Samedi 31 mai 2008
les lecteurs assidus de ce blog l'ont compris depuis longtemps : j'ai la poisse ! l'avantage indéniable de cet état de fait, c'est que je suis toujours préparée au
pire, et ne suis donc jamais prise au dépourvu quand le pire arrive. le dernier exemple en date est ce sms lapidaire de rupture reçu la semaine dernière. là où d'autres se seraient effondrées, je
me suis simplement autocongratulée d'avoir tout le temps gardé en tête que le pire restait à venir, et qu'il n'y avait aucune raison qu'il n'en soit pas ainsi.
bref, le week-end dernier, c'était la fête des mères. il y a quelques années de ça, ma fille avait amoureusement confectionné à la maternelle un magnifique collier de nouilles peintes à la peinture dorée. pendant des semaines et des semaines, il a fallu que je porte cette abomination à chaque fois que je sortais quelque part. au moindre signe de transpiration, la peinture dégoulinait sur moi. ça a été long avant que suffisamment de nouilles soient cassées pour que la créatrice décrête enfin qu'en effet il était temps de le mettre au rencart. j'ai un peu aidé la nature en cassant subrepticement un morceau par-ci, par-là.
encore sous le trauma de cette expérience, je me suis jurée que jamais au grand jamais je n'infligerai ça aux mamans de mes petits élèves. et j'ai tenu parole. il faudrait vraiment que toutes les mamans soient odieuses toute l'année pour que je me venge comme ça !
cette année, j'avais opté pour un classique indémodable qui plait beaucoup aux mamans, et qui est facile à réaliser pour les enfants : l'empreinte de main. le plâtre étant parfois difficile à manipuler pour les plus jeunes, j'ai acheté un miracle de la technologie moderne, j'ai nommé la pâte à modeler qui durcit à l'air.
15 jours avant le jour J, les enfants ont fait leurs empreintes (notez au passage l'instit très organisée qui n'est pas à la bourre sur son programme). nous les avons mises à sécher devant les fenêtres et avons vaqué à nos occupations tout le reste de la semaine.
le lundi suivant, les mains étaient encore très très très molles, et des 2 côtés. je me suis trouvée devant un dilemme : prier très fort pour qu'elles durcissent à temps ou trouver rapido presto un plan B acceptable.
connaissant la sale manie de la vie de me mettre des bâtons dans les roues, j'ai joué la sécurité. gardons donc les mains pour la fête des pères, et trouvons une idée de génie, un truc rapide à faire, joli et qui fasse autant plaisir aux mamans qu'aux petits ! m'exclamai-je en mon for intérieur (j'aime beaucoup m'exclamer dans mon for intérieur. j'ai déjà essayé dans mon for extérieur, mais on me lance des regards bizarres).
en grattant dans les réserves des unes et des autres, j'ai déniché le nombre nécéssaire de petites boîtes rondes en carton à décorer. avec enthousiasme, les enfants, d'accord avec moi (ouf !) ont entrepris de décorer leur boîte.
comme je suis une enseignante hors-pair (ça fait toujours du bien les compliments, et vu que ni les parents ni la hiérarchie ne nous en font, je me les fais toute seule, na !), j'ai agrémenté tout ça d'une dimension affective et tendre. la boîte est devenue une boîte à bisous. chaque enfant a mis du rouge à lèvres, déposé un bisou d'amour pour sa maman sur un papier, et caché le papier dans la boîte.
le jeudi précédent la fête des mères, presque toutes les boîtes étaient prêtes. j'ai passé 1 h 1/2 à emballer les boîtes dans un délicieux papier cadeau aux motifs naïfs et enfantins. j'ai fait des paquets en forme de bonbon, avec du bolduc frisé au ciseau. c'était mignon comme tout, et j'étais toute attendrie à l'idée de la joie qu'allaient avoir mes petits en tendant les paquets aux mamans.
et puis, je me suis aperçue que j'avais omis de noter au fur et à mesure sur les paquets le nom de l'enfant. j'avais devant moi tous ces paquets, et aucun moyen de savoir à qui les donner. j'ai bien essayé de voir à travers le papier au jour, à la lumière artificielle, en écartant un peu (ça se déchire pour un rien le papier cadeau, c'est une horreur).
et pas la peine d'imaginer refiler les boîtes au hasard. déjà, parce que le nom de chaque enfant était écrit sur le fond de ma plus belle écriture. mais aussi parce que, même si les boîtes avaient été anonymes, les enfants savent très bien ce qui est à eux. là ou l'adulte lambda voit 25 fois la même chose, les gamins, eux, reconnaissent du premier coup d'oeil leur oeuvre.
j'ai donc passé ma soirée à dépioter les boîtes à bisous, puis à les réemballer aussi amoureusement. pas de raison d'y mettre moins d'ardeur, après tout, tout était de ma faute. quand je vous dis que je suis une nana formidable.
mais n'allez pas penser que la poisse s'est arrêtée là ! ça serait sous-estimer mes capacités à attirer les catastrophes !
en plus des boîtes, chaque enfant avait décoré de soleils multicolores une carte en forme de coeur. j'avais écrit au dos de la carte l'adresse de chaque maman, les enfants ont timbré sous ma houlette, et nous sommes allés tous ensemble poster les cartes (40 minutes aller-retour pour aller à la poste à 400m de là, record battu !)
voilà donc 25 cartes assez grandes et distinctives, postées en même temps, au même endroit, partant toutes dans le quartier. et bien, la poste a trouvé le moyen d'en perdre une...
une semaine après, le petit bout inconsolable en parle encore. pffff
et les mains en pâte à modeler dans tout ça ?
