population adopte une position moins citoyenne et balance ses saletés n'importe où, il faudra deux types pour nettoyer. celui qui vide les poubelles et celui qui ramasse dans la rue. x=2

si la moitié des gens en fout partout, il y a fort à parier que l'on arrive à x=3

prenons maintenant le cas le plus extrême : les poubelles sont presque vides, mais le sol est jonché de cochonneries qui ont collé, coulé, pourri, moisi... à notre fine équipe de 3 balayeurs minimum, il faudra adjoindre 2 autres employés avec un camion qui lave (1 employé qui conduit et un qui vérifie que tout est nettoyé). cela nous amène facile à x=6, voire plus.

salir et ne rien respecter crée des emplois, qui plus est des emplois pérennes. sans compter l'entreprise qui commercialise les camions, celle qui fabrique les uniformes des employés, la chef de service à la mairie qui supervise ces nettoyeurs...

dans le même esprit, le con qui prend le volant un peu bourré (tant qu'il ne blesse et tue personne, car les emplois d'infirmières et médecins étant publics, ils coûtent plus qu'ils ne rapportent) et qui se banane dans un arbre fait marcher l'économie dans la branche automobile.

celui qui fume comme un pompier est au moins à x=50 : le gars qui plante le tabac, celui qui le récolte, le gars qui fabrique le papier, le gars qui fabrique le filtre, celui qui fabrique le paquet, le grossiste, l'importateur, le buraliste, le chimiste qui trouve de nouvelles idées pour accroître l'accoutumance, l'avocat qui défend le fabricant, le secrétaire d'état qui trouve l'idée d'augmenter le prix, le laborantin qui cherche un nouveau système de patch, la pharmacienne qui vend le patch...le seul moment où le fumeur est contre-productif, c'est quand il chope emphysème ou cancer, pour les raisons citées plus haut. l'alcoolo est dans le même cas. le dingue de sexe aussi :sex-shops, peep-shows, salons de l'érotisme, prostituées, préservatifs (et quand ça foire, c'est les fabricants de produits d'enfants qui se frottent les mains). toute addiction est donc créatrice d'emplois. il n'y a guère que les dealers qui sont un peu en marge, car toute l'économie est parallèle.

je ne vais pas multiplier les exemples, vous avez fort bien compris ma démonstration.

au lieu de nous enquiquiner avec des sondages à la noix qui ne veulent rien dire, ça serait bien que l'on se penche sur le nombre exact d'emplois créés de cette manière.

même la mémé qu'on bouscule un peu dans le bus, c'est tout bon. elle va se payer une bombe lacrymo, mettre 32 verrous à sa porte et investir dans du matos sécuritaire.

il serait temps qu'un vrai programme politique apparaisse pour sortir la france de son marasme : devenons tous des gros dégoûtants irrespectueux, buvons au volant (mais uniquement tous seuls sur la route), fumons, forniquons à tout va...

votez pour moi, pour qu'enfin x soit égal à toute la population !

toute dissemblance avec le moi que vous connaissez n'est que normale, je suis passée du côté obscur.

Par charlie - Publié dans : vie quotidienne
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Mardi 20 février 2007
II. Se désintoxiquer d’un forum sans se déforumiser
(en deux parties)
 
Dans le cas du forumeur, se reporter directement au paragraphe B.
Pour le forumaddict, tapez 1.
 
1. Cure de désintox
Quitter définitivement un forum, lorsque l’on souffre d’une addiction totale, n’est pas forcément sain. En effet, on s’expose toujours au risque de rechute. Car le fait d’abandonner complètement un forum est assimilable à l’abandon de la cigarette : soit on remet toujours au lendemain, soit on accumule des tentatives vaines mais répétées, soit on parvient à tout arrêter pour développer ensuite un dégoût total du tabac – ou, dans notre cas, du forum.
Voici comment s’en sortir en évitant ces écueils.
Comme dans toute pathologie mêlant la psyché et le comportement, la désintoxication d’un forum ne peut s’entamer que si l’on est conscient de son addiction. Prendre conscience du mal, et admettre son état de dépendance, voici les deux constats indispensables à toute guérison.
A partir de ce point, plusieurs solutions s’offrent à notre bien-aimé forumaddict :
- la rupture 1 : l’auto-rupture. A l’image des sports tels que le tennis, le ping-pong ou le badminton, sport où l’on cherche la rupture de l’adversaire, le forumaddict ayant développé sa schizophrénie virtuelle en postant sous des pseudos subsidiaires peut entamer une lutte contre lui-même jusqu’à atteindre son point de rupture, sa propre limite au-delà de laquelle l’overdose de forum provoquera le rejet absolu.
- la rupture 2 : plonger dans la fange. Le gentil forumaddict, incapable de se soustraire à l’influence du forum tant il en est dépendant, mais souhaitant malgré tout s’en sortir (parce qu’il est plein de bonne volonté) peut agir afin de se faire exclure de la communauté. Prenant le contre-pied total du forum, il postera toujours, non pas pour, mais contre tout ce qui sera posté par ailleurs. Ainsi, au bout d’un temps, il sera banni, marginalisé, décrédibilisé, le jeu l’aura amusé un temps mais finalement, las de prendre des coups, il n’y reviendra plus.
- la rupture 3 : la force de la volonté puissante du pouvoir absolu. Le mec (ou la meuf) gravement atteint(e) décide de tout arrêter du jour au lendemain, sans un mot d’explication vis-à-vis de ses congénères forumiants. C’est dur, et l’on risque de devenir borné.
- la méthode du patch : le patient va s’efforcer de sortir progressivement de son excès de forum, en se fixant une échéance, se restreignant dans ses posts (ne pas dépasser une certaine quantité par jour), et le reste du temps il se colle un autocollant « forumaddict » (un petit dessin en guise de décoration sur le patch sera le bienvenu) sur le bras ou dans le bas du dos. Attention : le patch peut nuire à votre image sociale.
- aller sur un autre forum (ou déplacer le problème) : le forumaddict quitte un forum et s’enregistre sur un autre, nouveau, où cette fois c’est promis il ne tombera pas dans l’excès. Hum, on y croit.
- aller au contact (ou contourner les règles) : le forumeur dépendant peut également briser le pacte du virtuel et chercher systématiquement à rencontrer ses camarades posteurs, tout en se faisant des films sur chacun, dans la surenchère, se forgeant vis-à-vis d’eux une image et un devenir possible. Lorsque, confronté à la réalité, il aura accumulé suffisamment de déceptions, de désillusions et de frustrations, il quittera de lui-même le monde du forum, tant la magie à ses yeux aura disparu.
- aller se faire foutre : substituer le sexe au posting peut être aussi un excellent moyen de sortir du forum. Attention tout de même, Bruce Syphilis est toujours à l’affût.
- se faire aider : par son compagnon ou sa compagne, qui va restreindre l’accès à l’ordinateur ; par ses amis, qui forceront le forumaddict à venir boire un pot avec eux plutôt que d’aller poster ; par Microsoft, avec la fatal error mensuelle de Windows.
- régler définitivement le problème : descendre dans le garage, y trouver une masse ou un maillet, et se défouler une bonne fois pour toute sur l’ordinateur, vengeant ainsi des heures passées à formater et réinstaller sa machine. Puis vivre en marge, en rebelle, SANS ORDINATEUR.
 
