vie quotidienne

Samedi 13 janvier 2007 6 13 /01 /2007 13:49

comme j'en discutais hier soir avec une copine lors d'un apéro joyeux, chacun de nous est porteur d'une image de lui-même qu'il présente aux autres. elle m'a fait remarquer que bien souvent, nous sommes prisonniers d'une image globale qui change selon les interlocuteurs, le contexte...

en y réfléchissant, je me rends compte que je véhicule 3 images assez proches les unes des autres :

- la directrice d'école souriante et aimable, mais à la main de fer pour les débordements d'élèves et de parents. je suis calme, douce et patiente avec mes petits élèves, car je considère que cela fait partie intégrante de ma mission éducative. je suis en théâtralisation constante en classe, car c'est un mode de fonctionnement qui simplifie grandement les relations avec un public d'enfants.

- la maman un peu folingue qui permet une grande liberté de mouvement, d'expression et de choix, dans des limites clairement définies, à ne pas dépasser

- la copine boute-en-train, qui sait écouter, et souvent de bon conseil.

et si finalement je n'étais qu'une boule permanente de mauvaise humeur bien dissimulée ? Ah ! moi l'éternelle optimiste, qui cherche toujours à positiver, je vais sur ces pages essayer de tout voir à l'aune de la grincheuse absolue. je vais râler, trépigner, persifler, ne pas voir plus loin que le bout de mon nez, et tout prendre au premier degré. comme dirait l'autre, au café du commerce : si ça ne fait pas de bien, ça ne fait pas de mal !!!

nous sommes en démocratie, et il n'y a pas de raison que la bêtise crasse et la méchanceté soient réservées à une élite confidentielle.

et si ça ne vous plait pas, je vous invite vivement à passer votre chemin, et à aller voir ailleurs, et toc !

Par charlie - Publié dans : vie quotidienne
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Samedi 13 janvier 2007 6 13 /01 /2007 14:07

les soldes ont débuté, et c'est une source inextinguible de mauvaise humeur. chaque année, à l'issue d'une période de soldes, je me jure à moi-même de ne pas me faire avoir la prochaine fois, et de mettre un petit pécule de côté en prévision de la fois suivante. outre le fait que je me trahis honteusement 2 fois par an (ce qui, vous en conviendrez, n'est jamais très bon pour l'estime de soi), je rage invariablement, car les soldes arrivent et me trouvent fort dépourvue. d'aucuns prétendront que je suis de toute façon fauchée de façon chronique, et que c'est donc idiot de me faire de telles promesses. nous ne prêterons aucune attention à ces empêcheurs de mauvaise-humeurer en rond. car sachez-le, le spécialiste de la mauvaise humeur est généralement aussi très calé en mauvaise foi. je ne m'en priverai donc pas.

les soldes, disais-je, sont une torture pour n'importe quelle femelle occidentale normalement constituée. car l'on vous vend à cette période de splendides choses dont :

1/ vous n'avez nullement besoin, mais vous êtes incapables de résister à l'attrait du -50% sur fond criard

2/ vous avez eu besoin il y a 3 mois, vous avez acheté au prix fort, et vous ne pouvez résister à vous venger en achetant le même dans un autre coloris (ben oui, une fois faite la moyenne des 2, vous êtes ravie de constater que chaque article vous a coûté moins cher que le prix d'origine, hé hé)

3/ vous risqueriez d'voir besoin un jour. et là, ce sont les déménageurs qui se frottent les mains, ainsi que le secours pop, car un jour ou l'autre tout cela leur sera bénéfique...

mais j'ai un peu sauté les étapes, puisque j'ai commencé par l'aboutissement des soldes. le moment même des soldes peut être extrêmement douloureux, du moins il l'est pour moi. les magasins sont remplis dès le 1er jour d'une horde de fashionistas péroxydées, minces, jeunes et au portefeuille bien garni. la tension est à son comble, lorsque devant un présentoir de ZARA, l'une d'elles se saisit  AVANT moi d'un petit pull d'un joli marron crotte de chien soldé à 5 €. le pull est moche, détendu à force d'avoir été tripoté, mais il est à 5 €. n'est-ce pas une raison suffisante ? ma méchanceté naturelle ne peut que m'aider, car j'ai derrière moi de longues années de pratique de l'intimidation. la poulette de 20 balais n'a aucune chance de survie face à mon regard assassin de vieille conne ! elle lâche, inclinant légèrement la tête pour reconnaître mon indéniable supériorité.

