Mercredi 4 avril 2007 3 04 /04 /2007 10:31

L'école aujourd'hui est l'ennemi à abattre, semble-t-il. Projetons-nous dans un futur lointain, et imaginons l'école de nos petits enfants.

L'école française étant restée bien trop longtemps - shocking !- entre les mains des enseignants, le dirigeant du futur répare cette anomalie, et met les pleins pouvoirs entre les mains des collectivités locales et des parents d'élèves.

Allons jeter un oeil curieux à ce nouveau fonctionnement...

Les écoles, rassemblées à plusieurs, sont sous la houlette d'un conseil d'administration composé pour 50% de représentants des communes, 30% d'enseignants et 20 % de parents d'élèves. Le C.A décide de tout, depuis l'utilisation des crédits, du montant de ces crédits, et de l'orientation pédagogique des établissements concernés.

Dans le meilleur des mondes possibles, cela donne des écoles riantes, où il fait bon vivre, et où tous les acteurs avancent main dans la main pour le bien de tous les enfants.

Mais (et oui, il y a toujours un mais), en bon voyageurs dans le temps, nous nous intéressons plus particulièrement aux endroits où ça coince. Ben oui, forcément, à quoi bon se casser la nénette à se ballader au fil des siècles s'il n'y a pas un minimum d'action ?

Prenons une municipalité de banlieue, à forte population immigrée, au chômage endémique, et qui est passée à l'extrême-droite du spectre politique aux municipales. Le C.A gère les 5 groupes scolaires de la ville : 4 groupes enclavés dans les cités, et 1 groupe dans la zone très résidentielle de la ville. Ce C.A est composé de 10 membres : 5 représentants de la nouvelle majorité municipale, 3 enseignants (dont 2 venant de l'école des pavillons) et 2 parents (tiens, tiens, de la même école aussi). Nous regardons béatement le C.A attribuer un budget mirobolant à telle école, et des rogatons aux autres ; décider d'une orientation pédagogique squelettique pour 4 écoles (lire, écrire, compter, c'est bien suffisant pour devenir chômeur) et de superbes projets pour la 5e.

Prenons ensuite une cossue ville de province, où à une exception près, les écoles sont des fabriques à notables. Les élèves sont pour la plupart appelés à devenir notaires, pharmaciens, médecins, cadres... Ces élèves-là n'ont nul besoin de fioritures et d'enseignements inutiles. Il leur faut du solide, du concret ! A la trappe peinture, poésie, littérature et autres billevesées. Le C.A décide qu'on n'achètera ni pinceaux, ni papier dessin, mais plutôt calculettes et manuels sérieux. Et les parents ravis hochent la tête de concert, en bons moutons décérébrés sans fantaisie.

Dans un cas comme dans l'autre, gare aux école qui râleraient un peu fort : le C.A est également décisionnaire dans le domaine de l'organisation pédagogique. Il peut donc mater les plus réticents en décidant de faire fonctionner l'établissement en classes à niveaux multiples (par exemple du CP au CM2 dans la même classe), ce qui se révèle harassant dès la 3e semaine après la rentrée.

Ca fout les jetons, pas vrai ? On se dit qu'on est bien dans notre temps, tout compte fait, avec nos écoles qui bruissent de poésies, dont les murs se recouvrent chaque année de splendides oeuvres tendres et colorées, qui emmènent les petits en classes vertes, et tout, et tout.

Savourez tant que ça dure, car le tableau dépeint plus haut n'est pas de la science-fiction ! Ca s'appelle les E.P.E.P, ça commence en septembre 2007... La loi va sans doute passer, dans l'indifférence générale, en dépit de l'avis négatif du Conseil Supérieur de l'Education (à l'exception de la voix du représentant du MEDEF, qui a quand même une réputation à défendre).

http://www.snuipp.fr/spip.php?article4336

Par charlie - Publié dans : bizarre
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Lundi 2 avril 2007 1 02 /04 /2007 11:09

Je ne sais pas si c'est dû à la façon dont les probabilités sont enseignées, ou à des raisons culturelles, mais il est évident qu'à la façon dont tout le monde en parle (des probabilités, suivez un peu), nous sommes bien tous persuadés qu'elles riment avec impossibilité.

Et pourtant, avec un tant soit peu de concentration, la vie quotidienne nous prouve régulièrement qu'elle se moque bien des probabilités. Prenons un exemple concret. Quand, dans mon infinie mansuétude, j'accepte de vous faire profiter de mon inestimable présence, et que rendez-vous est pris en centre-ville, je passe toujours par le même boulevard qui descend fortement. Ces rendez-vous ont lieu indifféremment le matin, l'après-midi, le soir, et tous les jours de la semaine. Je passe donc effectivement (je sais, j'abuse des adverbes, mais je les adore) souvent dans un même lieu, mais à des heures différentes. Quelles sont les probabilités pour qu'avec une constante de lieu, mais pas de temps, le même évènement se produise presque à chaque fois ? Vu que je suis une brèle en maths, et que les calculs de probabilités m'ont de tout temps ennuyée, je ne me lancerai pas dans le calcul. Mais je crois pouvoir dire sans trop me tromper que dans ce cas précis, elles sont très faibles, voire infimes.

Et pourtant... A chaque fois que je descends ce boulevard, et que j'ai le feu au rouge à mi-parcours, je vois le même homme, devant la même maison, sortir un sac poubelle et le déposer dans un container. Ayant remarqué la chose, je me suis dit que je ne le remarquais que parce qu'à ce moment précis, je n'avais pas grand-chose d'autre à faire en attendant le passage du feu au vert. J'ai donc, les fois suivantes, ralenti à la hauteur du feu vert, et jeté un regard sur ma gauche. Mais le trottoir restait vide. Pas d'homme, pas de poubelle. De la même manière, je ne le vois jamais dans l'autre sens, en remontant. Normal, me direz-vous, il a déjà sorti sa poubelle à l'aller. Oui, pour les fois où je l'ai vu en descendant. Mais les autres fois ? Celles où je ne l'ai pas vu à l'aller ? Avouez que c'est quand même troublant.

Un mathématicien, soucieux de toujours faire triompher sa science, essaierait bien de nous démontrer qu'il ne s'agit nullement d'un problème de probabilité, mais de hasard tout bête. Devant notre moue incrédule, il se lancerait sans doute dans une magistrale démonstration visant à prouver qu'il s'agit en fait d'un complot contre moi, que le type a des guetteurs qui le préviennent quand je pars de chez moi. Il se tient à l'affût derrière sa porte, prêt à se jeter dehors si le feu passe au rouge, sac poubelle à la main. Dehors, le matheux ! Tes probas défaillent, et c'est tout !

