Mercredi 14 février 2007 3 14 /02 /2007 15:14
3e leçon : la drague
Notre jeune ami, et vous même, internaute curieux, êtes maintenant en pleine capacité d’exercer vos talents de séducteur minable. Vous avez de la conversation, et vous savez sourire de cette manière franche et naturelle qui fait céder les digues romantiques du cœur des jeunes poulettes. Il est donc grand temps de passer à la suite : la drague proprement dite. Car développer ses compétences sociales est une chose, soit, mais n’allez pas prétendre que dans le fin fond de votre esprit poussiéreux ne planent pas des images torrides d’accouplements bestiaux, menant sans coup férir au pavillon de banlieue et au chien à sortir sous la pluie battante…(vous vous souvenez du début de la phrase, au moins, bande de moules ?). il s’agit donc d’exploiter vos compétences pour attirer une fille dans vos rets.
Eliminez d’emblée toutes celles qui ne répondent pas instantanément à votre sourire, pourquoi chercher encore à compliquer plus la tâche ardue qui vous attend ? de toutes celles qui répondent à votre sourire amical, n’en éliminez aucune, quels que soient ses attraits physiques, son âge ou son tour de taille. Traduction pour les cons : même les vieux gros boudins très moches à l’haleine fétide de coyote (milo, si tu me lis, coucou !) sont éligibles. Il s’agit pour l’instant d’un simple entraînement visant à vider le trop-plein que vous gardez depuis si longtemps dans vos bourses de puceaux, pas d’une demande en mariage. Il sera toujours temps de penser à la nièce du buraliste après quelques travaux pratiques assidus ! le thon de base présente de plus un avantage certain sur le reste de la population féminine plus accorte : elle se laisse facilement enjôler. Et si vraiment vous avez peur de manquer de moyens devant la difficulté d’honorer un tel specimen, il vous restera toujours l’alternative de remplir votre esprit de marion cotillard et autres sharon stone.
Voilà, c’est bien, la fille répond à votre sourire d’une œillade engageante. Comme nous l’avons vu dans la 1ère leçon, vous discutez de quelques minutes à quelques heures, oublieux de la planète qui continue de tourner autour de vous (généralement, passées les 60 premières minutes, on peut dire que c’est dans la poche).
Le problème est qu’en éternel étudiant, vos poches sont aussi vides que le seront vos bourses sus-nommées dans quelques heures. Comment assurer cette première soirée en tête-à-tête avec un unique billet de 5€ ? il reste la solution pratique et pas chère du Mac’Donald’s. mais même cette solution peut s’avérer casse-gueule, surtout si la donzelle présente un tour de taille à faire pâlir d’envie un sumo. En effet, plus le tour de taille est large, plus l’appétit est grand. Et avouons-le, même si vous prétendez e pas avoir faim, vous ne pourrez satisfaire la douce enfant avec les quelques piécettes que vous sentez sous vos doigts. Le seul moyen de ne pas courir à la catastrophe est, je sais ça surprend, de dire la vérité. Par exemple « j’adorerais t’emmener dans le meilleur restaurant de la ville, et te combler en te présentant les mets les plus fins pour ton palais incomparable. Mais le destin ne m’ayant pas fait naître rentier, je n’en ai pas les moyens financiers. Je sais que je cours le risque de te voir me tourner le dos à jamais, dédaigneuse. J’aurais pu inventer n’importe quel mensonge grossier pour ne pas avoir à t’avouer cette vérité, mais je ne suis pas fait de ce bois-là. La bonté que je lis dans ton regard me pousse à croire que tu es capable de voir plus loin que ce simple souci matériel, et de voir l’homme et non le portefeuille ».
Pas mal, hein ?
J’ai dit dire la vérité, mais je n’ai jamais interdit de la fleurir.
Vous laissez passer un instant de silence lourd de sens, avant d’ajouter : « c’est pourquoi je te convie à venir partager mon repas dans ma demeure ». non, pas « humble demeure », pas la peine d’en faire trop non plus, vous gâcheriez tout, andouilles !
Si vous sentez la moindre hésitation, le moindre doute : « je sais que tout ceci doit te paraître aussi absolument ahurissant qu’à moi, et qu’un soupçon d’angoisse pourrait te saisir. Après tout, je pourrais n’être qu’un vulgaire psychopathe. Je te propose donc d’amener avec toi la personne de ton choix pour te rassurer, homme ou femme. Je ne veux pas que la brutalité hideuse du monde extérieur anéantisse notre bonheur naissant ».
A tous les coups, l’effarouchée se calme, et accepte votre invitation, à laquelle elle se rendra seule (pas folle, un type tel que vous, elle ne va pas se le faire souffler par sa meilleure amie), parée en secret de sa lingerie la plus folle, épilée et parfumée.
Rendez-vous est donc pris pour le soir, et vous vous éclipsez pour préparer le dîner. Mais que cuisiner ? un bon plat mijoté inratable, du type spaghetti bolognese ? et si elle est au régime ? une délicieuse salade composée ? et si c’est une affamée et que vos moments de timidité silencieuse sont rythmés des gargouillements de son estomac ? optez pour une salade et une quiche. Au pire, vous pourrez la lui envoyer dans la tronche.
Ne vous étonnez pas si elle disparaît aux toilettes toutes les 10 minutes : ce n’est pas un problème de vessie, elle n’est pas cocaïnomane. Elle va juste vérifier qu’elle n’a pas de morceaux indélicats de nourriture coincés entre les dents, et rajuster son string tout neuf qui lui rentre dans les fesses.
Un cd de musique romantique en fond sonore (rangez-moi immédiatement cette compilation des meilleurs titres de Frédéric François !!! il faut vraiment tout vous dire, c’est infernal). Quelques bougies savamment disséminées dans votre studio vous permettant d’éviter les trop longues plages d’apnée si toutefois la fille a des soucis glandulaires prononcées.
Voilà, il n’y aura peut-être aucun échange de fluides corporels ce premier soir, un diktat idiot sévissant chez les éléments femelles « pas le 1er soir ! ».
Mais si avec tout ça, vous ne niquez pas au 2e soir, c’est que, franchement, vous méritez de rester abonnés à la veuve poignet jusqu’à la fin de vos jours. Je me demande même pourquoi je me penche sur des cas aussi désespérés que le vôtre.
 