elles ne sont toujours pas sèches, moins molles qu'avant, mais encore trop molles. je sens que la fête des pères va aussi nécessiter un plan B à ce rythme. soit je ne refais plus ce genre de trucs, soit je commence la fête des mères à noël !
bref, le week-end dernier, c'était la fête des mères. il y a quelques années de ça, ma fille avait amoureusement confectionné à la maternelle un magnifique collier de nouilles peintes à la peinture dorée. pendant des semaines et des semaines, il a fallu que je porte cette abomination à chaque fois que je sortais quelque part. au moindre signe de transpiration, la peinture dégoulinait sur moi. ça a été long avant que suffisamment de nouilles soient cassées pour que la créatrice décrête enfin qu'en effet il était temps de le mettre au rencart. j'ai un peu aidé la nature en cassant subrepticement un morceau par-ci, par-là.
encore sous le trauma de cette expérience, je me suis jurée que jamais au grand jamais je n'infligerai ça aux mamans de mes petits élèves. et j'ai tenu parole. il faudrait vraiment que toutes les mamans soient odieuses toute l'année pour que je me venge comme ça !
cette année, j'avais opté pour un classique indémodable qui plait beaucoup aux mamans, et qui est facile à réaliser pour les enfants : l'empreinte de main. le plâtre étant parfois difficile à manipuler pour les plus jeunes, j'ai acheté un miracle de la technologie moderne, j'ai nommé la pâte à modeler qui durcit à l'air.
15 jours avant le jour J, les enfants ont fait leurs empreintes (notez au passage l'instit très organisée qui n'est pas à la bourre sur son programme). nous les avons mises à sécher devant les fenêtres et avons vaqué à nos occupations tout le reste de la semaine.
le lundi suivant, les mains étaient encore très très très molles, et des 2 côtés. je me suis trouvée devant un dilemme : prier très fort pour qu'elles durcissent à temps ou trouver rapido presto un plan B acceptable.
connaissant la sale manie de la vie de me mettre des bâtons dans les roues, j'ai joué la sécurité. gardons donc les mains pour la fête des pères, et trouvons une idée de génie, un truc rapide à faire, joli et qui fasse autant plaisir aux mamans qu'aux petits ! m'exclamai-je en mon for intérieur (j'aime beaucoup m'exclamer dans mon for intérieur. j'ai déjà essayé dans mon for extérieur, mais on me lance des regards bizarres).
en grattant dans les réserves des unes et des autres, j'ai déniché le nombre nécéssaire de petites boîtes rondes en carton à décorer. avec enthousiasme, les enfants, d'accord avec moi (ouf !) ont entrepris de décorer leur boîte.
comme je suis une enseignante hors-pair (ça fait toujours du bien les compliments, et vu que ni les parents ni la hiérarchie ne nous en font, je me les fais toute seule, na !), j'ai agrémenté tout ça d'une dimension affective et tendre. la boîte est devenue une boîte à bisous. chaque enfant a mis du rouge à lèvres, déposé un bisou d'amour pour sa maman sur un papier, et caché le papier dans la boîte.
le jeudi précédent la fête des mères, presque toutes les boîtes étaient prêtes. j'ai passé 1 h 1/2 à emballer les boîtes dans un délicieux papier cadeau aux motifs naïfs et enfantins. j'ai fait des paquets en forme de bonbon, avec du bolduc frisé au ciseau. c'était mignon comme tout, et j'étais toute attendrie à l'idée de la joie qu'allaient avoir mes petits en tendant les paquets aux mamans.
et puis, je me suis aperçue que j'avais omis de noter au fur et à mesure sur les paquets le nom de l'enfant. j'avais devant moi tous ces paquets, et aucun moyen de savoir à qui les donner. j'ai bien essayé de voir à travers le papier au jour, à la lumière artificielle, en écartant un peu (ça se déchire pour un rien le papier cadeau, c'est une horreur).
et pas la peine d'imaginer refiler les boîtes au hasard. déjà, parce que le nom de chaque enfant était écrit sur le fond de ma plus belle écriture. mais aussi parce que, même si les boîtes avaient été anonymes, les enfants savent très bien ce qui est à eux. là ou l'adulte lambda voit 25 fois la même chose, les gamins, eux, reconnaissent du premier coup d'oeil leur oeuvre.
j'ai donc passé ma soirée à dépioter les boîtes à bisous, puis à les réemballer aussi amoureusement. pas de raison d'y mettre moins d'ardeur, après tout, tout était de ma faute. quand je vous dis que je suis une nana formidable.
mais n'allez pas penser que la poisse s'est arrêtée là ! ça serait sous-estimer mes capacités à attirer les catastrophes !
en plus des boîtes, chaque enfant avait décoré de soleils multicolores une carte en forme de coeur. j'avais écrit au dos de la carte l'adresse de chaque maman, les enfants ont timbré sous ma houlette, et nous sommes allés tous ensemble poster les cartes (40 minutes aller-retour pour aller à la poste à 400m de là, record battu !)
voilà donc 25 cartes assez grandes et distinctives, postées en même temps, au même endroit, partant toutes dans le quartier. et bien, la poste a trouvé le moyen d'en perdre une...
une semaine après, le petit bout inconsolable en parle encore. pffff
et les mains en pâte à modeler dans tout ça ?
elles ne sont toujours pas sèches, moins molles qu'avant, mais encore trop molles. je sens que la fête des pères va aussi nécessiter un plan B à ce rythme. soit je ne refais plus ce genre de trucs, soit je commence la fête des mères à noël !
Par charlie
-
Publié dans : mésaventures
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander

vous répondez