Un féru de SF nous parlerait de Matrix, et verrait dans tout ça un bug du programme général. Car nous sommes en fait des personnages de jeux vidéo, manipulés par des êtres suprêmes, qui programment nos destins dans le langage binaire que nous croyons avoir inventé. Mais je suis bien certaine de ne pas faire partie d'un Second Life universel, donc, oust, le dingo !

On peut tourner ça dans tous les sens, preuve est faite que les probabilités, plus elles sont basses, plus on a de chances que les choses arrivent.

Quelles sont les probabilités pour que lorsque je pense à une personne, elle téléphone juste à ce moment-là ? Pour que mon nez me gratte juste quand j'ai les mains pleines de farine ? Pour qu'il y ait une panne d'électricité et que mon réveil ne sonne pas juste le jour où je dois prendre l'avion ? Pour que j'arrive à me trouver nez à nez avec le facteur 3 jours d'affilée, à 3 heures différentes ? Pour que je tombe sur une copine d'enfance perdue de vue depuis 20 ans, à l'autre bout du monde ? Pour que je mette un CD en lecture aléatoire et systématiquement tomber sur ma chanson préférée de l'album ? Pour que je trouve le moyen de flinguer l'enregistrement de cet article sur mon disque dur et que je doive le réécrire intégralement ?

Quasi nulles. Et pourtant, ce genre de bizarres hasards arrive à tout le monde, tous les jours, partout.

D'ailleurs, quelles étaient les probabilités pour que cet article qui ne rime à rien, n'a aucun intérêt et se finit en queue de poisson soit lu jusqu'au bout ? Aussi petites qu'un électron. Mais vous êtes-là, en train de lire ces lignes, ce qui prouve au moins une chose : les probabilités qu'un attrape-nigaud fonctionne à coup sûr sont, elles, très élevées.

toute dissemblance avec le moi que vous connaissez n'est que normale, je suis passée du côté obscur.

Par charlie - Publié dans : bizarre
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Samedi 31 mars 2007 6 31 /03 /2007 22:16

...que je déteste le plus au monde

1- la sensation de vide et de froid quand un chat qui vient de passer plusieurs heures sur mes genoux décide de vaquer à ses occupations

2- les génériques de fin au cinéma

3- les téléphones qui sonnent dans le vide, alors que merde, si je me donne la peine de téléphoner, ça serait la moindre des choses que d'être là pour répondre

4- l'idée que plus ça va aller, plus les gens qui m'entourent me paraîtront jeunes, alors qu'eux me verront de plus en plus vieille

5- les gens qui font des listes de choses, des top 5, des top 10... c'est pourquoi, pour me démarquer, je fais mon top 26

6- l'horreur absolue du réveil le matin, quand il fait encore nuit, et qu'il faut laisser le froid de la pièce s'engouffrer dans la couette pour se convaincre d'aller affronter le monde

7- les gens pénibles qui prennent comme une mission sacrée le fait de réussir à tout prix à me faire boire de l'alcool, alors que j'ai décidé que non, et qui ne me lâchent pas de toute la soirée avec ça

8- les femmes enceintes qui fument comme des pompiers en tenant des grands discours sur l'écologie, l'alimentation bio, le danger des antibiotiques, et qui n'ont même pas conscience de mériter des grandes claques dans la gueule

9- toi, le connard qui me prend la tête tous les matins, à peine je commence mon boulot, avec tes blagues à 2 balles. je ne peux pas t'envoyer sur les roses car mon boulot exige tact et diplomatie, mais je suis pressée d'arriver au 3 juillet pour ne plus avoir à supporter ta tête de con

10- les dimanches soirs, et les derniers soirs de vacances

11- les vieux qui choisissent le même jour et la même heure que moi pour aller faire leurs courses, et qui passent 3 plombes à converser aimablement avec la caissière, alors que j'ai une abominable envie de faire pipi

12- avoir un mot, un nom, une expression, un titre de film sur le bout de la langue. passer 2 heures à me torturer les méninges sans réussir à le sortir, et me réveiller brutalement à 4 h du matin en l'ayant enfin retrouvé. mais il n'y a plus personne d'éveillé avec qui partager ma joie

13- être en retard quelque part, je déteste faire attendre les gens, même si souvent, je poireaute un bon moment car, mes 20 minutes d'avance ajoutées à leurs 20 minutes de retard...bôf. surtout quand il se met à pleuvoir et que je n'ai ni capuche ni parapluie

14- les gens qui se gondolent à une blague que je n'ai pas comprise, c'est le meilleur moyen de se sentir très con

15- la cervelle

16- les gens qui meurent pour des histoires de ballon rond sur une pelouse, ils n'ont rien compris au film, les gusses qui tuent pour une équipe de foot

17- le regard d'un gosse qui vient de se voir arracher un petit bout d'enfance par l'inconsistance des adultes, leur manque de fiabilité et leur égoïsme forcené

18- la jalousie qui cesse d'être un moteur de séduction permanente de l'autre, pour devenir une prison pour les 2

19- les collants qui filent 10 minutes avant un moment important, où il est crucial de se sentir parfaite

20- TF1

21- éteindre la lumière et me retrouver dans le noir complet. je ne pourrai jamais vivre en pleine campagne à cause de ça, sauf les nuits de pleine lune

22- les clebs qui s'excitent sur les jambes des visiteurs, c'est chiant, c'est gênant et ça fait rire connement les maîtres

23- les coups de fil en pleine nuit, ce sont rarement de bonnes nouvelles

24- d'être là comme une cruche devant mon PC un samedi soir, alors qu'il y a sans doute beaucoup d'autres choses bien plus affriolantes à faire

25- les gens qui me posent un lapin, même s'ils préviennent

26- le borgne politique qui souhaiterait nous ramener 70 ans en arrière de l'autre côté du rhin

Par charlie - Publié dans : listes
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Mercredi 28 mars 2007 3 28 /03 /2007 18:17

vous l'aurez compris, mesdemoiselles, les sites de rencontres sont loin d'être l'endroit parfait pour rencontrer celui qui... (si tant est qu'un tel endroit existe).

cessez de rêver au prince charmant qui va venir vous enlever au volant de sa Clio blanche : le prince charmant n'a jamais existé et n'existera jamais. il s'agit d'une invention typiquement masculine pour garder les femmes sous leur contrôle. pendant que vous êtes occupées à vous languir de votre prince, vous ne vous mêlez pas des affaires des hommes : gouvernements, guerres et autres gnognoteries dont on préfère que vous vous teniez éloignées.