c'est ainsi qu'après une journée complète de moments de ce type, je rentre chez moi épuisée, fauchée, mais fière !

butin du jour :

- un pull moche en taille 32

- des chenêts pour une cheminée que je n'aurai sans doute jamais

- une cravate jaune citron ornée de soleils vert fluo

- des ballerines 3 pointures en dessous de la mienne

- un nombre incalculable de pieds rivaux écrasés sournoisement au détour d'un rayon, des coups de coude dans des côtes anorexiques, l'air de rien, 2 vendeuses au bord des larmes (départ du magasin sans rien acheter après avoir essayé 49 jupes, mon nouveau record)

vivement la 2e démarque !!!

toute dissemblance avec le moi que vous connaissez n'est que normale, je suis passée du côté obscur.

Par charlie - Publié dans : vie quotidienne
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Dimanche 14 janvier 2007 7 14 /01 /2007 21:51

s'il y a un truc qui m'énerve bien en cette période post-noël, c'est les gens qui se plaignent de leurs gosses. le petit dernier a déjà pété son spiderman automate qui balance des toiles partout, alors que le dit spiderman avait coûté les yeux de la tête aux parents. ça fait déjà 3 fois qu'ils changent les piles de la lampe torche action man parce que le bidou oublie de l'éteindre avant de se coucher. et machine a oublié sa barbie dernier cri à la garderie, qu' une gamine bien maline s'est empressée de faire disparaître. le bébé a dégobillé environ 12 fois sur le t-shirt baby dior en soie payé 100€.

 

ce sont les mêmes qui ont gonflé tout le mois de décembre avec les cadeaux qu'ils avaient choisi amooureusement pour leur progéniture, les yeux dégoulinant de tendresse parentale. z'avaient qu'à pas en faire de gosses, merde alors !

 

quel adulte normalement constitué peut ignorer qu'un môme ça casse, ça détruit, ça salit ???

 

je veux bien prendre en compte le fait que l'idée d'avoir des gosses est le fruit d'une conspiration mondiale des humains entre 50 et 85 ans, mais quand même ! les vieux conspirent, mais nous avons encore notre libre-arbitre.

 

je sens qu'une petite digression s'impose, là. je vois vos yeux d'imbéciles heureux qui se lèvent et vos sourcils qui se froncent pour prétendre réfléchir. oui ! cette conspiration existe. les vieux veulent nous voir nous reproduire, pour avoir un vivier dans lequel puiser plus tard leurs réserves : d'infirmières dévouées, de médecins complaisants, de notaires scrupuleux et de classes moyennes payeuses de retraite. d'ailleurs, si vous regardez bien, les vieux, ils ont toujours plein de bons conseils à vous donner pour élever vos enfants, mais ils ne les mettent jamais en application. dès que vous avez le dos tourné, ils les gavent de bonons, de gâteaux, de kinder surprise, de trucs en chocolat qui bousillent définitivement le t-shirt dior susnommé. et pourquoi ça ? parce qu'ils savent bien que dans 20 ans, quand ils se retrouveront entre les mains des infirmières, des médecins, des notaires et consorts, de qui les morveux se souviendront-ils avec plus d'émotion ? de leur mère qui leur foutait une taloche pour qu'ils aillent se laver ou de la grand-mère qui leur bourrait les poches de dragibus et de pièces de 2 balles ?

 

alors ? c'est pas une preuve que la conspiration existe ?

 

vous doutez encore ? il vous faut une preuve supplémentaire ?

 

ok

 

plongez-vous dans vos souvenirs, quand vous aviez entre 20 et 25 ans. combien de fois vos potes de fac vous ont-ils exhortés à faire des gosses ? et vos compagnons de beuverie du samedi soir ? et votre grand-mère ? et votre mère ?

 

ça y est ? convaincus ?

 

si oui, passez à la suite.

 

si non, allez voir ailleurs.

 

bref, une fois pris dans les filets des conspirateurs, vous avez laissé tomber votre intelligence, avez passé entre 3 et 10 minutes à la partie conception de la chose et vous voilà parents...