Puisqu’il n’existe aucune garantie quant à la réussite de ces différentes méthodes, voici un petit mémo pour bien se comporter sur un forum, en évitant les excès ou en tout cas en dissimulant sa dépendance :
 
B. Gonfler son nombre de posts, l’air de rien
(demandez pas pourquoi c’est B. alors qu’on a commencé avec un 1., on sait pas pourquoi)
 
- Dès que vous découvrez quelque chose qui vous plaît ou vous rebute, lancez un nouveau sujet.
- Balancez régulièrement des vidéos, des blagues, dans les topics correspondants.
- Ne ratez jamais l’anniversaire d’un membre.
- Toujours souhaiter la bienvenue à un nouveau membre. Le questionner, même, pour pouvoir poster une réaction.
- Lancez une myriade de private jokes avec d’autres membres de connivence.
- Faites-vous répéter plusieurs fois les lieux et dates des apéros, restos et autres sorties.
- Lorsque l’on vous dit « Merci pour l’adresse », répondez « De rien ! ».
- Répondez à tous les tests, questionnaires, blind tests, indiquant vos résultats ou mentionnant l’envoi de vos réponses par MP.
- Tapez « Up » dans un topic que vous souhaitez remettre au goût du jour, même si c’est inutile de le faire remonter.
- Publiez toutes les recettes que vous connaissez, une par une.
- Demandez des tuyaux dont vous n’avez pas besoin.
- Donnez votre avis sur tous les bars et restos que vous visitez, plusieurs fois même si vous y retournez.
- Faites de même avec les films que vous allez voir, les DVD que vous louez, ce que vous regardez à la télé, les ustensiles de cuisine, les sextoys que vous utilisez. Bref, donnez votre avis sur tout.
 
Cette liste, non exhaustive, peut encore être complétée…
En clair, choisissez définitivement le quantitatif au qualitatif : peu importe le contenu du message, tant qu’il ne reflète pas votre addiction. Ne faites jamais comme je le fais ici, regrouper le 1. et le B. dans un même post alors que ça aurait pu en faire deux. Ne faites jamais comme ici, dans le quantitatif, avec un pavé dont je me demande si quelque quidam aura la patience et le courage de le lire en entier…
 

© Bartaba, février 2007

 

 

Par charlie - Publié dans : invités et pub
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Samedi 17 février 2007

à tous ceux qui fatiguent de ma prose indélicate, il est temps d'offrir un temps de repos en accueillant la prose de notre ami Bartaba, à moins que ce soit Bartapapa, non Bartapi... Bartapo, Bartipo Partiba Bartok Bartoldi Bartapas, bref...

et pour ceux qui se languissent de mon prochain article, tant pis pour vous, vous ne le verrez que lorsque vous serez venus à bout du génialissime qui suit.

attention, certains pourraient se reconnaître, mais c'est fait exprès...

Petite méthodologie à l’usage des forumeurs
Du bon usage d’un forum et de ses excès
ou Comment se sortir des pièges du monde virtuel (c’est-à-dire comment vaincre le boss du niveau 6)
ou Ça va être tout noir, ta gueule
 
Nous vous proposons ici une brève plongée dans le monde du forum sur Internet, afin d’en identifier les risques potentiels et les moyens de prévenir toute forme de dépendance, au travers de deux temps forts qui rythmeront notre propos.
 
I. Initiation au forum, son usage, sa structure. Problématique fondamentale du forumeur actif et passif : sociologie du forum, pathologie du forumeur.
(c’est pas un peu long comme titre ?)
 