 
Par charlie - Publié dans : vie quotidienne
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Commentaires

tu as encore oublié ta clé usb au boulot?
Commentaire n°1 posté par lili le 18/02/2007 à 20h46
lol, non, c'est du teasing pur et simple, pour allécher le passant
Réponse de charlie le 18/02/2007 à 20h49
Fin de cette joli parenthèse... Dommage, je m'amusais bien. Pourtant je suis un peu déçu par la fin de cette tragédie en 3 actes (car l'amour est une tragédie, chacun le sait). Ce qui se présentait comme une série de conseils judicieux sous forme d'une histoire pleine d'espoir se termine sur cette note désagréable d'ironie. Eh oui, certains d'entre nous (et j'ai la prétention d'en faire partie) sont désespérés. Mais je tiens à préciser que nous sommes indispensables à la bonne marche de la société, car sans nous il n'y aurait pas cet équilibre fragile qui la régit étant donné que nous sommes des contrepoids face à ces petits couples soit disant heureux.
Reste que j'ai bien rigolé au travers de ces trois actes, notamment lors des excuses proposés lorsqu'on arrivait à l'inévitable et inimitable moment du diner... Je suis prêt à te faire la promesse de caser ces mêmes phrases dans un conversation que j'aurai un jour avec une fille à ce sujet (qui sait? tout peut arriver, pi m*rde, c'est un blog, alors on peut tout faire arriver). Je te tiendrai au courant : la réponse promet d'être encore plus intéressante que l'excuse elle même :)
Commentaire n°2 posté par Grunge le 25/05/2007 à 12h45

je savais que tu allais en tirer plein d'enseignements utiles !

quant à la fin, ben, on ne se refait pas -)))

Réponse de charlie le 25/05/2007 à 14h03

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