rendez-leur la monnaie de leur pièce en utilisant meetic et consorts pour les détourner à votre propre avantage. rencontrez pour de la vraie tous les hommes à peu corrects qui vous contactent sur le site, faites-vous payer un bon restaurant, et barrez-vous en laissant un faux numéro.

c'est immoral ? tout à fait, et alors ? pas plus que le comportement général masculin depuis quelques millions d'années...

imaginons une horde de femmes pas dupes du tout des beaux discours, des beaux jabots, et de la duplicité de ces messieurs. le monde tournerait sûrement plus rond, et tous ces dîners offerts, c'est de toute façon bon pour le commerce

Par charlie - Publié dans : vie quotidienne
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Lundi 26 mars 2007 1 26 /03 /2007 21:13
 
Affligée depuis quelques semaines de douleurs abdominales fort pénibles, dont je vous passerai les détails pour vous éviter de verdir, j’ai décidé l’autre jour de prendre rendez-vous chez le médecin.
Une aimable mégère à la voix criarde me demande de venir mercredi à 15 heures, ce que je fais, ayant même un poil d’avance, par politesse.
Je passe les deux heures suivantes à éplucher consciencieusement les Femme Actuelle de 1994, les Pleine Vie de 1998, quelques Tennis Magazine de 2001. Je m’apprête à attaquer les Journal de Mickey en loques, quand le médecin appelle mon nom.
« Oh, vous, ça n’a pas l’air d’aller très fort », attaque-t-il d’emblée. Ma maman m’ayant fort bien élevée, j’évite de lui proposer d’essayer de passer autant de temps que moi dans cette foutue minuscule salle d’attente bondée et surchauffée, à lutter pour ne pas gifler la conne qui n’a cessé d’ouvrir et fermer son stylo pendant 1 heure –clic, clac, clic, clac, le genre de bruit qui vous met les nerfs en pelote. Je ne lui parle pas non plus des régurgitations incessantes et puantes du nourrisson à ma droite, des crachats dans le mouchoir du vioque près de la fenêtre (bloquée, la fenêtre, impossible à ouvrir pour assainir l’atmosphère), du morveux qui joue à la game boy avec le son, et de tous les autres rebuts de l’humanité qui ont jugé bon de venir consulter le même jour que moi. Je garde également dans un coin de ma tête l’idée que quand on garde un patient en moyenne 20 minutes, il serait judicieux d’éviter de fixer les rendez-vous toutes les 10 minutes.
Bref, me voilà en slip et soutien-gorge prête à affronter l’humiliation d’une consultation médicale.
Il commence par me peser « pour le dossier », le regard noir que je lui lance le dissuade de faire le moindre commentaire. Il m’allonge sur son lit d’examen en skaï marron recouvert de cet espèce de papier râpeux qu’affectionnent les médecins. Il prend ma tension (ok), il me palpe les ganglions cervicaux (ok), il m’éclaire le fond du conduit auditif (ok), les narines (ok), la gorge (beurk, l’abaisse-langue me donne envie de gerber, mais ok). Déjà, avant même qu’il se soit approché de la zone stratégique, je n’ai qu’une envie, foutre le camp ! Je me les caille, mon regard accroche obstinément le petit bout d’élastique qui s’est détaché du liseré de ma culotte. Le petit homme me palpe longuement le bidon, tape, triture, malaxe, tambourine, écoute, en prenant un air inspiré de compositeur romantique. Il semble perplexe de l’absence de douleur suite à ses manipulations. C’est si difficile à comprendre que ce n’est pas parce que j’ai mal souvent que cela signifie obligatoirement que j’ai mal tout le temps ?
Il finit par me demander « vos selles, quelle consistance et quelle couleur ? ». Il me prend pour Louis XIV ou quoi ? Je n’ai pas de courtisan attitré à la dissection de mes crottes ! Je ne passe pas mes loisirs à explorer mes excréments ! Il semble bien déçu de cette nouvelle.
Entre 2 coups de fil, et 2 entrées et sorties intempestives de la secrétaire (qui soit dit en passant prend un malin plaisir à laisser à chaque fois la porte suffisamment ouverte pour que toute la salle d’attente profite d’une vue plongeante sur mes guibolles), il parvient enfin à établir un diagnostic : colopathie fonctionnelle résultant d’un stress accumulé. A vrai dire, il ne m’apprend pas grand-chose, je m’en doutais bien…
Verdict : éliminer la source du stress.
Il est trop drôle le toubib ! S’imaginerait-il que je bosse 50 heures par semaine, que je cours en permanence d’un endroit à un autre juste pour le plaisir ? S’imaginerait-il que je ne préfèrerais pas passer mes journées alanguie sur une plage, entourée de jeunes et beaux garçons musclés dont la seule ambition dans la vie serait de satisfaire mes moindres désirs ? Qu’il me paye une jolie villa au bord d’un lagon enchanté, et pas de souci, je te l’élimine vite fait bien fait, moi, le stress, pfff.
La deuxième solution proposée par cet éminent membre de l’Académie est de lutter efficacement contre les effets insidieux du stress, en prenant du temps pour moi, pour faire les choses qui me plaisent : sport, activités culturelles, lecture, jardinage, moments conviviaux entre amis…
Il est vraiment con, ou il fait seulement semblant ? Qu’il vienne faire un tour dans la vie de n’importe quelle mère de famille qui travaille, et on en reparle !
Je sens venir le moment où je vais trouver le moyen d’évacuer le stress accumulé depuis que j’ai mis les pieds dans ce foutu cabinet en lui faisant avaler son gros presse-papiers criard au logo flamboyant…
Il se met à griffonner en marmonnant des noms de médocs. Si j’ai bien tout suivi, j’ai des sachets avant le repas pour éviter je ne sais quoi, des cachets pendant le repas pour compenser un bidule, et un gel après le repas pour limiter les effets secondaires des sachets et des cachets. Et encore je ne sais trop quoi d’autre. Il m’en met une pleine page, me soutire 20 € et me fout presque dehors avec un sourire pressé.
Dans la rue, je scrute en vain les pattes de mouche sur l’ordonnance. C’est parfaitement incompréhensible. Personne ne me fera croire que la pharmacienne va pouvoir en tirer quelque chose de cohérent. Elle va me refourguer les premiers trucs qui lui tombent sous la main pour ne pas avouer sa difficulté à relire la prescription. Et c’est pour le coup que je vais me retrouver avec une maladie grave attrapée en mélangeant des médicaments incompatibles.
Je déchire la feuille et je rentre chez moi me faire une tisane, si ça ne fait pas de bien, au moins ça ne fera pas de mal.
vive la médecine, et vive le trou de la sécu !
toute dissemblance avec le moi que vous connaissez n'est que normale, je suis passée du côté obscur.
Par charlie - Publié dans : vie quotidienne
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Lundi 26 mars 2007 1 26 /03 /2007 20:52
Nous avons tout de même appris qu’un « con », selon notre société moderne, serait quelqu'un qui ne serait pas dans les normes. Sachant que ces mêmes normes sont fixées par cette société dans laquelle nous vivons, nous sommes en droit de nous demander jusqu’à quel point le point de vue de cette définition est réellement objectif. Vous en conviendrez : il nous faut approfondir notre champ de recherche. Alors continuons!
    Pourquoi ne pas commencer par un exemple, afin d’organiser notre entrée en matière sur un coté pratique?