A. La découverte et ses peurs
Pour celle ou celui qui arrive pour la première fois sur un forum, bon nombre de questions surgissent. Il lui faut déjà un temps d’adaptation pour en comprendre les règles et le mode de fonctionnement. Tout novice développe une forme d’hermétisme à ce mode de communication, et le coming out peut parfois être douloureux.
Car ce qui caractérise le mieux l’attitude d’un nouveau membre, c’est la peur. Le novice va d’abord lire certains topics (ou sujets), parcourir les posts (ou messages) sans forcément recourir au sérieux ou à l’assiduité. Il s’agit avant tout d’une prise de contact.
La première peur du novice est avant tout la timidité, qui freine son abord du forum. Mais si le novice est séduit par la qualité, le contenu et l’esprit du forum, il prendra le temps de s’y plonger un peu plus, de s’inscrire même dans l’intention encore non avouée de participer au forum. Pour un novice, le choix du pseudonyme sous lequel poster (ou pseudo) peut s’avérer un moment de douleur mentale profonde. Quant à son profil, il lui faudra de longues minutes pour le compléter, tant il s’interrogera sur la quantité d’informations à révéler sur lui et sa vie.
Jusqu’au moment fatidique où il se sentira obligé de poster : obligé parce qu’il cherche une réponse à un problème donné, obligé parce qu’il souhaite entrer dans cette communauté, en quête de contacts ou mû simplement par la curiosité, ou obligé car ce qu’il a lu dans un topic va provoquer en lui une réaction d’ordre émotionnel en faveur ou contre ce qui a été dit.
Ce dernier cas nous présente le premier risque qui attend le novice – et aussi une sorte de rite de passage, de dépucelage en matière de forum : se faire saquer d’emblée à l’arrivée sur un forum. Ceci n’est pas une règle absolue, a des variables multiples et dépend avant tout du type de forum. Mais cela se vérifie assez souvent dans le cas du novice posteur.
L’inexpérience étant sa seule alliée, le bleu va émettre un message où toute sa sincérité et sa conviction vont se révéler, à fleur de peau. Il y mettra tout son cœur, toute son âme, sans imaginer un seul instant pouvoir se heurter aux invectives et aux brimades collectives. Seulement, chaque forum a ses primates, et le novice n’a pas conscience qu’un post ne traduit pas nécessairement l’esprit dans lequel il fut rédigé.

Pour peu que son premier message ait reçu une hostilité certaine, le novice se réfugie dans un réflexe conditionné d’inhibition et de repli. A la timidité vient s’ajouter la peur du clash, du désaveu. Seule la réaction d’orgueil peut alors sauver le novice de ses peurs.

B. Marée montante

Pour celui qui a surmonté ces épreuves, et pour celui qui ne les a pas connues, le forum va devenir alors une marée montante : il se connectera de plus en plus, lira de plus en plus, et postera de plus en plus. Il participera à des sujets existants, et viendra même en créer de nouveaux. A partir de ce moment, le novice n’en est plus un : il est en passe de maîtriser les fonctions principales du forum, il a complété son profil, ajoutant quelques détails sur sa vie et parfois même une photo suggestive (où l’on en voit un peu mais pas trop).

Le forum est dédoublé, entre les topics (publics) et les messages privés (ou MP).

Il se prend au jeu et entre dans le cercle des posteurs réguliers.

 
C. Forumer tue
Arrive le moment le plus dangereux dans l’initiation du forumeur : celui où il peut céder à l’addiction. Le processus est relativement simple : le jeune forumeur va passer de plus en plus de temps sur le forum, multipliant par-là même le nombre de ses connexions quotidiennes. Désormais, l’idée qu’un autre membre ait pu répondre à l’un de ses posts va l’accompagner durant toute sa journée, le ramenant automatiquement à se connecter depuis le boulot, l’école, la maison.
Ensuite, c’est l’escalade. Il va vouloir se mêler de tout, participer au maximum de topics, discuter avec un maximum de membres. Dans son profil, il voudra faire augmenter le nombre de ses posts, car il a compris que le forum fonctionne avec des rangs consécutifs à la quantité de messages postés. Il en aura assez d’être dans les rangs les plus faibles (petit nouveau à peine fréquentable) et voudra très vite grimper dans la hiérarchie pour devenir une institution du forum (praesidium suprême et velouté). Il se donnera des objectifs : franchir tel rang avant la fin du mois. Poster deviendra une compétition avec ceux qui se sont inscrits à peu près à la même période que lui : il voudra les dépasser, puis dépasser les « anciens » du forum. Il citera les autres membres à tout va, jouant avec eux, les reprenant. Par moment, il sera en guerre avec les modos (ou modérateurs). Tous les prétextes seront bons pour mettre un message : il postera sur tout et n’importe quoi, souvent même il postera pour rien du tout. Toutes les rubriques, tous les jours, à toutes les heures : il envahira littéralement le forum – provoquant par là même moqueries et critiques de la part de ses camarades posteurs. Le virtuel occupera une place beaucoup trop importante dans sa vie. Mais il sera trop tard.

Notre novice, au départ innocent et pur, sera devenu forumaddict.

