Mardi 29 avril 2008
2
29
/04
/2008
17:30
à l'exception de quelques personnes plus futées que les autres, les gens ont une facheuse tendance à se reproduire après quelques années de mariage ou de vie en
couple.
on se demande bien pourquoi, d'ailleurs. ils appellent ça "le fruit de leur amour". normalement, un fruit, ça se bouffe.
mais là, attention, pas question de toucher au chérubin.
avec la plus grande stupéfaction, vous voyez alors des fêtards accomplis se transformer insidieusement en bonnets de nuit pantouflards. ce bon pote avec qui vous avez passé d'innombrables nuits de
beuverie à gueuler comme des ânes dans les rues pour réveiller le bourgeois, frôle l'infarctus chaque fois qu'un moucheron bat des ailes à l'autre bout de la maison pendant la sieste du petit.
bon, je veux bien lui accorder que le petit est bien plus sympathique quand il roupille que quand il hurle. mais il devrait y avoir une loi qui fixe les limites de la crétinerie parentale.
avant l'arrivée du monstre miniature, vous vous voyiez minimum 3 soirs par semaine, vous passiez à l'improviste les uns chez les autres. depuis que l'autre gremlin a poussé son premier cri (mais
pas le dernier, loin s'en faut), c'est limite s'il ne faut pas envoyer un recommandé 3 mois avant !
pendant un temps, les heureux parents, débordés mais épanouis, se sont contentés de vivre en autarcie.
mais maintenant que le têtard a un peu grandi (il va sur ses 18 mois tout de même), ils commencent à renâcler de cet esclavage permanent, aux ordres d'un tyran à grosse capacité pulmonaire.
et ils vous annoncent (par téléphone, ils n'ont pas encore passé le cap pour envisager de recevoir du monde dans cette filiale d'aubert qu'est devenue leur baraque) qu'ils ont besoin de se
retrouver à 2. ils envisagent de faire garder le petit pour passer une soirée en tête-à-tête, comme au bon vieux temps de leur vie en amoureux.
ils mettront 3 mois à concrétiser, et à s'organiser une soirée resto puis cinoche. entre temps, ils vous auront confié une fois la prunelle de leurs yeux pendant 2 h, mais ça ne compte pas, c'était
pour aller lui acheter ses cadeaux de noël.
ça y est ! gizmo est chez les grands-parents, et les voilà en route pour un petit italien qui a ouvert depuis peu, et dont on leur a dit le plus grand bien. ils ne connaissent plus trop les restos
du coin, depuis le temps. la petite brasserie qui les a vus échanger leur premier baiser a fermé, remplacée par une solderie.
toutes les conditions sont réunies pour que les tourtereaux passent une bonne soirée, main dans la main, yeux dans les yeux, à causer de tout et de rien, comme aux débuts de leurs amours. enfin,
pas de tout et de rien en réalité. le nain occupe la conversation. il a vomi son 4h, maman s'inquiète un peu. et s'il est vraiment malade, la grand-mère saura s'en occuper à ton avis loulou ?
loulou grogne que ça va aller, mais s'éclipse aux toilettes pour passer un coup de fil subrepticement, et vérifier que tout baigne.
et ils ont beau essayer, tout le long du repas, en fait, ils n'ont plus rien à dire s'ils ne parlent pas du petit.
les sourires sont de plus en plus crispés. les regards se fuient. les mains s'évitent soigneusement.
ils ne prennent pas de dessert, ni de digestif. ils décident de zapper le cinoche, de toute façon dans quelques mois, ça sortira en DVD.
ils rentrent, comme 2 cons, chacun avec la même pensée inavouable dans un recoin de la tête "putain, on va s'emmerder quand il n'y aura plus de gosses à la maison"
c'est sûrement ce soir-là qu'a été prise la décision d'en mettre un 2e en route, pour retarder l'échéance du tête-à-tête conjugal permanent.
toute dissemblance avec le moi que vous connaissez n'est que normale, je suis passée du côté obscur.
Par charlie
-
Publié dans : vie quotidienne
8
-
Recommander
vous répondez