    Un enfant (appelons-le Rodrigue… hommage à François Pérusse) est en train de jouer dans le salon de sa maison. Sa mère est à coté, confortablement installée dans un fauteuil en cuir, dévorant le dernier né de la collection Arlequin. L’enfant est en train de sauter derrière les autres fauteuils, faisant semblant de tirer sur des méchants invisibles, à l’aide d’un fusil à pompe transformable au besoin en mitrailleuse à répétition. La suite est facile à deviner. La maman de notre petit Rodrigue en a marre d'être dérangée au milieu de son histoire palpitante. Pensez-vous : Mlle. S est allongée sur le bureau de son patron en lui disant « prends moi », tandis que le patron en question essaie de se convaincre qu’il est marié. Maman Rodrigue brûle d’envie de savoir ce qui va se passer. Il est vrai que la collection Arlequin est connue pour ses coups de théâtre dans des situations de ce genre. On comprend donc aisément que le jeu du petit Rodrigue interfère avec la bonne lecture de l’autorité maternelle. Cette dernière décide de se mettre en marche. Maman Rodrigue baisse son livre sèchement, ce qui aboutit au claquement sec de la tranche du dit bouquin sur la cuisse sensible de la maman en furie. Celle-ci cache non sans peine la douleur occasionnée par son empressement, et hurle : « Rodrigue! Arrête tout de suite! Tu m’énerves! Et puis il n’y a personne à sauver ici. Alors arrête tes conneries et va dans ta chambre ». On l’a compris, directement ou indirectement, maman Rodrigue venait de traiter son fils chéri de « con ».
    On ne peut évidemment pas reler notre exemple à celui le précédant. Le fiston jouant à sauver la princesse est loin d’être original. Tout petit garçon qui se respecte y a déjà joué (et si ce n’est pas le cas pour vous ami lecteur, veuillez m’écrire ! Nous avons beaucoup à discuter). Ainsi, on ne peut pas dire que l’innocente victime de la violence verbale maternelle de l’exemple précédent ait cherché à innover, pour changer les mœurs de son temps. Il nous faut donc chercher la raison de l’insulte ailleurs. Ailleurs ? Ben non ! Puisqu’elle est devant vos yeux (toujours ébahis j’en suis sûr). Il faut la chercher ici même. Enfin bref…
    Maman Rodrigue n’a tout simplement pas compris l’intérêt du jeu de son rejeton. Eh oui ! La princesse à délivrer, c’était elle. Tout bon psychothérapeute vous définira ce phénomène comme Complexe d’Œdipe. Phénomène commun puisque récurrent. Il paraîtrait que le premier amour d’un garçon est sa mère. Un enfant considérant sa mère comme une princesse à délivrer n’est donc pas quelque chose d’étrange. Mais pour une dame qui se complait uniquement dans la lecture de romans à l’eau de rose, un dérangement de cette envergure (du point de vue sonore comme visuel) n’est pas compréhensible. On assiste donc à une mini crise de nerfs, une perte de contrôle de soi ce qui aboutit, sur la personne concernée, et ce sans trop de surprise, sur une augmentation du débit verbal, une diminution de l’intelligence des propos, et surtout l’apparition d’une violence verbale non contenue, tout cela issu d’une frustration.
    Résultat des courses : un enfant qui pleure, faisant encore plus de bruit que quand il jouait; une mère énervée d’une part parce qu’il y a encore plus de bruit qu’avant, d’autre part parce que la montée d’adrénaline occasionnée par l’énervement l’empêche de se replonger confortablement dans le vif de l’action de son livre (dont la tranche est imprimée lisiblement sur sa cuisse, ne l’oublions pas). Tout ça parce que quelqu'un n’a pas compris quelqu'un d’autre.
    C’est donc l’incompréhension qui, cette fois, a été responsable de l’utilisation  de « con », mot clé de notre sujet. C’est, selon votre auteur ici présent, une raison stupide et de ce fait inacceptable. Nous venons de voir à nouveau un exemple d’une utilisation abusive du mot « con », pourtant dans un cadre qui nous est familier (ou tout au moins qui ne nous est pas inconnu… ce qui revient à peu près au même au fond).
    Mais alors, nous revenons sans cesse à une de nos premières questions : peut-on vraiment définir ce qu’est un con? Revenir à cette question ne peut que signifier 2 choses. Soit nous sommes définitivement en train de tourner en rond, soit nous n’avons pas abordé le problème de manière assez claire pour lui trouver une réponse neuve. Dans le cas de la première hypothèse, Georges (le texte) n’aurait pas lieu d’exister, et je n’aurais pas lieu de le créer. Il paraîtra donc évident que c’est de la deuxième hypothèse qu’il s’agit, et qu’il faut donc continuer notre méditation plus loin encore. 
    Rappelons nous de l’exemple précédent. Nous avons conclu que c’était l’incompréhension qui avait conduit Maman Rodrigue à traiter son fils de « con ». Mais n’avons-nous pas sauté aux conclusions un tantinet trop rapidement? Estimons que Maman Rodrigue soit au courant de ce fameux Complexe d’Œdipe. Alors il ne s’agirait plus d’incompréhension, vous en conviendrez. Ce serait plutôt que la maman en question n’a pas cherché à comprendre son fils. Ça ne serait donc pas un manque de compréhension, mais plutôt un manque de volonté. Le livre étant plus intéressant que le fiston et sa princesse, maman Rodrigue décide de sortir l’élément perturbateur que représente son bambin. Nous ne parlons donc plus de possibilité ou d’impossibilité de comprendre, mais de volonté ! Pas pouvoir, mais vouloir.
    Nous sommes sur une piste! Je suis sûr que vous le sentez aussi. Alors poursuivons ! Si on part du principe que certaines personnes utilisent le mot « con » parce qu’il n’ont pas envie de se casser la tête à essayer de comprendre quelque chose, alors l’utilisation abusive du mot devient, elle, compréhensible. Je m’explique. Gardons la même méthode que précédemment, et prenons un exemple.
    Notre petit Rodrigue a grandi. Pas beaucoup, mais un peu. Juste assez pour comprendre qu’il est assez facile de faire rire les gens. Il passe donc énormément de temps à raconter des histoires drôles, à fabriquer des petits objets rigolos, ou à dessiner des caricatures (exemples parmi d’autres)…
    Voyons maintenant le coté familial. Les parents, et le reste de la famille se gaussent devant ce qu’ils aiment appeler « les facéties de leur petit Roro ». Mais des fois, et soyez certains que je ne me trompe pas en affirmant cela, certains commentaires quand à ces facéties pourraient éventuellement choquer une oreille sensible. Un commentaire du genre « Hahaha… Il est con cet enfant là. Qu’est-ce qu’il va pouvoir inventer la prochaine fois ? C’est bien Roro… ».
    Le commentaire, voulu gentil (et encore, on n'en est pas sûr), témoigne cependant de l’abus de vocabulaire quand il s’agit du mot « con ». Et c’est là que nous revenons dans le vif du sujet. Je vous prie d’être attentifs, car je ne proférerai pas des paroles en l’air (forcément, puisqu’elles sont écrites, mes paroles…).
    Dans le cas présent, on a un personnage ayant inventé quelque chose pour faire rire les gens. Et de l’autre bord, on a ces gens, qui rient de ce qu’ils considèrent presque comme une bêtise. En bref, qui rient sans avoir de vraies raisons. Et qui de ce fait utilisent de mauvais mots pour de mauvaises raisons. Et bien entendu, ça n’est pas notre Roro adoré qui fera la leçon à ces adultes. St. Exupéry l’a dit : « les grandes personnes ne comprennent jamais rien toutes seules, et c’est fatigant, pour les enfants, de toujours et toujours leur donner des explications ».