D. Forumer provoque une désociabilisation lente et douloureuse
Il est assez aisé d’identifier certains symptômes du forumeur dépendant :
- un questionnement permanent ou récurrent dans la journée sur ce qui se dit sur le forum,
- le besoin de se connecter, et ce plusieurs fois dans la journée, par exemple : le matin au réveil, à midi, avant ET après manger, dans l’après-midi, en fin de journée, le soir avant d’aller se coucher,
- la possibilité aussi de rester connecté au forum une journée entière, afin de réagir immédiatement au moindre post,
- provoquer des éléments totalement artificiels et falsifiés sur le forum.
Je développe ce dernier point. Il m’est arrivé de croiser sur certains forums des utilisateurs qui se connectaient en tant que visiteur (non membre), sous un pseudo quelconque, ou en tant que nouveau membre avec un pseudo différent de celui qu’ils utilisaient couramment. Et ce uniquement dans le but de poster avec un « nouvel anonymat ». Car sur un forum, à partir d’un certain nombre de posts, notre pseudo devient « connu ». Celui qui veut poster n’importe quoi, ou lancer des propos qu’il ne veut pas avoir à assumer sous son identité habituelle, peut très bien, via une autre adresse e-mail, s’inscrire au forum sous un pseudo différent.
J’ai donc connu des forumeurs qui, avec deux ou trois pseudos différents, se parlaient à eux-mêmes… Comble de l’addiction, et schizophrénie en sus ! Après des débordements, ceux-ci se sont fait griller par les modos grâce aux IP (ou identité personnelle, un code propre à chaque ordinateur duquel on poste un message).
Il s’agit là de la dépendance pathologique. Il existe une autre dépendance, plus légère, qui fait que l’on est accro. Je les distinguerai ainsi :
- la dépendance légère (celle du forumeur, l’habitué du forum) : se connecte au forum pour les infos qu’il contient et pour le contact avec ses membres, et peut être accro ou ne pas l’être (pour le savoir, se poser la question : « Si demain le forum est désactivé, qu’est-ce que je vais ressentir ? Un manque ? Quelles sont les choses qui me manqueront vraiment ?),
- la dépendance pathologique (celle du forumaddict) : s’intéresse au forum en lui-même, c’est-à-dire qu’il n’est obsédé que par le fait de poster le plus possible, de devenir « quelqu’un » sur le forum, sans considération aucune (ou très peu) pour le relationnel (virtuel ou non) avec les autres membres. Il n’est là que pour le statut, pas pour le contact.
Mais je dois dire que l’accoutumance à un ou plusieurs forum(s) (ou fora), sans parler d’addiction totale, s’installe assez vite.
 
la suite au prochain épisode...
toute dissemblance avec le moi que vous connaissez n'est que normale, puisque ce n'est pas moi...

 

 

 

 

Par charlie - Publié dans : invités et pub
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Mercredi 14 février 2007
3e leçon : la drague
Notre jeune ami, et vous même, internaute curieux, êtes maintenant en pleine capacité d’exercer vos talents de séducteur minable. Vous avez de la conversation, et vous savez sourire de cette manière franche et naturelle qui fait céder les digues romantiques du cœur des jeunes poulettes. Il est donc grand temps de passer à la suite : la drague proprement dite. Car développer ses compétences sociales est une chose, soit, mais n’allez pas prétendre que dans le fin fond de votre esprit poussiéreux ne planent pas des images torrides d’accouplements bestiaux, menant sans coup férir au pavillon de banlieue et au chien à sortir sous la pluie battante…(vous vous souvenez du début de la phrase, au moins, bande de moules ?). il s’agit donc d’exploiter vos compétences pour attirer une fille dans vos rets.
Eliminez d’emblée toutes celles qui ne répondent pas instantanément à votre sourire, pourquoi chercher encore à compliquer plus la tâche ardue qui vous attend ? de toutes celles qui répondent à votre sourire amical, n’en éliminez aucune, quels que soient ses attraits physiques, son âge ou son tour de taille. Traduction pour les cons : même les vieux gros boudins très moches à l’haleine fétide de coyote (milo, si tu me lis, coucou !) sont éligibles. Il s’agit pour l’instant d’un simple entraînement visant à vider le trop-plein que vous gardez depuis si longtemps dans vos bourses de puceaux, pas d’une demande en mariage. Il sera toujours temps de penser à la nièce du buraliste après quelques travaux pratiques assidus ! le thon de base présente de plus un avantage certain sur le reste de la population féminine plus accorte : elle se laisse facilement enjôler. Et si vraiment vous avez peur de manquer de moyens devant la difficulté d’honorer un tel specimen, il vous restera toujours l’alternative de remplir votre esprit de marion cotillard et autres sharon stone.
Voilà, c’est bien, la fille répond à votre sourire d’une œillade engageante. Comme nous l’avons vu dans la 1ère leçon, vous discutez de quelques minutes à quelques heures, oublieux de la planète qui continue de tourner autour de vous (généralement, passées les 60 premières minutes, on peut dire que c’est dans la poche).
Le problème est qu’en éternel étudiant, vos poches sont aussi vides que le seront vos bourses sus-nommées dans quelques heures. Comment assurer cette première soirée en tête-à-tête avec un unique billet de 5€ ? il reste la solution pratique et pas chère du Mac’Donald’s. mais même cette solution peut s’avérer casse-gueule, surtout si la donzelle présente un tour de taille à faire pâlir d’envie un sumo. En effet, plus le tour de taille est large, plus l’appétit est grand. Et avouons-le, même si vous prétendez e pas avoir faim, vous ne pourrez satisfaire la douce enfant avec les quelques piécettes que vous sentez sous vos doigts. Le seul moyen de ne pas courir à la catastrophe est, je sais ça surprend, de dire la vérité. Par exemple « j’adorerais t’emmener dans le meilleur restaurant de la ville, et te combler en te présentant les mets les plus fins pour ton palais incomparable. Mais le destin ne m’ayant pas fait naître rentier, je n’en ai pas les moyens financiers. Je sais que je cours le risque de te voir me tourner le dos à jamais, dédaigneuse. J’aurais pu inventer n’importe quel mensonge grossier pour ne pas avoir à t’avouer cette vérité, mais je ne suis pas fait de ce bois-là. La bonté que je lis dans ton regard me pousse à croire que tu es capable de voir plus loin que ce simple souci matériel, et de voir l’homme et non le portefeuille ».
Pas mal, hein ?
J’ai dit dire la vérité, mais je n’ai jamais interdit de la fleurir.
Vous laissez passer un instant de silence lourd de sens, avant d’ajouter : « c’est pourquoi je te convie à venir partager mon repas dans ma demeure ». non, pas « humble demeure », pas la peine d’en faire trop non plus, vous gâcheriez tout, andouilles !
Si vous sentez la moindre hésitation, le moindre doute : « je sais que tout ceci doit te paraître aussi absolument ahurissant qu’à moi, et qu’un soupçon d’angoisse pourrait te saisir. Après tout, je pourrais n’être qu’un vulgaire psychopathe. Je te propose donc d’amener avec toi la personne de ton choix pour te rassurer, homme ou femme. Je ne veux pas que la brutalité hideuse du monde extérieur anéantisse notre bonheur naissant ».
A tous les coups, l’effarouchée se calme, et accepte votre invitation, à laquelle elle se rendra seule (pas folle, un type tel que vous, elle ne va pas se le faire souffler par sa meilleure amie), parée en secret de sa lingerie la plus folle, épilée et parfumée.
Rendez-vous est donc pris pour le soir, et vous vous éclipsez pour préparer le dîner. Mais que cuisiner ? un bon plat mijoté inratable, du type spaghetti bolognese ? et si elle est au régime ? une délicieuse salade composée ? et si c’est une affamée et que vos moments de timidité silencieuse sont rythmés des gargouillements de son estomac ? optez pour une salade et une quiche. Au pire, vous pourrez la lui envoyer dans la tronche.
Ne vous étonnez pas si elle disparaît aux toilettes toutes les 10 minutes : ce n’est pas un problème de vessie, elle n’est pas cocaïnomane. Elle va juste vérifier qu’elle n’a pas de morceaux indélicats de nourriture coincés entre les dents, et rajuster son string tout neuf qui lui rentre dans les fesses.
Un cd de musique romantique en fond sonore (rangez-moi immédiatement cette compilation des meilleurs titres de Frédéric François !!! il faut vraiment tout vous dire, c’est infernal). Quelques bougies savamment disséminées dans votre studio vous permettant d’éviter les trop longues plages d’apnée si toutefois la fille a des soucis glandulaires prononcées.
Voilà, il n’y aura peut-être aucun échange de fluides corporels ce premier soir, un diktat idiot sévissant chez les éléments femelles « pas le 1er soir ! ».
Mais si avec tout ça, vous ne niquez pas au 2e soir, c’est que, franchement, vous méritez de rester abonnés à la veuve poignet jusqu’à la fin de vos jours. Je me demande même pourquoi je me penche sur des cas aussi désespérés que le vôtre.
 
