Vendredi 25 juillet 2008
chaque année, à la même époque, nous sommes des milliers à prendre la route, pour s'offrir enfin ces vacances dont nous avons rêvé toute l'année.
la bataille fait rage entre juillettistes et aoûtiens depuis des décennies (quoique les phénomènes de réchauffement de la planète ont eu tendance ces dernières années à mettre tout le monde d'accord "y'a plus de saisons, ma brave dame"). mais au fond, c'est pour tout le monde pareil. on bourre la voiture jusqu'à la gueule de valises, de draps, de boîtes de conserve (au prix où c'est là-bas, mieux vaut prévoir sa bouffe et passer chez lidl avant de partir). les vélos sont solidement arrimés à l'arrière, et les planches de surf prennent un avant-goût de vent sur le toît. le jour se lève, et zou ! on y va !
monsieur a réfléchi, prévu les itinéraires, choisi une heure de départ suite à de savants calculs, pour se montrer plus malin que tous les autres et éviter les encombrements. du temps perdu, d'ailleurs, puisque de toute façon, on aura droit aux bouchons quand même à un moment ou un autre. madame grogne que c'était bien la peine de la bassiner depuis 3 semaines si c'est pour se retrouver au pas sur une nationale merdique. les mômes ont mal au coeur à cause des virages, et ont envie de faire pipi. à la 19e fois que le plus jeune lance "on est bientôt arrivés ?", monsieur descend de la voiture et lui cogne une baffe sous le regard désapprobateur du jeune couple sans enfants derrière.
bien sûr, ça ne change pas grand-chose, car il va falloir supporter les ululements du gniard pendant une bonne heure, et les réflexions aigre-douces de madame qui n'en revient pas d'avoir épousé un con pareil. mais au moins ça défoule !
après 8 h de route exténuante, on arrive enfin... un petit paradis , une résidence composée de bungalows laids et tristes, avec piscine privée. il faut faire abstraction du fait que c'est minuscule, que les chambres donnent sur la nationale où semblent se donner rendez-vous tous les poids-lourds de la création dès 7h du matin, et que les plus proches voisins sont une bande de jeunes bruyants.
on s'installe, vite fait, puisque de toute façon il n'y a pas la place de vider les valises, et on file à la plage.
aussitôt, madame se tartine d'huile bronzage intense, tant elle a honte de la lividité de sa peau, comparée à celle de ses voisines. elle prend une pose avantageuse qui gomme les bourrelets et affine le cuissot. bon, cela rend la moindre activité douloureuse et difficile, mais on s'en fout ! ces 15 jours de vacances coûtent presque un mois de salaire, alors bordel, il faut revenir avec des preuves qu'on a fait partie de ces veinards qui ont transhumé avec l'été ! et quelle meilleure preuve qu'un épiderme caramel ?
hélas, c'est rouge écrevisse que finit l'épiderme sus-nommé, peu habitué aux rayons ardents du soleil méditérranéen, interdisant de se déshabiller sur la plage pendant au moins 3 jours.
monsieur, quant à lui, est un homme un vrai. il ne met pas de crème du tout. il finit tout aussi brûlé, mais chez les hommes, il parait que c'est un signe de virilité. les gosses, eux, tartinés de protection 50 toutes les 30 minutes, protégés du soleil par bob et t-shirt entre 12 h et 16h, et toujours en action, finissent avec un superbe bronzage dont on décèle les traces jusqu'au mois de novembre.
la grande question des vacances à la plage est de savoir comment occuper ses journées. madame a fait une large provision de mots croisés, fléchés, casés, mêlés, sudokus et autres. les romans de l'été ont suivi également, et alourdissent le panier de plage (pourquoi faut-il donc que les romans de l'été soient toujours des pavés de 700 pages, on se le demande). les pages sont vite graisseuses d'huile solaire, de marques de beignets et de coulures de chocolat. le sable s'insinue partout. et comme de toute façon, la chaleur et le ronronnement des vagues donne envie de dormir, le bouquin se glisse sous la serviette pour servir d'oreiller et la revue de mots croisés sert d'éventail. en faisant semblant de dormir, madame zieute : poitrines dénudées, strings avantageurs, jambes fuselées, naïades superbes. monsieur ne doit pas se douter à quel point elle se sent laide et grosse comparée à toutes ces beautés.
monsieur dédaigne ces activités pseudo-intellectuelles. sous couvert de surveiller les petits, il reste assis bien droit, pour mettre ses abdos en valeur, et scanne la plage de l'oeil féroce du prédateur. il zieute sans vergogne derrière ses verres fumés : poitrines dénudées, strings avantageurs, jambes fuselées, naïades superbes. rien ne lui échappe. et madame ne peut rien dire, ni se douter de rien, il surveille les gosses ! il rêve secrètement à ce que pourrait donner le même séjour sans bobonne et les gnomes. il grimpe madame le soir en pensant à la petite poulette de 25 ans qui a passé la journée à 2 mètres d'eux, tétons dressés au vent.
ça s'engueule presque tous les soirs, parce que monsieur a la main un peu trop facile sur les petits verres de rosé du pays ou que la viande au barbecue est trop cuite.
et les jours passent... trop vite.
il est déjà temps de rentrer, le coeur secrètement empli de regrets et d'aigreurs inexplicables. les gosses tout le long du trajet de retour. ils se sont éclatés, ont bien profité, en toute insouciance, pendant que les adultes ont été renvoyés à leurs propres névroses.
