je ne sais pas si vous avez remarqué, mais il est une espèce que l'on croyait en voie de disparition, et qui refait brusquement surface ces dernières semaines. je veux parler du socialo bobo, que l'on croyait rayé de la surface de la terre depuis l'échec cuisant de 2002.
des bobos, il y en a plein, mais on les croyait tous de droite. et bien non ! il en existe des socialos. ce sont ces gens qui sont socialistes parce que leurs parents ouvirers étaient cocos forcenés, et qui n'ont pu se résoudre à un vrai virage à droite, de peur de faire calancher mémé d'émotion s'ils prenaient leur carte à l'ump. au fur et à mesure que leur matelas de sicav s'épaissit, et que la circonférence de leur taille s'agrandit, ils iraient bien voir du côté de sarko si l'euro y est plus vert, mais ils n'osent point.
comment reconnaître un socialo bobo ? surtout, comment le différencier de son congénère le bobo de droite ?
quelques règles simples :
1/ observez les enfants.
la progéniture socialo se fringue chez catimini et ikks. des vêtements sympas et colorés, absolument hors de portée de la bourse du prolo de base. cela donne des algorithmes fort plaisants sur les bancs de l'église le dimanche matin, entre les flashs colorés de l'enfant socialo, et le blanc/bleu marine/col claudine/souliers vernis du bobo de droite. car le bobo socialo est fortement catholique. ses enfants sont baptisés, cathéchisés et communiés. quand on lui en parle, il fait mine de prendre tout ça avec humour, mais pour rien au monde il ne raterait la kermesse paroissiale du mois de juin. il est donc logique que tout ce petit monde se croise à l'école ste-bidule ? eh non, seul le bobo de droite scolarise ses enfants dans le privé. le socialo met un point d'honneur à ce que ses enfants fréquentent l'école publique. allez jeter un oeil à la sortie de la maternelle à 16h30, l'enfant de bobo socialo est reconnaissable du premier coup. il s'appelle jean-eudes ou marie-charlotte, c'est une jeune fille au pair péruvienne qui vient le chercher, il goûte d'un délicieux pain de tofu, et a une frange nette qui sépare proprement sa jolie chevelure d'un blond parfait.
2/regardez son habitat.
le bobo socialo habite en centre-ville. toujours. la banlieue et les lotissements, ce n'est pas pour lui. le socialo tient à marquer son attachement à la plèbe en habitant avec la plèbe. enfin, symboliquement parlant, parce qu'à part la femme de ménage portugaise, il y a peu de risque de se heurter à la plèbe dans son duplex de 250 m² avec ascenseur privatif. non, le socialo n'a pas besoin d'étaler ses biens toute la sainte semaine. il se contente de rallier son cottage en pleine campagne le vendredi venu avec quelques amis triés sur le volet.
son appartement est meublé avec goût, plutôt dans le genre moderne épuré (traduisez du vide qui coûte bonbon). la technologie y est présente, mais pas tape-à-l'oeil : pas d'écran plasma ni de gadgets électroniques. de toute façon, le bobo socialo ne regarde pas la télévision. la chambre des enfants est pleine de jolis jouets de bois et de posters de bécassine. celle des parents affiche d'immenses placards où se dissimulent quelques sachets d'herbe qui fait rire. la cuisine est toujours immaculée, car peu utilisée. forcément, le bobo socialo ne cuisine pas, il préfère sortir prendre un en-cas, pour soutenir le commerce local. au vu du tour de hanches de madame, ce n'est peut-être pas la meilleure solution...
à l'inverse, le bobo de droite préfère nettement les charmantes maisons de maître que l'on trouve pour trois fois rien si l'on sait chercher (le rien du bobo de droite étant grosso modo égal à 10 ans de salaire d'un ouvrier), meublées de meubles anciens légués par la grand-tante marie-eulalie. on cuisine tous les jours, car rien de tel qu'un repas frais (et le tour de hanches de madame en témoigne aussi).
3/écoutez son discours.
le bobo socialo est pour, toujours pour. pour l'égalité homme-femme (mais il ne sait pas où se trouve la cuisine), pour l'avortement (mais paye une famille discrète pour débarrasser sa fillotte de 15 ans du nourrisson malencontreusement arrivé), pour l'aide aux sans-abri (mais n'est-ce pas la signature de m et mme bobo sur la pétition pour faire déguerpir les sdf du quartier ?), pour le téléthon (mais n'a jamais rien donné), pour plus de logements sociaux (mais en banlieue, hein, en banlieue), pour, pour, pour...
son pote de droite, lui, est systématiquement contre.
4/suivez ses loisirs.
le bobo socialo aime les plaisirs simples (traduction : des trucs cons qui coûtent très chers, et qui permettent d'en mettre plein la vue aux copains). quand le bobo socialo n'est pas dans sa maison de campagne, il se fait des week-ends spirituels avec massages aryuvédiques, algues bio dans l'assiette, et débats philosophiques. pour ses vacances, le bobo boude le club med' pour s'essayer au trekking dans le rif (3000€ la semaine, et il faut faire soi-même la bouffe). il est inscrit dans un club de feng-shui qu'il fréquente 2 fois par semaine après le boulot, et connait sur le bout des doigts toutes les doctrines d'affirmation de soi actuellement sur le marché.
ses enfants font de la flûte traversière, et participent à tous les ateliers artistiques du musée du coin.
normalement, avec tous ces éléments, vous devriez pouvoir repérer assez facilement le bobo socialo.
si toutefois vous aviez encore un doute, il reste l'épreuve ultime : les lendemains d'élections présidentielles. en fonction du résultat (à savoir pour 2007, la gauche au pouvoir), vous pourrez savoir qui est celui de droite et qui est celui de gauche. celui qui a le teint vert est celui qui a trop bu la veille, donc le partisan du gagnant. celui qui a le teint gris, c'est lui qui est dans un lendemain qui déchante, donc le perdant. facile, non ?
je hais les bobos, qu'ils soient de droite, de gauche ou du milieu.
toute dissemblance avec le moi que vous connaissez n'est que normale, je suis passée du côté obscur.
je dédie cet article à joseph castel, socialo débonnaire à l'exact opposé des bobos snobinards. repose en paix.
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