 

en règle générale, les jours passés à la maternité ne vous permettent pas encore de regretter vraiment. madame reste alanguie sur son lit, en chemise de nuit plutôt craignos, à contempler d'un air béat et plutôt débile les 3 kilos de rôti dans le truc en plastique. le rôti roupille tout le temps, le fourbe, il prend des forces pour la suite. les cadeaux et les fleurs pleuvent, les commentaires idiots et hypocrites aussi.

 

pendant ce temps, monsieur, entre les aller-retour à la clinique et les cuites avec les potes, n'a pas loisir de penser.

 

mais ces jours bénis ont une fin, et dès la 1ère nuit à la maison, vous commencez à prendre la mesure de votre erreur. car le rôti passe à l'action. il hurle, de préférence à l'heure où vous goûtez un repose bien mérité. il gerbe, de préférence sur vos jolis habits dégotés pour 3 fois rien aux soldes. il pisse, il chie, il déborde de matières diverses et variées dont vous auriez préféré ignorer l'existence jusqu'à la fin de vos jours.

 

un soupçon de regret et de panique commence à vous tarauder, mais vous ne pouvez que continuer, car la loi humaine est ainsi faite que vous venez de vous prendre perpète pour avoir voulu faire plaisir à mamie. et au lieu de souffrir en silence, il faut encore que vous veniez nous assommer avec votre malchance : photos, vidéos, anecdotes... tout est bon pour vous venger sur votre voisin.

 

la suite une autre fois...ou pas, de toute façon ici, c'est moi qui décide

 

toute dissemblance avec le moi que vous connaissez n'est que normale, je suis passée du côté obscur.

 

 

 

Par charlie - Publié dans : vie quotidienne
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Lundi 15 janvier 2007 1 15 /01 /2007 12:47

nous nous étions quittés alors que vous naviguiez désespérés entre pampers sales et biberons de nuit.

je ne m'apesantirai pas sur les premières années des chérubins, il faut déjà suffisamment les supporter sans devoir en plus en causer. car les gosses sont partout, presque aussi omniprésents que les vieux, mais encore plus bruyants. à la téloche, dans les magazines, dans les restos, sur les lieux de vacances. pendant des années et des années, vous -et moi, par force- traînez ces boulets sans rien en tirer de bien intéressant.

passons donc directement à ce qui devrait être un moment passionnant : l'adolescence. vous en avez rêvé de ces moments d'intense fusion intellectuelle avec vos lardons. lorsqu'enfin ils auraient acquis un minimum de rêflexion, et seraient capables de vous comprendre. las ! ils sont encore pires que lorsqu'ils étaient petits. et pour couronner le tout, ils ne réagissent plus du tout à votre autorité. essayez donc d'envoyer au lit un gamin de 16 ans sous prétexte qu'il vous a manqué de respect...

l'ado est un être sale, puant, qui planque ses chaussettes sous son lit. il n'a pour religion que les soi-disant voies de communication moderne : téléphone portable dernier cri, PC avec ADSL, PDA... sigles auxquels vous ne comprenez rien, ayant passé trop de temps dans les réunions de parents d'élèves pour vous tenir au fait des avancées technologiques de ces dernières années. vous cherchez pitoyablement à comprendre comment on peut parler de communication pour des outils qui consistent essentiellement à s'enfermer dans sa chambre. vous pestez de vous voir interdit l'accès à ladite chambre, d'où émanent des effluves étranges (sous-vêtements ayant perdu de vue le chemin d'accès au panier à linge, emballages de fast-food ayant développé leur propre forme de vie, cigarettes pas franchement légales, bâtonnets d'encens censés couvrir toutes les odeurs précédemment citées...). vous enragez de ne pouvoir avoir de conversations dont la part de votre ado dépasse l'onomatopée. vous pleurez en sortant la poubelle, après avoir demandé 42 fois en 3 heures à l'ado de le faire. vous prenez en pitié le chien qui vous jette des regards mornes, car il a fait définitivement une croix sur les longues promenades du samedi après-midi avec l'enfant qui lui lance inlassablement des bâtons (entre nous, le chien est plus malin que vous, il a compris au moins 1 an avant).