 
Par charlie - Publié dans : vie quotidienne
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Lundi 12 février 2007

depuis que le premier G.I a posé le pied sur le sable d'omaha beach, la france a pris l'habitude d'importer les habitudes américaines sans aucune distinction. le choix est parfois heureux (ah, l'arrivée de l'électro-ménager !), moins heureux ou carrément débile. dans le cas de la saint-valentin et du cortège de contraintes qui s'y rattachent, d'aucuns vous diront qu'il s'agit d'une très bonne idée, et d'autres la conspuent férocement. aux états-unis, le Valentine's day est un évènement important qui se prépare plusieurs semaines à l'avance, avec force cartes d'un rose bonbon à faire défaillir d'envie le décorateur de barbara cartland. on s'envoie des cartes, on en dépose subrepticement dans les affaires de l'être aimé à qui on n'a pas encore osé déclarer sa flamme.

l'import de cette tradition en france a perdu tout son charme puisqu'on n'a gardé que le côté mercantile de l'affaire. l'aspect plus romantique, certes très cul-cul mais mignon, a été complètement zappé.

observons ce jour de saint-valentin chez quelques couples de notre entourage.

1/ jetons un oeil chez patrick et marylin, trentenaires flamboyants sans enfants, bonne situation, propriétaires d'une charmante villa de 120 m² identique aux 44 autres du lotissement.

marylin est une fashionista complète, et pour ne pas risquer de se voir offrir de nouveau un vêtement griffé, certes, mais out depuis 2 saisons, elle laisse traîner en évidence sur la table du salon des magazines féminins ouverts à la bonne page. patrick, bon bougre, se creuse la tête depuis 15 jours pour trouver comment il va bien pouvoir épater sa princesse cette année. au bout de 8 ans, l'imagination s'émousse, surtout qu'il doit faire mieux à  chaque saint-valentin. il se laisserait bien tenter par un dîner surprise en haut de la tour eiffel, mais dans ce cas, que fera-t-il l'an prochain ? il sait que s'il ne lâche pas un minimum de 300 € entre le dîner et le cadeau, sa marylin à lui concluera fatalement à une baisse significative de son amour pour elle. résultat, il s'est miné pendant des jours, et n'a toujours rien de prévu pour ce soir. follement, il envisage un instant de se laisser tomber du haut de la cage d'escalier, et de se casser 2 ou 3 jambes. ça lui ferait une bonne excuse pour zapper cette foutue soirée de merde où il devra faire attention à la moindre parole et au moindre geste, sous peine de se voir taxer d'insensibilité par une marylin hystérique. et dire qu'en plus, il n'obtient en retour qu'un petit cadeau, du genre cravate en soie ou briquet zippo.

ces deux-là me semblent bien partis pour une soirée boudin.