    Ce qui nous amène (sans nous en rendre compte) à nous rendre compte que l’homme ne rit pas assez. Pourtant en société, il parait simple de trouver des raisons de rire. Mais « depuis qu’il s’est mis en société, l’Homme ne s’est jamais senti aussi seul ». Les gens ne rient pas assez. Et on peut se dire, non sans raison, que c’est précisément ce qui manque à notre monde. C’est pour cela que les plus petits sont importants : en effet, ils n’ont pas conscience du bordel dans lequel nous nous trouvons. Ils n’ont pas conscience de l’existence des « cons ». Ainsi, si ils arrivent à vivre sans connaître l’existence des « cons », nous pouvons conclure que ces derniers ne sont pas indispensables, et donc sont voués à disparaître selon la toute puissance de la loi inspirée par M. C. Darwin en personne. Je vais donc me dépêcher de terminer ce texte, car sinon je crains disparaître avec le reste de mon espèce (les « cons », du nom latin hominis debilus).
    Nous parlions donc des gens que l’on traite de « cons » dans le cas d’un manque de volonté au niveau de la compréhension de l’autre. Nous pouvons poursuivre notre exemple précédent. Nous venions de découvrir que les gens semblent avoir une fâcheuse tendance à traiter les autres de « cons » lorsqu’ils n’avaient pas compris ce que ces derniers voulaient dire.
    Ce qui va suivre n’est pas pour vous surprendre : l’Homme n’aime pas l’échec. Vous admettrez que ce commentaire n’a rien de très inattendu. Ce qui pourrait néanmoins sembler un peu plus étrange, c’est le rapport de cette phrase avec notre exemple précédent. Le lien est pourtant simple. Et je vais vous le prouver dès maintenant.
    Lors d’une conversation normale (nous exclurons, par commodité, tout autre type de conversation), nous pouvons observer un échange verbal, souvent sous forme de question/réponse, mais aussi sous forme d’échange de phrases simples. Jusque là, j’espère que vous arrivez toujours à suivre. Essayons alors de réfléchir un peu plus. Lorsqu’on vous demande de quelle couleur est le ciel, vous répondez, dans un certain nombre de cas, qu’il est bleu. Vous avez donc analysé la question que l’on vous a posée; ensuite, vous avez répondu, après avoir observé le ciel en question, si besoin est. Comme vous avez non seulement compris la question, mais aussi trouvé une réponse, vous avez répondu.
    Considérons maintenant nos deux derniers exemples : celui de la Maman Rodrigue, et celui des « facéties du petit Roro ». Dans les deux cas, nous avons conclu à un manque de compréhension. Nous avons même mentionné, si je ne m’abuse, et dans la première de ces deux anecdotes, le terme de frustration.
    À la lumière de ce que nous venons de voir, analysons à nouveau les aventures malheureuses de notre Rodrigue. Dans les deux cas, nous pouvons constater qu’il y a deux protagonistes (vu d’un angle général bien sur). D’un coté, Rodrigue, qui essaie tant bien que mal de faire comprendre quelque chose. De l’autre, un interlocuteur (variable de la maman à la famille en général). En quelque sorte, nous avons une espèce de conversation qui tente de s’installer entre nos protagonistes. Mais l’interlocuteur de Rodrigue réagit de manière brutale en employant ce mot infâme que je n’oserais répéter s'il n’était pas le sujet de mon petit Georges : « con ». Bref, la réponse de l’interlocuteur n’en est pas vraiment une, et la conversation tourne court.
    Essayez de vous souvenir. Nous avons conclu que vous étiez capable de répondre à une question posée (ou tout simplement à une remarque) à la simple condition d’avoir compris cette dernière (et accessoirement d’avoir une réponse… mais on peut constater que certaines personnes répondent à des questions sans en avoir la réponse…). De plus, nous savons tous que l’Homme n’aime pas l’échec. Dans le cas où la question n’est pas comprise, il s’agit là d’un échec évident de compréhension.
    Au cas où vous n’auriez toujours pas compris où cette logique implacable qu’est la mienne veut en venir, je vais terminer pour vous cette analyse. Lors d’un échec, l’Homme est frustré. Par conséquent, lors d’un manque de compréhension, qui trahit un échec du cerveau dans sa capacité à traiter des données, l’Homme est frustré. Et c’est exactement ce qu’il s’est passé dans les aventures de Rodrigue. Bien entendu, chacun sait que lorsqu’on est frustré, la chose la plus naturelle à faire est d’employer les différents jurons que la langue met à notre disposition. Et le mot « con » est celui qui revient le plus souvent.
    Vous l’avez compris. Bien qu’étonnant, l’emploi de notre vilain mot dans les deux derniers exemples n’est pas inexplicable. Attention, le fait que cet emploi soit justifiable ne veut pas dire qu’il est justifié. Car il s’agit là de notions complètement différentes. Et je ne voudrais pas m’écarter de notre sujet principal en vous expliquant ces différences. Alors poursuivons. 
    Poursuivons? Ou terminons? Je n’ai pas besoin de vous souffler que nous ne savons toujours pas ce qu’est un con… Nous n’avons que vu quelques circonstances dans lesquelles nous pourrions être tenté de dire le mot « con ».
    Je précise tout d’abord que toute ressemblance avec des évènements ayant eu lieu ou ayant lieu en ce moment même est parfaitement voulue. En revanche, si une coïncidence voulait qu’il existe une ressemblance quelconque avec une ou plusieurs personnes existant ou ayant existé, je présente mes excuses à ces personnes, car cette ressemblance n’est, je vous l’assure, qu’un fruit du hasard. J’ajouterai que j’ai pris grand soin de prendre des exemples généraux afin de pouvoir inclure plus de réflexion dans nos analyses, et que chacun puisse y voir une situation plus ou moins connue.
    Après tout, qui est con ? Moi ? Qui ai passé un peu de temps devant un écran d’ordinateur pour vous écrire ces quelques lignes ? Ou bien vous. Qui avez passé un peu de temps à lire ces quelques lignes justement ? Qui est le plus con ? Le con, ou celui qui le suit? Ou alors le con ne serait-il pas celui qui justement n’a pas voulu lire mon petit Georges ?
Ce que nous avons appris, c’est que dans une très grosse majorité de cas, le plus con de deux personnes est justement celui qui traite l’autre de ce nom.
    Je le dis, et je défie quiconque de me prouver le contraire : tous, sans exception, dans notre vie, nous avons fait des conneries, et pour certaines d’entre elles, nous ne l’avons jamais regretté. Et même, nous les avons appréciées ces conneries.
N’oubliez jamais ce que vous avez fait avant de critiquer ce que font les autres. Je crois très franchement qu’au fond de chacun d’entre nous, il y a un con qui essaie de se faire entendre sans pour autant se faire voir. La différence entre nous tous, c’est que certains le savent, d’autres non; c’est que certains l’acceptent, et d’autres non.
    Alors, maintenant, si vous estimez toujours que je vous ai mené en bateau, avouez que c’est tout de même moi qui ai ramé tout le long, et que quoi qu’il en soit, je vous ai ramenés à bon port…
Par charlie - Publié dans : invités et pub
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Dimanche 25 mars 2007 7 25 /03 /2007 22:07