l'ado ne produit rien, l'ado ne comprend rien, l'ado est une plaie. et le jour où vous vous surprenez à claquer la porte de la salle à manger en hurlant "de toute façon, ici, personne ne me comprend, personne ne m'aime", vous comprenez enfin que votre vie entière n'est qu'un foutu gâchis, et que les options qui s'offrent à vous sont plus que limitées : bouffer du cacheton pharmaceutique pour les 10 prochaines années (en gros, jusqu'à ce que l'ado vous mette en joie en vous déposant entre les bras ce qui sera sa punition pour vous avoir si mal traité : son 1er gosse) ou trucider l'ado (mais ça, c'est interdit).

les seuls d'entre vous qui pourraient trouver une vague utilité à l'ado sont ceux qui ont été assez cons pour ne pas comprendre leur bêtise la 1ère fois, et qui ont pondu d'autres tétards. dans ce cas-là, l'ado peut servir : il garde les autres tétards une fois par an quand vous vous offrez LA sortie resto et théâtre pour votre anniversaire de mariage.

bien fait pour vous ! et pour ceux qui ne sont pas encore empêtrés dans cette situation, vous ne direz pas que vous ne saviez pas. cet argument a déjà été utilisé il y a quelques décennies, et franchement, personne n'y croit...

toute dissemblance avec le moi que vous connaissez n'est que normale, je suis passée du côté obscur

Par charlie - Publié dans : vie quotidienne
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Mercredi 17 janvier 2007 3 17 /01 /2007 11:50

Après quelques mésaventures avec une clé USB volatilisée (on veut m’empêcher de parler, à bas la dictature des gentils et des optimistes !), voici enfin le nouvel article.

 

 

 

 

 

J’ai une bonne copine, que je ne nommerai pas car elle est aussi modeste qu’elle est radine. Elle est le modèle vers lequel je tends, l’idole à laquelle je m’identifie. Elle a totalement maîtrisé les mécanismes qui régissent notre société, et est fermement décidée à les tenir en échec jusqu’à la fin de ses jours. Je suis trop novice en matière de radinerie pour pouvoir juger si elle a réussi, mais en tout cas, elle s’y emploie avec ferveur, jour et nuit. C’est uniquement une question de convictions, car elle a d’énormes moyens financiers. Si elle était rmiste, son combat serait louche, puisque forcé. Ce n’est que dans l’opulence que l’on peut saisir toutes les subtilités d’une ladrerie assumée.

J’aime bien la provoquer un peu, juste pour voir. L’autre jour, je lui propose que nous déjeunions ensemble, pour papoter gaiement de choses et d’autres. Nous nous donnons rendez-vous en centre-ville, et sitôt les 2 bises de rigueur échangées, je me dirige d’un pas alerte vers un nouvel établissement qui vient de s’ouvrir, un snack cossu dont on m’a dit le plus grand bien. Sa réaction n’a pas tardé. Elle m’a empoignée par le coude pour me traîner jusqu’au Champion tout proche. Nous avons acheté un paquet de pain de mie (en promo, car périmé le lendemain), 2 tranches de jambon sous vide et une bouteille d’eau de source. Avec nos sandwiches improvisés, nous avons pique-niqué sur un banc.

Bon, j’avoue que la discussion a été assez sommaire, le pain de mie et le jambon, c’est sec. C’est dur de parler avec cette pâte collante dans la bouche. Mais comme elle me le fit remarquer, il n’aurait servi à rien de dépenser de l’argent dans un morceau de beurre, puisque nous n’avions rien pour l’étaler. 1 point pour elle.

De toute façon, même avec du beurre, il faisait tellement froid que si j’avais cherché à dire quelque chose, ç’aurait été inintelligible, alors…

L’avantage avec elle, c’est que tout est toujours bien pensé. Après notre frugal repas, nous avons cherché ce que nous allions faire du reste de l’après-midi. Les soldes ? hors de question, pfff. Nous avons décidé d’aller chez elle. Et là, son appart chauffé à 14° paraît quasi tropical après une demi-heure à se geler le popotin sur un banc public.

Géniale, je vous dis.

D’autant qu’après 4 tasses de thé chacune (avec le même sachet), nous étions passablement réchauffées. D’habitude, je l’aime très fort et très sucré, mon thé, mais elle m’a convaincue qu’ainsi je finissais ma journée avec moins de théine dans le sang, et surtout moins de sucres. Sur le long terme, ça peut faire une vraie différence : moins de médicaments à acheter (et au train où vont les choses grâce à notre gentil gouvernement, qui pourra encore se payer des médocs dans 10 ans ?), moins de vêtements aussi (pas de sucre = pas de kilos attrapés qui font changer de taille).