2/ tournons-nous à présent vers gérard et lucie, 45 ans, 3 enfants déjà grands, quelques kilos de trop un peu partout, et amoureux comme au premier jour.

pour gérard, c'est simple : saint-valentin, noël, anniversaire ou fête des mères, c'est pareil. c'est l'occasion d'offrir un beau bouquet de roses à sa lucie adorée, ainsi qu'un cadeau typiquement féminin : fer à repasser, yaourtière, centrifugeuse, lot de sauteuses... le rayon électro-ménager des supermarchés déborde de possibilités pour les 25 prochaines années à venir. gérard est heureux de combler sa douce. lucie s'en fout, elle colle tout ça au placard, fait un gros poutou à son gros canard chéri, et ils s'en vont batifoler sous la couette après le film de la 2.

3/ sonia et maxime ont 19 ans, ils sont étudiants tous les 2, et comme beaucoup de jeunes avant eux, croient détenir la vérité universelle et ont décidé de remettre en cause tous les fondements de la société bourgeoise et sclérosée dans laquelle ils évoluent. sonia clame depuis noël qu'il y en a marre de ces fêtes obligatoires, qui ne sont que des prétextes à endormir les masses, et à les pousser à toujours plus de consommation. naïvement, maxime la suit dans ses idées, et ne fait rien de particulier pour la saint-valentin. ce soir, ils mangeront des pâtes au beurre dans sa chambre d'étudiant de 8 m² en révisant leurs cours. maxime ne comprendra pas pourquoi sonia éclatera en sanglots et s'enfuira en courant quand il répondra "non, rien" à la question "tu as prévu quelque chose de spécial ce soir ?"

4/ marcel et christine, couple recomposé proche de la retraite, habitent une modeste mais calme HLM. marcel est resté traumatisé du jour où sa 1ère femme lui a envoyé un gaufrier dans la gueule en lui hurlant que pour son anniversaire il aurait pu trouver autre chose. depuis, avec christine, il prend toujours bien garde d'offrir des cadeaux qui sont destinés à la femme, et pas à la ménagère mère de famille. seulement, marcel est un homme. et pour les hommes, un cadeau pour une femme est synonyme de "truc qui d'une façon ou d'une autre va me provoquer une érection". donc marcel est le spécialiste des guépières, porte-jaretelles, déguisements de soubrette ou d'infirmière. cela fait soupirer christine, car, généralement, plus c'est sexy, moins c'est confortable. ça gratte, ça gêne, ça picote. et c'est très moche. mais christine n'est plus toute jeune, et il vaut mieux en passer par là une fois de temps en temps que de risquer de vieillir seule.

5/ olivier et sabine sont un petit couple absolument adorable, apprécié de tous leurs amis. ce soir, olivier a réservé une table pour 2 dans un petit restaurant à l'atmosphère intime. ils vont passer une excellente soirée, les yeux dans les yeux. au dessert, olivier offrira un écrin à sabine, dans lequel se trouvera une jolie bague ornée d'un petit diamant. il caressera le ventre de sabine qui commence à s'arrondir, lui susurrera des mots doux et ils rentreront tranquillement, main dans la main. une fois seuls à la maison, olivier n'oubliera de faire payer à sabine les 2 fois où elle a regardé le serveur dans les yeux, la fois où un autre dîneur l'a effleurée en la dépassant sur le chemin des toilettes. sans compter le sourire qu'elle a adressé à un parfait inconnu sur le boulevard. comme olivier est un petit mari très aimant, il prendra bien garde de ne pas faire de mal au bébé, ni de laisser de traces sur le visage de sabine, il ne tient pas à abîmer sa jolie petite poupée. joyeuse saint-valentin, sabine !

6/françois et marie se sont mariés un jour de saint-valentin, et de plus leur fils a été conçu un soir de saint-valentin follement romantique à venise. ils ne le savent pas encore, mais c'est leur dernière saint-valentin ensemble. dans quelques semaines, marie va foutre le camp avec un collègue de boulot. pour cette dernière saint-valentin, rien de bien folichon. un dîner à la pizzeria, à tromper le silence de petites remarques acides sur les défauts physiques des autres couples. un embryon d'engueulade, vite réprimée, car à quoi bon ? des sourires fatigués et presque automatiques. un mol échange de cadeaux convenus. une soirée finalement pas si mal réussie, compte tenu des circonstances.

7/philippe et mélodie, installés confortablement dans leur petit nid douillet, fêteront en tête à tête leurs 3 ans de vie commune. philippe regardera mélodie longuement dans les yeux, y lisant tout l'amour inconditionnel qu'elle lui porte. il sera un peu ému, et cachera son trouble en s'affairant à ouvrir le sachet de cacahouètes, qu'il partagera avec elle. sans qu'elle aie besoin de le lui dire, il sait qu'il ira travailler demain, et qu'elle attendra sereinement son retour, pour lui tenir fidèlement compagnie tout au long de ses soirées. sa conversation est peut-être limitée, mais sa bonne volonté est tellement évidente, que ça rattrape tout. mélodie est la compagne idéale, pensera philippe, si seulement ce n'était pas un chien.

 

toute dissemblance avec le moi que vous connaissez n'est que normale, je suis passée du côté obscur.