à la demande générale d'antoine (3 mails en une journée, n'est-ce pas un tantinet excessif ?), l'ardiview de charlie

Vous pensez à quoi en ce moment ?

à ce que je vais bien pouvoir faire du reste de ma vie, pardi !

Quand vous vous regardez dans la glace le matin, vous vous dites quoi ?

encore toi ?

Vous auriez aimé ressembler à qui quand vous étiez petite ?

à catherine deneuve dans peau d'âne (et c'est franchement raté)

Votre plus belle histoire d'amour ?

christophe P. , à 15 ans

Est-ce que vous seriez prêt à tout quitter pour le grand amour ?

non, surtout pas

Quand avez-vous pleuré pour la dernière fois ?

un téléfilm à la con sur M6. je ne pleure qu'à la télé et au cinéma, jamais pour les vraies choses de la vraie vie

Vous changeriez quoi en vous si vous aviez une baguette magique ?

au physique, tout. et j'aimerais bien me débarrasser de ma naïveté crasse

Quel est le péché qui vous tente le plus ?

la paresse, of course

Que pourriez-vous dire de plus négatif sur vous ?

que je suis douée pour faire pleurer les autres

Si votre vie était à refaire, qu'est-ce que vous changeriez ?

rien, j'assume mes conneries et mes erreurs

Quelle est l'insulte qui vous a fait le plus mal ?

mauvaise mère

Qui avez-vous le plus envie d'épater ?

le monde entier

Quand le téléphone sonne, vous êtes heureux ou agacé ?

j'ai horreur du téléphone, donc forcément agacée

Quelle est la dernière chose que vous faites avant de vous coucher ?

lire, toujours, quelle que soit l'heure

Que feriez-vous s'il ne vous restait plus que 24 heures à vivre ?

j'écrirais une lettre d'amour à mes enfants et j'irais au cinoche

Quel est le surnom qu'on vous donne que vous haïssez ?

je n'ai aucun surnom

Quelle est la dernière personne que vous ayez eu envie de tuer ?

la grognasse qui ricanait bêtement derrière moi au cinéma


Avez-vous déjà pensé au suicide ?

bien sûr, comme tout le monde, non ?

Et Dieu dans tout ça ?

je ne pense pas plus à lui qu'il ne pense à moi, et ça me va très bien comme ça

Qu'est-ce qui vous énerve le plus chez vous ?

mon incroyable disposition à la procrastination

De quelle question aimeriez-vous avoir la réponse ?

quand est-ce qu'on se couche ?

Quelle est la plus grosse connerie que vous ayez faite dans votre jeunesse ?

dans ma perfection indéniable, je n'ai jamais fait de conneries, non mais !

Qu'est-ce que la vie vous a appris ?

à toujours m'attendre au pire, comme ça, ça fait moins mal quand il arrive

Qu'est-ce que vous auriez aimé qu'on vous apprenne à l'école et qui vous aurait été vraiment utile ?

les périodes migratoires des escargots de bourgogne, ça m'aurait permis d'en écraser moins sur la route

Vous êtes-vous déjà senti le Maître du Monde ? Une sous-merde ?

ni l'un ni l'autre

Comment aimeriez-vous mourir ? Enterré ou incinéré ?

dans mon coin, délaissée, pour ne faire de peine à personne. incinérée, il n'y a pas assez de place sur terre pour tous les vivants, cessons de laisser les morts piquer de la place !

La phrase que vous ne supportez pas d'entendre ?

je ne peux pas venir

Quel est le mot que vous ne supportez pas d'entendre ?

aïe

Combien avez-vous d'argent sur vous ?