Les 2 seuls points noirs de cette journée formidable, c’est  le gros bleu à la cuisse que je me traîne depuis une semaine, et ma cheville foulée. Ma copine a pour principe de n’utiliser l’électricité qu’en cas d’absolue nécessité. Comme ce n’est pas mon appartement, je n’y ai pas mes repères. J’ai voulu aller au toilettes pour évacuer tout ce thé, et quand une goutte de cire chaude m’a brûlé la main qui tenait la bougie, j’ai sursauté, et je me suis cognée contre le grand coffre dans le couloir, celui dans lequel elle met les papiers cadeaux et les bouts de bolduc qu’elle récupère (je me demande bien pourquoi, elle a pour règle de ne jamais faire de cadeaux, les vrais sentiments ne pouvant être exprimés au travers de colifichets débiles).

Forcément, au moment de rentrer chez moi, j’avais encore mal à la jambe, et j’ai loupé une marche de l’escalier. Dans le noir, les vieux escaliers, ça peut être traître. Mais je tiens à respecter son désir qu’on n’allume pas pour monter ou descendre. Elle a calculé que si tous ses visiteurs le font, divisé par le nombre de copropriétaires, ça lui fait économiser 75 € par an en charges. Avec 75€, elle vit 3 semaines, ça vaut bien une cheville foulée, non ?

Bon, je vous laisse, elle m’attend. On va se faire un resto, enfin un mac’do.

Toute dissemblance avec le moi que vous connaissez n'est que normale, je suis passée du côté obscur.

Par charlie - Publié dans : vie quotidienne
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Samedi 20 janvier 2007 6 20 /01 /2007 21:45

il ne se passe pas une seule journée sans que je trouve une excellente raison de me mettre en pétard après certains specimen de la gent humaine, dont le seul but dans l'existence semble être de se trouver sur mon chemin pour m'enquiquiner.

pour me venger délicieusement de ces multiples affronts, j'ai mis au point quelques techniques pour à mon tour me trouver sur le chemin des autres, gniark, gniark.

il est évidemment très rare que j'arrive à porter préjudice à ceux-là mêmes qui m'ont mise en boule. mais ce n'est pas bien grave ! ceux qui me croisent payent à la fois pour les autres, et qui me dit qu'ils ne seront pas un jour tapis dans l'ombre à guetter le moment de m'énerver ? disons que je les punis par avance. c'est injuste, je le sais bien, mais j'ADÔÔÔÔRE être injuste.

pour me mettre en appétit, j'attends le passage du gars de la poste qui vide les grosses boîtes jaunes. je lui fais un joli numéro de charme, doublé d'un air éploré. je raconte n'importe quel bobard pour l'obliger à fouiller dans le tas de lettres. il n'a pas le droit de me laisser toucher le courrier, sous peur que je subtilise une enveloppe. voilà notre brave gars, à genoux devant moi (hé hé) qui farfouille, qui cherche, qui enfouit les bras dans la masse du courrier (c'est beaucoup plus marrant dans les quartiers très fréquentés, il y a plus de courrier...). bien sûr, j'ai pris soin de glisser l'enveloppe tant cherchée dans la mauvaise fente, ça permet de doubler le temps de fouille, ergo de doubler le plaisir. quand enfin l'enveloppe est retrouvée, je me confonds en remerciements pendant au moins 2 minutes. voilà, je lui ai fait perdre son temps au gars. s'il a l'air un peu mollasson, je peux pousser le vice jusqu'à attendre qu'il ait bien refermé la boîte pour remettre illico l'enveloppe dedans. pour cette option, il vaut mieux être capable de partir en courant très vite. à éviter si on a la jambe cassée...