Par charlie - Publié dans : vie quotidienne
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Samedi 10 février 2007
Il existe une dimension importante de la vie sociale, que l’on tend à négliger : le sourire. Quand on rencontre quelqu’un pour la 1ère fois, un grand, large et sincère sourire vaut tous les discours du monde, prédisposant positivement la personne envers vous.
Alors bien sûr, pour une personne en bonne voie d’ermite-sation (sic), le sourire est un vague souvenir, sans plus. Il faut donc réapprendre à sourire.
Pour ne pas risquer d’être pris pour un psychopathe, mieux vaut s’entraîner pendant quelques temps devant son miroir, seul avec soi-même. Car le sourire sur commande ressemble –au mieux- à une grimace de chat du cheshire, ou –au pire- à l’air bizarre que l’on a quand on vient de se coincer les parties dans sa braguette, en plein pendant la 1ère journée à l’essai d’un nouveau job.
Tant que le résultat face au miroir n’est pas concluant, il vous faut ABSOLUMENT éviter de le faire dans votre quartier, vous ruineriez tous les efforts de la 1ère leçon…
La seconde partie consistera donc à tester votre nouvelle capacité à sourire dans la rue. Au début, vous vous contenterez de sourire aux commerçants en quittant leur boutique, en ayant bien soin de laisser planer le sourire plusieurs secondes sur votre visage, après être sorti du magasin.
Ensuite, il faudra arpenter chaque samedi pendant plusieurs heures une artère très fréquentée de votre ville, en vous exerçant à sourire à un passant sur 5. Attention ! le sourire doit être sincère et sans sous-entendus ! c’est la condition sine qua non pour avoir un retour positif. En effet, le moindre soupçon de sourire un tant soit peu libidineux attirera forcément en retour un regard noir, voire une claque. Ce qui, reconnaissons-le est quand même bien loin du résultat escompté !
Le sourire, comme le rire, étant par essence très communicatif, nul doute que très rapidement vous arriverez à recueillir un sourire en retour à chaque fois, avec un minimum de baffes. De toute façon, si vous prenez quelques baffes, ne vous mettez pas martel en tête : ça fait les joues roses, et c’est associé à un signe de bonne santé. Bon, bien sûr, plus de 5 baffes d’affilée, et vous êtes tout rouge et on risque de vous prendre pour un pochetron. Mais c’est comme ça que la science avance…
Bref, à l’issue de cette 2e leçon, notre jeune ami et vous qui êtes dans la même situation êtes maintenant capables de tenir une conversation de plusieurs minutes et de sourire de façon charmante.
Il ne vous reste qu’à conquérir un cœur.
Mais ne nous emballons pas, nous verrons cela dans notre 3e leçon.
 
Par charlie - Publié dans : vie quotidienne
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Mercredi 7 février 2007
Je ne sais pas si vous êtres comme moi. Plutôt si, je sais que vous êtes comme moi, puisque, à mon grand dégoût, vous et moi avons un bagage génétique commun. Mais ne vous réjouissez pas trop vite, ce bagage commun est à peu près équivalent aux ressemblances entre l’homme et le chimpanzé. Vous êtes bien d’accord que malgré la quasi-identité des gènes, l’homme est quand même loin du chimpanzé ? Et bien, vous et moi c’est la même chose : beaucoup de ressemblances, mais une supériorité indéniable de mon côté.
Bref, vous êtes comme moi, et il vous arrivez de vivre des journées pourries, mais vraiment pourries.
L’autre jour, ça a commencé dès le matin avec le réveil qui n’a pas sonné. Je me suis réveillée avec beaucoup de retard, et j’ai dû zapper le petit-déj pour me précipiter dehors avec la marque de l’oreiller encore imprégnée sur ma joue et dans mes cheveux. Au boulot, ç’a été l’horreur toute la journée, avec engueulade sur engueulade. J’en en aurais bien sorti une ou deux bien sévères à mon chef, mais c’est mauvais pour l’avancement. J’ai donc rongé mon frein toute la journée, là où vous, pauvres idiots, auriez piqué une colère pour prendre la porte rapido. En sortant le soir, j’ai failli m’étaler en glissant dans une ENORME crotte de chien, juste devant la porte. Il y a fort à parier qu’elle avait été placée là stratégiquement uniquement pour essayer de me faire du mal (je hais les animaux, je vous en causerai un de ces quatre, mais ce n’est pas le propos du jour). Avec la rapidité de réaction qui caractérise les êtres supérieurement intelligents, je me suis rattrapée à l’épaule d’une mémé qui passait. C’est elle qui s’est étalée. Comme elle geignait et ne semblait pas capable de se relever, j’ai profité que les pompiers tardent un peu pour essuyer ma chaussure. Pas question de ramener cette saloperie puante collée à ma semelle sur ma belle moquette blanche. Comme la vioque n’avait pas eu le temps de comprendre ce qui lui était arrivé, les pompiers, croyant que je l’avais aidée, m’ont félicitée ! ironie du sort…
Tout cela m’avait retardée, mais pour la bonne cause : le diagnostic était fracture du fémur et le médecin m’a laissé entendre qu’à son âge, elle risquait de ne pas s’en remettre. Et hop ! une vieille de moins.cool ! (j’aime pas non plus les vieux).
Tous ces tracas successifs m’ayant quelque peu mise de mauvaise humeur (à savoir, encore plus que d’ordinaire), j’ai décidé d’aller me changer les idées pour aller au cinéma.
Je n’aime pas le cinéma. On n’y voit que des belles filles qui vivent des histoires incroyables avec des mecs sublimes, pendant que je me coltine la triste réalité. Mais le cinéma a un gros avantage, il offre la possibilité de se venger de la merde que peut être la vie à peu de frais.
J’ai d’abord passé une bonne dizaine de minutes à la caisse, à demander ce qui passait ce jour-là, ainsi qu’un petit résumé de chaque film, peinant à me décider. Quand l’agacement fut à son comble dans la queue derrière moi, je payai ma place et entrai. Le film que j’avais choisi passait en salle 4, mais il n’était pas question de m’y rendre directement. Un passage préalable par toutes les autres salles s’imposait. J’avoue avoir savouré les 3 fois où j’ai lancé très fort « c’est bien ici qu’on passe La vengeance de la momie galactique ? ». en salle 2, c’était les pubs, donc mon plaisir en a été moindre, mais quand même.
Une fois installée, assise sur mon manteau, histoire de laisser ma tête dépasser encore plus du dossier, j’ai laissé calmement passer publicités et bande-annonces en me faisant oublier des autres. Sitôt le film commencé, j’ai changé 5 fois de place en 10 minutes, histoire de tester la réactivité de mes co-spectateurs (on n’est jamais trop prudente). Aucune espèce de réaction, leur cerveau maigrillou étant totalement absorbé par l’écran.
J’ai donc attaqué mon sachet de pop-corn au caramel, après 5 bonnes minutes de froissage de l’emballage, faut bien rigoler. Vous avez déjà essayé de manger du pop-corn discrètement ? oui ? vous êtes tellement prévisibles…pour ma part, je m’applique toujours à le faire le plus bruyamment possible, l’idéal étant d’en postillonner quelques miettes dans la choucroute de la blondasse devant. J’ai ensuite laissé passer quelques dizaines de minutes à jouer avec mon téléphone portable. Sans le son, bien évidemment, je ne suis pas suicidaire non plus. Et puis la luminosité de l’écran est largement suffisante pour distraire toute la rangée.
A environ ¼ d’heure de la fin, j’ai subrepticement sorti mon arme secrète de ma poche : un sachet de poivre moulu. Dans l’action du film, on en était à un moment où l’héroïne affrontait le monstre dans une grotte très sombre. Le moment était parfait pour passer à l’attaque : j’ai balancé tout mon poivre sur la salle, dans un geste ample dont je suis assez fière, et qui n’est pas sans rappeler celui de nos aïeules semant la terre nourricière. Sauf qu’en guise de blé ou maïs, j’ai récolté des centaines d’éternuements irrépressibles qui ont secoué la salle jusqu’à la fin du film. J’avais pour ma part pris la précaution de couvrir mon nez et ma bouche d’un mouchoir en papier. J’ai pu ainsi jouir sans vergogne de la magnifique symphonie en atchoums majeurs que m’ont jouée les autres dindons dans la salle.
J’en suis sortie toute ragaillardie, rien de tel que le spectacle des autres ronchonnant de n’avoir rien compris à la fin du film pour me remettre l’âme à l’endroit.
La semaine prochaine, je compte aller voir jean-claude van damme dans « la cacahouète était trop aware ». j’hésite encore entre un lâcher de puces dans la salle ou des bulles de savon.
 