8,54 €

Ce qui vous est le plus indispensable pour vous endormir ?

la sensation d'être en sécurité : porte fermée à clé, couette bien enroulée autour de moi

Votre plus grosse erreur ?

répondre à cet interminable questionnaire !!!

Votre image des vacances ?

soleil, plage déserte et une main sur mon dos

Ajouteriez-vous " l'amour " à la Déclaration des Droits de l'Homme ?

oui, et à celle des droits de l'enfant également

Le dandysme est-il supérieur au snobisme ?

franchement, on s'en balance

Vous recevez un superbe cadeau de la part de quelqu'un que vous n'appréciez pas, vous l'acceptez ou non ?

non

Est-ce que la beauté est signe d'intelligence ?

malheureusement non, sinon on épouserait ceux et celles avec qui on couche -)))






Par charlie - Publié dans : listes
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Dimanche 25 mars 2007 7 25 /03 /2007 13:18

chapitre 5 : rendez-vous

Mademoiselle n'ayant pas froid aux yeux, elle décide rapidement de se lancer dans le contact réel, et de se frotter à la réalité. Fantasmer de longues heures sur tel ou tel contact virtuel ne l'avancera à rien, elle le sait bien, puisque sa construction mentale a fort peu de chances de s'accorder à la vraie personne. autant sauter le pas le plus vite possible.

aussitôt dit, aussitôt fait.

mademoiselle fixe un rencard à 4 de ses contacts les plus appréciés, en 4 endroits et jours différents.

lundi : le jour du premier rendez-vous arrive. mademoiselle passe une bonne heure à réfléchir à sa tenue : il lui faut quelque chose qui la mette en valeur, sans être tape-à-l'oeil, ni pour autant la transformer en souris invisible. une fois cette délicate étape passée, mademoiselle se dit que la tenue parfaite trouvée, il faudra la décliner toute la semaine pour les autres rencontres. juste avant de partir, elle relit la fiche de "bogossepourtoi", ainsi que ses notes personnelles, pour éviter les gaffes. bogosse n'a pas fourni de photo, c'est donc à l'aide de signes distinctifs précis que mademoiselle le reconnaîtra. elle-même n'a donné aucune indication, s'offrant ainsi une possible porte de sortie si le bogosse s'avérait mité. un grand moment de flottement s'ensuit une fois au restaurant, car ils sont 3 hommes seuls attablés devant une bière avec un journal plié... mademoiselle écoute son coeur, et se dirige vers l'un d'eux : bonne pioche ! voilà qui augure bien... le gentil christophe est en effet beau gosse, très beau gosse. il est nerveux comme quelqu'un qui n'est pas coutumier de ce genre de rencontres, ce qui ne peut que flatter l'ego de mademoiselle. il est intelligent, drôle, et très attirant. tout se passe plutôt bien jusqu'au dessert. le bogosse paye l'addition (+ 10 points sur sa fiche), et propose de profiter de la douceur de la soirée pour faire quelques pas en conversant. mademoiselle accepte sans hésiter. ce n'est qu'au bout de 20 minutes que les choses commencent à se gâter. christophe explique sa foi profonde, et à quel point il souhaite rencontrer une femme qui partage ses convictions. christophe est contre l'usage de la contraception, christophe est prêt à concevoir autant d'enfants que dieu jugera bon de lui octroyer, christophe ne souhaite pas que sa femme travaille. réfrénant une envie terrible de s'enfuir à toutes jambes, mademoiselle prend congé le plus gentiment possible, et rentre chez elle en soupirant.

mercredi : le candidat de ce soir est incroyablement beau, un vrai top-model, si l'on en croit la photo de son profil. mademoiselle a d'ailleurs longuement hésité avant d'accepter une rencontre, de peur qu'il ne la trouve pas à la hauteur. mais elle a finalement opté pour l'utilisation du "qui ne tente rien n'a rien". elle scrute la porte d'entrée du bar, mais ne voit pas l'apollon entrer. d'où son sursaut de surprise quand un petit être insignifiant l'aborde, et se présente comme le fameux fabrice. sans aucune vergogne, il explique à mademoiselle qu'il faut une photo à tout prix pour gagner l'intérêt des filles sur le site. il a donc pris une photo trouvée sur le net et se l'est appropriée. il ne peut pas mettre sa propre photo, car il est marié et père de famille. fabrice ne cherche qu'à se dégoter une ou plusieurs maîtresses pour pimenter un peu sa morne vie de comptable. mademoiselle prétexte une envie naturelle pour prendre la poudre d'escampette.

vendredi : après 30 minutes d'attente, mademoiselle se rend à l'évidence, "charming_trentenaire" ne viendra pas. au cours des semaines suivantes, ils se donneront 12 rendez-vous dont 10 avorteront pour des prétextes plus ou moins crédibles, parfois quelques minutes à peine avant l'heure prévue. dommage, car mademoiselle accrochera vraiment avec lui, prête à se donner dans l'heure. elle finira par laisser tomber, n'ayant jamais réussi à comprendre si sa façon d'agir tenait à ce qu'il n'avait pas envie de faire d'efforts pour une fille qu'il ne saute pas, ou si c'est la trop forte attirance mutuelle qui le terrifie.

samedi : le type est odieux, il explique à mademoiselle qu'il n'a que 30 minutes à lui accorder, il optimise son temps en fixant des RDV aux filles du site toutes les 45 minutes, tous les 15 jours. mademoiselle croit comprendre qu'elle est la 29e rencontre à ce jour, aucune n'ayant donné lieu à une quelconque suite, car, comme il le lui dit si froidement "il est très exigeant en matière de relationnel". une impression fort désagréable d'être à un entretien d'embauche face à un recruteur acariâtre envahit mademoiselle. la coupe est pleine quand ce con ose lui demander si dans sa famille les femmes ont tendance à grossir beaucoup après une grossesse. mademoiselle se lève, lui balance son coca en pleine figure, et se barre en lui laissant le soin de trouver une explication pour la suivante.

Par charlie - Publié dans : vie quotidienne
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Mercredi 21 mars 2007 3 21 /03 /2007 17:00

chapitre 4 : décodage

comme toute communauté, virtuelle ou réelle, le site de rencontres a ses tics de langage, et surtout ses pièges lexicaux à éviter.

mademoiselle s'est amusée à en lister quelques-uns, à l'usage des autres filles, pour leur éviter des désagréments désagréables (ça sonne bien, non ?). n'en déplaise à certains (hein, le grunge ?), la tromperie délibérée est quand même plus souvent le fait des hommes !