à l'année prochaine !
toute dissemblance avec le moi que vous connaissez n'est que normale, je suis passée du côté obscur.
la bataille fait rage entre juillettistes et aoûtiens depuis des décennies (quoique les phénomènes de réchauffement de la planète ont eu tendance ces dernières années à mettre tout le monde d'accord "y'a plus de saisons, ma brave dame"). mais au fond, c'est pour tout le monde pareil. on bourre la voiture jusqu'à la gueule de valises, de draps, de boîtes de conserve (au prix où c'est là-bas, mieux vaut prévoir sa bouffe et passer chez lidl avant de partir). les vélos sont solidement arrimés à l'arrière, et les planches de surf prennent un avant-goût de vent sur le toît. le jour se lève, et zou ! on y va !
monsieur a réfléchi, prévu les itinéraires, choisi une heure de départ suite à de savants calculs, pour se montrer plus malin que tous les autres et éviter les encombrements. du temps perdu, d'ailleurs, puisque de toute façon, on aura droit aux bouchons quand même à un moment ou un autre. madame grogne que c'était bien la peine de la bassiner depuis 3 semaines si c'est pour se retrouver au pas sur une nationale merdique. les mômes ont mal au coeur à cause des virages, et ont envie de faire pipi. à la 19e fois que le plus jeune lance "on est bientôt arrivés ?", monsieur descend de la voiture et lui cogne une baffe sous le regard désapprobateur du jeune couple sans enfants derrière.
bien sûr, ça ne change pas grand-chose, car il va falloir supporter les ululements du gniard pendant une bonne heure, et les réflexions aigre-douces de madame qui n'en revient pas d'avoir épousé un con pareil. mais au moins ça défoule !
après 8 h de route exténuante, on arrive enfin... un petit paradis , une résidence composée de bungalows laids et tristes, avec piscine privée. il faut faire abstraction du fait que c'est minuscule, que les chambres donnent sur la nationale où semblent se donner rendez-vous tous les poids-lourds de la création dès 7h du matin, et que les plus proches voisins sont une bande de jeunes bruyants.
on s'installe, vite fait, puisque de toute façon il n'y a pas la place de vider les valises, et on file à la plage.
aussitôt, madame se tartine d'huile bronzage intense, tant elle a honte de la lividité de sa peau, comparée à celle de ses voisines. elle prend une pose avantageuse qui gomme les bourrelets et affine le cuissot. bon, cela rend la moindre activité douloureuse et difficile, mais on s'en fout ! ces 15 jours de vacances coûtent presque un mois de salaire, alors bordel, il faut revenir avec des preuves qu'on a fait partie de ces veinards qui ont transhumé avec l'été ! et quelle meilleure preuve qu'un épiderme caramel ?
hélas, c'est rouge écrevisse que finit l'épiderme sus-nommé, peu habitué aux rayons ardents du soleil méditérranéen, interdisant de se déshabiller sur la plage pendant au moins 3 jours.
monsieur, quant à lui, est un homme un vrai. il ne met pas de crème du tout. il finit tout aussi brûlé, mais chez les hommes, il parait que c'est un signe de virilité. les gosses, eux, tartinés de protection 50 toutes les 30 minutes, protégés du soleil par bob et t-shirt entre 12 h et 16h, et toujours en action, finissent avec un superbe bronzage dont on décèle les traces jusqu'au mois de novembre.
la grande question des vacances à la plage est de savoir comment occuper ses journées. madame a fait une large provision de mots croisés, fléchés, casés, mêlés, sudokus et autres. les romans de l'été ont suivi également, et alourdissent le panier de plage (pourquoi faut-il donc que les romans de l'été soient toujours des pavés de 700 pages, on se le demande). les pages sont vite graisseuses d'huile solaire, de marques de beignets et de coulures de chocolat. le sable s'insinue partout. et comme de toute façon, la chaleur et le ronronnement des vagues donne envie de dormir, le bouquin se glisse sous la serviette pour servir d'oreiller et la revue de mots croisés sert d'éventail. en faisant semblant de dormir, madame zieute : poitrines dénudées, strings avantageurs, jambes fuselées, naïades superbes. monsieur ne doit pas se douter à quel point elle se sent laide et grosse comparée à toutes ces beautés.
monsieur dédaigne ces activités pseudo-intellectuelles. sous couvert de surveiller les petits, il reste assis bien droit, pour mettre ses abdos en valeur, et scanne la plage de l'oeil féroce du prédateur. il zieute sans vergogne derrière ses verres fumés : poitrines dénudées, strings avantageurs, jambes fuselées, naïades superbes. rien ne lui échappe. et madame ne peut rien dire, ni se douter de rien, il surveille les gosses ! il rêve secrètement à ce que pourrait donner le même séjour sans bobonne et les gnomes. il grimpe madame le soir en pensant à la petite poulette de 25 ans qui a passé la journée à 2 mètres d'eux, tétons dressés au vent.
ça s'engueule presque tous les soirs, parce que monsieur a la main un peu trop facile sur les petits verres de rosé du pays ou que la viande au barbecue est trop cuite.
et les jours passent... trop vite.
il est déjà temps de rentrer, le coeur secrètement empli de regrets et d'aigreurs inexplicables. les gosses tout le long du trajet de retour. ils se sont éclatés, ont bien profité, en toute insouciance, pendant que les adultes ont été renvoyés à leurs propres névroses.
à l'année prochaine !
toute dissemblance avec le moi que vous connaissez n'est que normale, je suis passée du côté obscur.
Par charlie
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Publié dans : vie quotidienne
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