toute dissemblance avec le moi que vous connaissez n'est que normale, je suis passée du côté obscur.
 
Par charlie - Publié dans : vie quotidienne
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Mercredi 7 février 2007

une fois n'est pas coutume, je vais rentrer les griffes et me faire gentille. n'en prenez pas l'habitude surtout.

je vais vous parler d'un jeune homme de mes connaissances, qu'on pourrait croire séminariste, car il est entré en études comme on entre en religion. il s'est noyé dans le labyrinthe du savoir, en oubliant une chose importante : vivre.

et voilà qu'arrivé du mauvais côté de la vingtaine, il ne sait plus comment retrouver le chemin d'une vie sociale digne de ce nom. alors nous allons l'y aider.

1ère leçon :

en dépit de ce que voudraient nous faire accroire moult grands esprits savants, qui ne le prétendent que pour mieux dissimuler leur misanthropie, le but premier du langage humain n'est PAS informatif. il sert avant tout un objectif social. quand un mari dit à sa femme "oh tu es jolie ma chérie", il achète la paix sociale, il ne transmets pas d'information digne de ce nom, pas vrai ? notre jeune ami va donc s'entraîner à (ré)apprendre à développer la dimension sociale des sons qui émanent de sa bouche. au lieu de se contenter de son habituel "une côtelette de veau, s'il vous plait. merci. au revoir", il va dans un premier temps rajouter "s'il vous plait madame", et après avoir remercié, rajoutera un commentaire adapté sur la météo du jour, grande championne de la fonction introductive du langage. et non, jeune homme, ça n'est nullement parler pour ne rien dire, ni un gâchis de salive. c'est l'équivalent civilisé du reniflage de derrière chez les chiens ou du partage de la banane chez les gorilles. la réponse idoine ayant été obtenue de l'accorte commerçante, il faudra surtout ne pas oublier de saluer d'un "bonne journée" souriant en quittant l'échoppe. et ainsi chaque jour, notre jeune ami s'emploiera à développer une conversation de plus en plus fournie avec les commerçants du voisinage. outre le côté purement fonctionnel -il y a fort à parier que la côtelette aura au fil du temps l'oeil de plus en plus vif (et je vous interdis de me faire remarquer que c'est le bouillon qui a des yeux, je dis ce que je veux et c'est une simple figure de style, bande d'ignares)- de ce genre d'efforts, au bout de quelques semaines, notre séminariste forcé s'apercevra que sa capacité pour le small talk s'est considérablement améliorée, et que cela lui vient naturellement. le contrôle final a lieu avec cette phrase à assener après avoir payé "et bon courage, madame, ça ne doit pas être drôle tous les jours de rester là debout derrière ce comptoir toute la journée". si en guise de réponse, le jeune obtient un compte-rendu détaillé de l'emplacement des varices de la dame, c'est gagné.

si le jeune est assidu dans son travail, en 3 mois à peine, il doit connaître sur le bout des doigts la généalogie complète de la bouchère, les peines de coeur de la petite employée de la boulangerie, et le fils de la libraire l'attend de pied ferme tous les mercredis à 17h pour lui jouer un air de violon pendant qu'il règle son télérama hebdomadaire. avec un peu de chance, le buraliste a une jolie nièce pas sotte du tout à lui présenter.

 

Par charlie - Publié dans : vie quotidienne
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