Vendredi 20 juin 2008
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18:28
je ne suis pas franchement une fan des films d'horreur. il faut dire que mon dépucelage horrifique a été assez violent. profitant de l'absence de mes parents pour
quelques jours, aux alentours de 17 ans, j'avais invité toute une bande de copains à passer la soirée chez moi. ils sont venus avec des vidéos, et nous avons regardé à la suite "freddy" et
"amityville". je n'étais pas vraiment à l'aise pendant les films, et encore moins après. une fois le visionnage terminé, tout le monde est rentré sagement chez soi. et je suis restée toute seule,
des images plein la tête.
autant dire que je n'ai pas vraiment dormi cette nuit-là, ni les suivantes d'ailleurs.
depuis lors, j'évite le plus possible les films trop terribles (exception faite de l'excellente série des "scream" et des films de zombies de romero).
pourtant, en tant que femme et mère, je suis régulièrement confrontée à des films d'horreur racontés de vive voix. je veux parler des histoires d'accouchements.
avez-vous remarqué avec quelle délectation les femmes vous racontent par le menu leur accouchement ? elles ne vous épargnent rien, aucun détail sordide n'est passé sous silence, aucune broutille
gore n'est oubliée.
des femmes qui d'ordinaire rendraient le plus beau poème comparable à une lecture de l'annuaire trouvent des capacités lyriques insoupçonnées, et se livrent à des envolées verbales sublimes. elles
décrivent les choses de telle façon qu'on s'y croirait, et que des images insoutenables ne cessent de se bousculer dans notre cerveau.
je ne crois pas avoir entendu plus d'1 récit sur 10 concernant un accouchement normal.
je soupçonne certaines péripéties, assez banales à l'origine, d'être enjolivées au fil du temps. j'imagine que si autant de femmes que ça accouchaient en faisant gicler des hectolitres de sang et
avec des incidents multiples, ça finirait par se savoir, non ?
j'aime bien les théories de complots, mais là, je crois quand même qu'on atteint des sommets dans l'art dramatique que peuvent envier les plus grands écrivains.
remarquez également que pour les anecdotes les plus sanguinolentes, c'est toujours arrivé à la nièce de la belle-soeur ou à la copine de la coiffeuse.
bien pratique, car difficilement vérifiable.
et n'allez pas croire que ces discussions, qui ne sont pas sans rappeler les histoires de loups et de monstres de nos aïeules le soir à la veillée, sont réservées aux seules femmes ayant accouché
une fois. que nenni !
les femmes enceintes prennent un trouble plaisir à écouter ces contes de placentas qui s'explosent par terre, de nouveaux-nés qui glissent des mains de l'obstétricien, de déchirures recousues à
vif, et de douleurs dignes des pires tortures de l'inquisition. elles piaillent, disent "oh la la, je ne veux pas écouter ça" d'une voix suraigüe, avec une évidente délectation horrifiée sur leur
visage.
heureusement d'ailleurs, car sinon, l'espèce humaine serait menacée d'extinction !
en tout cas, moi, je ressors toujours sonnées de telles séances, avec un vague sentiment de nausée, et une répulsion spontanée pour ce qui ressemble de près ou de loin à de la viande crue.
je serais quand même curieuse de savoir si ce genre de choses a lieu dans les écoles de sage-femmes. rien de tel pour déglinguer une vocation en 2 temps, 3 mouvements !
toute dissemblance avec le moi que vous connaissez n'est que normale, je suis passée du côté obscur.
Par charlie
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Publié dans : vie quotidienne
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