après cette mise en bouche savoureuse, je passe au plat de résistance : le supermarché le samedi après-midi (variante : le 24 ou 31 décembre). je remplis benoîtement mon caddie des denrées appétissantes dont j'ai besoin (joignant ainsi l'utile à l'agréable, voyez comme je suis intelligente). en me promenant dans les rayons, je jette subrepticement des article dans les caddies des autres. mais attention ! pas n'importe quel article dans n'importe quel caddie. je vous parle là d'un véritable art exigeant de grandes qualités d'adaptation. une personne seule se retrouvera avec un truc du genre cassoulet format familial. ceux dont le caddie témoigne d'une absence de moyens financiers écoperont de 2 ou 3 boîtes de foie gras hors de prix. le gentil petit couple très amoureux trouvera une boîte de préservatifs. mais là où c'est le plus marrant, c'est quand il y a des gosses. si vous êtes un lecteur assidu de ce blog, vous connaissez déjà l'amour immodéré que je porte à ces petites choses à l'oeil facilement débordant. dans les caddies des familles, je mets des jeux de PS2, des jouets, des bonbecs, toutes les choses qu'un chiard est capable de réclamer. imaginez la tête de tout ce petit monde à la caisse... au pire, ils s'en aperçoivent avant de payer. là, 2 options : ils s'en débarrassent sur le côté du tapis roulant, mais n'auront jamais la réponse à la question de savoir comment ça a atterri là (c'est l'option la pire, puisque mon intervention n'aura servi à rien). ou bien ils n'osent trop rien dire (si si ça existe encore des andouilles qui se sentent obligés de payer tout ce qui se trouve dans leur caddie). au mieux, ils ne voient rien et payent les articles en surplus. c'est fendard, non ? la personne seule laissera pourrir son cassoulet trop gros. le fauché sera encore plus dans le rouge. le petit couple s'engueulera pour savoir avec qui tu me trompes, chéri(e) ? et le gosse, LE GOSSE se mangera une bonne tarte dans la figure, hé hé.

une fois que j'arrive moi-même à la caisse, je passe les articles un par un, en réglant en liquide à chaque fois, pour avoir un ticket de caisse pour chaque. au bout d'un certain nombre d'articles, ça comence à bruisser derrière. je me retourne et j'adresse un large sourire pas contrit du tout. si toutefois certains se permettent une réflexion (ça n'arrive pas tout le temps, vous êtes de tels moutons bien éduqués), je me retourne et je prends le temps d'expliquer que je suis auxiliaire dans une maison de retraite qui ne  fournit pas les repas, et que je viens faire les courses des pensionnaires. je finis par un complice "vous connaissez les personnes âgées. si je ne leur ramène pas un ticket à chacune, elles vont crier au vol !" ça calme les râleurs pour un long moment, vous n'osez plus vous indigner à voix haute. bon, je fais tout de même attention à suivre le baromètre de votre impatience de très près. si je vois le reflet d'un baril de goudron et d'un sac de plumes miroiter dans votre oeil morne, je finis par passer tout le reste des articles en une seule fois, en ajoutant que ce sont mes courses personnelles. je n'ai pas de temps à perdre à l'hôpital.

une fois sortie du supermarché, je range lentement mes courses dans le coffre de ma voiture, en feignant de ne pas avoir vu la voiture qui attend patiemment, clignotant enclenché. une fois le coffre claqué, je fais mine de la voir, et je lui fais gentiment un signe que non, je ne m'en vais pas. tant que ça m'amuse je renouvelle, riant intérieurement de la tronche des conducteurs. qui n'ont en plus aucun droit de regimber, aucune loi n'interdisant de rester près de sa voiture et de triturer indéfiniment ses clés sans s'en aller.

ma foi, quelle bonne journée !

toute dissemblance avec le moi que vous connaissez n'est que normale, je suis passée du côté obscur.

Par charlie - Publié dans : vie quotidienne
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Mercredi 24 janvier 2007 3 24 /01 /2007 15:57

je ne sais pas si vous avez remarqué, mais il est une espèce que l'on croyait en voie de disparition, et qui refait brusquement surface ces dernières semaines. je veux parler du socialo bobo, que l'on croyait rayé de la surface de la terre depuis l'échec cuisant de 2002.

des bobos, il y en a plein, mais on les croyait tous de droite. et bien non ! il en existe des socialos. ce sont ces gens qui sont socialistes parce que leurs parents ouvirers étaient cocos forcenés, et qui n'ont pu se résoudre à un vrai virage à droite, de peur de faire calancher mémé d'émotion s'ils prenaient leur carte à l'ump. au fur et à mesure que leur matelas de sicav s'épaissit, et que la circonférence de leur taille s'agrandit, ils iraient bien voir du côté de sarko si l'euro y est plus vert, mais ils n'osent point.