- encore fringant : papy un peu beauf qui pense faire djeun's en arborant un jogging informe, et des baskets jaune fluo

- plutôt mignon : un jour, en classe de 4e, la bimbo de la classe lui a lancé "non, machin, je ne veux pas sortir avec toi, même si t'es plutôt mignon". depuis, machin s'accroche à cette idée, mauvaise pioche.

- fragile : des euphorisants le matin au réveil, des vitamines au déjeuner, un prozac par-ci, par-là, des somnifères le soir. ce type est une pharmacie ambulante, et ne se déplace jamais sans un minimum de 4 paquets de kleenex, pour les crises d'angoisses subites.

- un peu enrobé : obèse en plein déni

- je pense à toi jour et nuit : ainsi qu'aux 19 autres femmes avec qui j'entretiens une communication électronique depuis 1 an

- situation familiale compliquée, en voie de se résoudre : marié, toc

- tolérant et large d'esprit la plupart du temps : n'a rien contre les homos, les juifs, les noirs, les arabes, les chiens...tant qu'ils se tiennent loiiiiiiiiiiiiiiin de lui

- résolument romantique : attendra le 2e RDV réel pour essayer de glisser une main calleuse dans le soutif de mademoiselle

- j'te kiffe trop grave : ado qui se fait passer pour son père (ou qui a piraté le compte de son père). ou pire, père qui se prend pour un ado et qui se pointera au RDV en scooter, tatoué et piercé de partout, en t-shirt indiquant "fuck le world". mouais, à 50 ans, mademoiselle kiffe moyen le genre

- toi et moi, c'est pour longtemps : sauf si la blonde à forte poitrine, prénommée kirsten, répond à son message de bienvenue

- il ne tient qu'à vous, douce amie, que nos charmantes relations épistolaires passent enfin au céleste bonheur du tactile : quand est-ce que je te saute ?

- j'ai une très bonne situation dans un endroit qui compte : fonctionnaire aux impôts

- j'ai troi doctorat de phylo, de mathes et de letre : bac moins 12

- roses are red, violets are blue, you make me happy, I think I love you : pioche ses idées dans les lettres envoyées par sa correspondante écossaise entre 1978 et 1982

- quelques soucis dans mes rapports avec les autres : sociopathe total, puceau de surcroit

mademoiselle pourrait continuer ainsi pendant longtemps, mais vous avez compris le principe : plus le zig prétend faire dans la sincérité, et moins vous devez lui faire confiance.

allez, draguez, mais sortez couverts !

Par charlie - Publié dans : vie quotidienne
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Mercredi 21 mars 2007 3 21 /03 /2007 16:55

ému de l'auditoire international que touche ce blog, mon petit bartaba n'a pu s'empêcher de nous pondre un nouvel opus forumesque. d'ailleurs, nous ne sommes pas d'accord, je le trouve très mélancolique. pas lui. j'attends vos commentaires, en direct sur le blog pour les plus courageux, par mail pour les plus timides. départagez-nous !

Des visages et des figures 
Rite de passage
Ça y est : le jeune forumeur, que nous suivons depuis quelques temps déjà, a franchi le Rubicon : il a rencontré ses congénères forumeurs.
Soit parce qu’il a cédé à sa nature première, constitutive de tout être vivant non perverti par des conventions sociales allant à l’encontre de l’état de nature, que l’on peut résumer par la maxime suivante : la vie attire la vie.
Soit après un duel titanesque entre le yin et le yang de sa personnalité, la curiosité insatiable de « l’être social » alliée au besoin de briser le halo mystérieux du masque virtuel, luttant contre les élans de misanthropie, la peur du malaise, et l’amorphie chronique symptomatique de notre époque post-moderne…
Enfin n’oublions pas le cas du forumeur pour lequel cette rencontre du troisième type a toujours été un objectif premier, ne voyant dans le forum qu’un lieu de chasse et de pêche moins bruyant que les boîtes de nuit : la rencontre étant donc la concrétisation de mois d’efforts sur le forum pour se bâtir une identité lui permettant d’emballer – voire de conclure – dès le premier soir.
L’après-midi ou la soirée de rencontre, si ce moment est institué par le forum, apparaît alors comme un rite de passage : le nouveau membre est intronisé dans le cercle des assidus du forum, un « noyau dur » finalement assez restreint mais hétéroclite, mêlant les anciens du Cartel, les jeunes du Clan, les Tarzan autarciques, ceux qui sont l’Histoire du forum et d’autres qui ne feront que passer dans l’Histoire du forum.
Quelle que soit sa motivation et le succès qu’il emportera (ou non), le jeune forumeur rencontrera, et se retrouvera lui-même dans l’une ou l’autre catégorie, des visages ou des figures.
Des visages
Soirée de l’étrange, dans la foultitude, on croise des visages, sans voir tout le monde. Rester assis à sa place, ou tourner autour de la table, fixe ou mobile, on se laisse porter par l’envie, par le mouvement général, ou pas. Et tout autour, des visages que l’on aura à peine le temps de voir. Des paroles que l’on n’aura pas vraiment entendues. Des visages se surimpriment sur notre iris et semblent s’estomper aussitôt, tant d’autres nous accaparent. Ces visages, ils traversent notre champ de vision sans qu’on les regarde vraiment. Sans le faire exprès. Après, on se demande même si simplement on les a vus.
On ne peut les peindre tous, ni s’attacher à chacun. Les visages passent, peut-être certains d’entre eux nous dévisagent, curieux, envieux. Forcément.
Des figures
Soirée des étranges, dans la foultitude, on s’arrête sur des figures. Elles émergent, hors des flots, d’elles-mêmes. Chacune est une apparition, qui saisit notre regard. De chacune émane comme une attraction, qui nous capte. Si on ne peut s’en approcher, on en gardera le souvenir gravé. Si on peut s’en rapprocher – on le fait – on entre dans la farandole de ces remarquables : un personnage, une tronche, une singularité, un décalage, une touche. On saisit une part d’insaisissable, dans ces volatiles volubiles. On devient mouvement. De la proue à la poupe, on navigue, incessant et insatiable va-et-vient. On « consomme » ces figures, telles des denrées rares, sucrées, salées, fruitées, chamarrées.
Les figures rendent les visages flous, on n’y peut rien. On pénètre dans leur giron, et on découvre aussi sa propre étoffe. Un peu oublieux. Forcément. 
« Des visages, des figures
dévisagent, défigurent
des figurants à effacer
des faces A, des faces B » 
Mais pas seulement.
Par charlie - Publié dans : invités et pub
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