Jeudi 6 novembre 2008 4 06 /11 /2008 19:26
il y a un phénomène naturel antédiluvien mais néanmoins très chiant, l'homme pue. enfin, quand je dis l'homme, il y aussi la femme. mais c'est dur à deviner car je ne mets jamais de majuscules comme vous l'avez remarqué. notez que je n'ai rien contre les majuscules, c'est juste qu'elle prennent trop de temps à taper. bon, pour être tout à fait honnête, l'homme pue quand même plus, plus fort et plus souvent que la femme, il n'y a qu'à entrer dans les vestiaires d'un quelconque club de rugby après un match pour constater que l'odeur y est mille fois plus forte que dans une réunion tupperware. mais pour les bienfaits de la science, mettons-les malgré tout sur un pied d'égalité.
l'homme pue. gageons que dans les lointaines steppes préhistoriques, ça ne le dérangeait que moyennement, sa propre odeur étant couverte par celle de la graisse de mammouth. mais après la disparition du dernier mammouth, l'homme a constaté qu'un peu de toilette ne pouvait lui nuire, et que ses glandes sudoripares s'obstinant à dégager des vapeurs immondes, il était temps de trouver une solution.
et l'homme a inventé le PARFUM (tiens, des majuscules). une sacrée bonne idée, pas vrai ?
du moins en théorie. parce que comme beaucoup d'inventions humaines, on  remarque une très nette différence entre ce pourquoi on l'a créé et l'utilisation qui en est faite.
a priori, le parfum est quelque chose qu'on applique sur sa peau en petite quantités, après s'être lavé, afin de masquer d'éventuelles odeurs corporelles ultérieures, et de délivrer un message sur la personne qui le porte.
dans la réalité, trop de personnes s'imaginent que plus on met, mieux c'est. et vas-y que je te colle un demi-litre de kouros de bon matin, manquant ainsi d'asphyxier les 43 autres passagers de la rame de métro. car le parfum a ceci d'étonnant que passé les 9 gouttes 1/2, il se met à donner une sensation de puanteur rivalisant sans problème avec une haleine de chacal bourré d'aïoli.
et ces articles de la presse féminine qui préconisent d'appliquer : 1 pschittt derrière chaque oreille, 1 pschittt savamment vaporisé sur les cheveux, 1 pschittt derrière les genoux pour dégager une bonne odeur à chaque mouvement de jambe, 1 pschittt aux alentours du pubis, 1 pschittt dans le décollété, et 1 pschittt au creux de chaque poignet. eh ! les journaleux ! vous savez combien de pschittts ça fait tout ça ? vous vous êtes déjà tapé une montée de 30 étages en apnée dans un ascenseur avec une nana qui avait suivi vos conseils à la lettre ? assassins !!!
mais au moins, généralement, les hyper-parfumés sont au moins passés par la case douche, remercions dieu pour ses petits bienfaits.
parce que certains individus utilisent le parfum comme cache-misère, pour dissimuler aux nez des autres le fait qu'ils ont décidé de sauver la planète en boudant leur salle de bains 300 jours par an. ah ! le merveilleux fumet de la sueur d'avant-hier qui se mêle délicatement au chanel n°5... c'est loupé les gens ! le parfum sur la crasse pue bien plus que la crasse toute seule, soyez-en conscients. et pas la peine de nous sortir l'argument miteux que c'était une attitude très fréquente du temps de louis XIV, parce que dans ce cas, je peux vous rétorquer que l'arrachage des dents à vif aussi. alors quitte à vous la jouer genre la montespan, allez jusqu'au bout...
c'est d'ailleurs incroyablement étonnant de voir qu'il existe encore des gens vraiment sales dans notre époque aseptisée où toute forme de saleté et de mauvaise odeur est proscrite, bannie, conspuée. dès la naissance, on récure nos petits avec ardeur, leur bousillant la peau et leur provoquant des eczémas monstrueux. on les savonne, on les parfume sans alcool et hypo-allergénique, parce qu'on n'est pas assez cons pour leur filer les mêmes parfums que nous non plus. et ils grandissent avec une sainte horreur de tout ce qui est sale (ben oui, sale = caca) et de tout ce qui n'est pas parfum synthétique.
et ça fait des adultes qui ont les sens affolés par un désodorisant à chiottes à la vanille chimique, mais qui vous font des mimiques dégoûtées au moindre signe de purin. n'importe quoi.
et on se frotte, et on se déodorise, et on se lingette-intimise, et on s'atomise, et on se défait de tout fumet déplacé.
pour oublier qu'au bout du compte on aura tous la même pestilence pourrissante ?
tiens, d'ailleurs, ça existe les parfums pour macchabées ?

Par charlie - Publié dans : vie quotidienne
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