Jeudi 3 janvier 2008
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dans le dictionnaire des synonymes, pour l'adjectif
ivre, on propose :
aviné, beurré, bituré,
blindé, bourré, brindezingue, bu,
cané, cuit,
cuité, dans les vignes du Seigneur, éméché, émoustillé, ému, en brosse,
en goguette, enivré, enragé,
entre deux vins, fou, gai, gris, grisé,
hourdé, imbriaque, mort,
mûr, paf,
pâmé, parti, pété,
pinté, plein, poivré,
pompette, pris de boisson, rétamé, rond,
schlass, soûl.
et on pourrait en ajouter encore beaucoup d'autres.
pour l'adjectif
sobre, voici ce qui est donné :
abstinent,
continent,
mesuré,
modéré,
retenu,
tempérant.
c'est assez parlant, non ?
dans ces journées post-agapes où bon nombre de personnes cuvent encore leur mal au crâne, et n'en finissent pas avec la gueule de bois, un petit tour d'horizon des manifestations de l'ébriété me
semble de mise.
les gens paf se déclinent en plusieurs catégories :
-
les avinés tristes, ceux qui passé le 2e verre de vin se rémémorent tous leurs malheurs passés et ne peuvent s'empêcher de pleurer sur toutes les épaules qui passent, fripant
ainsi nombre de vestes de costards et d'épaulettes de robes. un malheur n'arrivant jamais seul, ils ont tendance à lever la tête pour parler bien en face de la tête qui surmonte l'épaule
précédemment citée. le (la) pauvre victime se voit donc dans l'obligation de respirer à bout portant les émanations alcoolisées qui s'échappent de la bouche du pleureur. et pour peu que le repas
aie comporté de l'ail, je vous laisse imaginer la joie que c'est d'être confronté à cette catégorie.
bizarrement, l'aviné triste est rarement une personne déprimée dans la vie sobre. ses malheurs remontent souvent à trop longtemps pour qu'il les prenne lui-même très au sérieux. on s'en débarrasse
donc heureusement assez facilement. l'aviné triste change de victime et d'épaule plusieurs fois dans la soirée pour finalement finir échouer sur un fauteuil ou un canapé, à se moucher dans ses
manches.
- les avinés très très gais, ceux pour qui ivresse rime toujours avec rire. ils peuvent se pochetronner sans vergogne parce que leur conjoint vient de les plaquer, cela ne les
empêchera pas de hurler de rire au 4e whisky. quoiqu'il se passe autour d'eux, ils rient. ils finissent d'ailleurs souvent au poste pour outrage à agent parce qu'ils n'ont pas pu s'empêcher de
ricaner pendant le contrôle de police.
de prime abord, l'aviné très très gai est un convive agréable. il vous fait vous sentir drôle, puisque, contrairement à la majorité de vos pairs humains, il rit à gorge déployée à chacune de vos
blagues. et ce pendant 10 minutes à chaque fois. mais au bout de 3 heures de ce régime, ça commence à devenir un peu lourdingue. surtout qu'il continue à rire pendant l'évacuation par les pompiers
de sa femme (allergique aux arachides) en plein oedème de quincke.
- les avinés hystériques, le plus souvent des femmes, hélas, qui perdent toute espèce de mesure et d'inhibition à mesure que le taux d'alcool dans leur sang augmente. plus la
persoone est calme et réservée en temps normal, et plus la perte de contrôle sera spectaculaire. les hommes aiment particulièrement avoir une avinée hystérique dans les soirées, elle fait toujours
un truc ou un autre qui les mettra en joie : montrer ses seins, se laisser un peu tripoter, mimer une fellation... mais même le plus trivial des hommes finit par en avoir assez de se prendre 200 db
dans les oreilles toutes les 10 secondes, et tout dans les aigüs en plus ! ce qui sauve l'avinée hystérique de tout dérapage, et qui fait qu'elle finit toujours la nuit dans son propre lit,
immolestée, c'est qu'elle est généralement accompagnée d'une copine tempérante ou d'un petit ami rugbyman.
-les avinés geysers, ceux qui assez rapidement ont besoin de vider leurs entrailles avant de pouvoir continuer leurs agapes. ils vomissent soudainement en longs jets fétides, de
préférence sur vos pieds ou sur la moquette blanche du salon. leur faculté de récupération est étonnante : quelques minutes après avoir gerbé partout, ils recommencent à boire et à blaguer. il
faudrait pouvoir les ballader en soirées avec leur seau accroché sous la machoire, comme le picotin des chevaux. un petit sapin désodorisant de voiture serait également le bienvenu.
-les avinés amnésiques, ceux qui ont tout oublié le lendemain, et qui vous regardent avec un air soupçonneux quand vous leur décrivez leurs excès de la veille. limite s'ils ne vous
accusent pas de fabuler ! ces avinés-là doivent être placés sous la protection du même dieu que celui des somnambules, car il ne leur arrive jamais vraiment rien de grave, qu'ils s'endorment en
t-shirt dehors par une température caniculaire de 2°, qu'ils tentent de voler un scooter en pensant qu'il s'agit d'un vélib', ou qu'ils fassent 50 kms d'autoroute pour rentrer chez eux. le plus
injuste, c'est que même leur organisme semble avoir oublié ses excès, car ils sont moins malades le lendemain que les autres.
-les avinés maussades, ceux qui commencent la soirée de boone humeur, ou presque, et qui deviennent de plus en plus boudeurs. ils dénigrent la soirée, la musique, la bouffe, les
alcools (qu'ils s'enfilent pourtant assez largement), les gens... les maussades finissent parfois avec le nez cassé, suite à la rencontre avec un aviné de la catégorie suivante, qui n'a pas
apprécié une remarque de leur part.
-les avinés agressifs, ceux pour qui une bonne soirée se réume à la devise suivante :
bonne bouffe, bonne bibine, bonne bagarre. au moindre prétexte, l'aviné agressif
explose, il hurle, il tempête, il casse, il frappe. son passage rappelle les troupes d'attila, et il est rare qu'il soit réinvité 2 fois par la même personne. mais qu'à cela ne tienne, il écume les
bals et fêtes patronales pour assouvir son besoin de castagne. l'aviné agressif a de plus la fâcheuse habitude de ne se déplacer qu'avec d'autres avinés agressifs. il est recousu de partout, et ne
compte plus ses fractures, car, ayons l'honnêteté de le reconnaître, l'aviné agressif reçoit les coups d'aussi bonne grâce qu'il les donne. et ses récits de beignes reçues sont accompagnées de bons
gros rires ravis.
- les avinés arc-en-ciel, ce sont les pires ! ils combinent un peu de toutes les catégories précédentes, selon le jour, les évènements, le cycle de la lune ou dieu sait quoi
encore. ils sont parfaitement imprévisibles, complètement désagréables et généralement peu habitués à l'alcool, ce qui les rend encore plus redoutables. je ne saurais trop vous conseiller, un fois
que vous avez repéré un arc-en-ciel, de ne lui fournir que du coca ou du jus d'orange, votre survie en dépend !
toute dissemblance avec le moi que vous connaissez n'est que normale, je suis passée du côté obscur.
vous répondez