comment reconnaître un socialo bobo ? surtout, comment le différencier de son congénère le bobo de droite ?

quelques règles simples :

1/ observez les enfants.

 la progéniture socialo se fringue chez catimini et ikks. des vêtements sympas et colorés, absolument hors de portée de la bourse du prolo de base. cela donne des algorithmes fort plaisants sur les bancs de l'église le dimanche matin, entre les flashs colorés de l'enfant socialo, et le blanc/bleu marine/col claudine/souliers vernis du bobo de droite. car le bobo socialo est fortement catholique. ses enfants sont baptisés, cathéchisés et communiés. quand on lui en parle, il fait mine de prendre tout ça avec humour, mais pour rien au monde il ne raterait la kermesse paroissiale du mois de juin. il est donc logique que tout ce petit monde se croise à l'école ste-bidule ? eh non, seul le bobo de droite scolarise ses enfants dans le privé. le socialo met un point d'honneur à ce que ses enfants fréquentent l'école publique. allez jeter un oeil à la sortie de la maternelle à 16h30, l'enfant de bobo socialo est reconnaissable du premier coup. il s'appelle jean-eudes ou marie-charlotte, c'est une jeune fille au pair péruvienne qui vient le chercher, il goûte d'un délicieux pain de tofu, et a une frange nette qui sépare proprement sa jolie chevelure d'un blond parfait.

2/regardez son habitat.

le bobo socialo habite en centre-ville. toujours. la banlieue et les lotissements, ce n'est pas pour lui. le socialo tient à marquer son attachement à la plèbe en habitant avec la plèbe. enfin, symboliquement parlant, parce qu'à part la femme de ménage portugaise, il y a peu de risque de se heurter à la plèbe dans son duplex de 250 m² avec ascenseur privatif. non, le socialo n'a pas besoin d'étaler ses biens toute la sainte semaine. il se contente de rallier son cottage en pleine campagne le vendredi venu avec quelques amis triés sur le volet.

son appartement est meublé avec goût, plutôt dans le genre moderne épuré (traduisez du vide qui coûte bonbon). la technologie y est présente, mais pas tape-à-l'oeil : pas d'écran plasma ni de gadgets électroniques. de toute façon, le bobo socialo ne regarde pas la télévision. la chambre des enfants est pleine de jolis jouets de bois et de posters de bécassine. celle des parents affiche d'immenses placards où se dissimulent quelques sachets d'herbe qui fait rire. la cuisine est toujours immaculée, car peu utilisée. forcément, le bobo socialo ne cuisine pas, il préfère sortir prendre un en-cas, pour soutenir le commerce local. au vu du tour de hanches de madame, ce n'est peut-être pas la meilleure solution...

à l'inverse, le bobo de droite préfère nettement les charmantes maisons de maître que l'on trouve pour trois fois rien si l'on sait chercher (le rien du bobo de droite étant grosso modo égal à 10 ans de salaire d'un ouvrier), meublées de meubles anciens légués par la grand-tante marie-eulalie. on cuisine tous les jours, car rien de tel qu'un repas frais (et le tour de hanches de madame en témoigne aussi).

3/écoutez son discours.

le bobo socialo est pour, toujours pour. pour l'égalité homme-femme (mais il ne sait pas où se trouve la cuisine), pour l'avortement (mais paye une famille discrète pour débarrasser sa fillotte de 15 ans du nourrisson malencontreusement arrivé), pour l'aide aux sans-abri (mais n'est-ce pas la signature de m et mme bobo sur la pétition pour faire déguerpir les sdf du quartier ?), pour le téléthon (mais n'a jamais rien donné), pour plus de logements sociaux (mais en banlieue, hein, en banlieue), pour, pour, pour...

son pote de droite, lui, est systématiquement contre.

 

4/suivez ses loisirs.

le bobo socialo aime les plaisirs simples (traduction : des trucs cons qui coûtent très chers, et qui permettent d'en mettre plein la vue aux copains). quand le bobo socialo n'est pas dans sa maison de campagne, il se fait des week-ends spirituels avec massages aryuvédiques, algues bio dans l'assiette, et débats philosophiques. pour ses vacances, le bobo boude le club med' pour s'essayer au trekking dans le rif (3000€ la semaine, et il faut faire soi-même la bouffe). il est inscrit dans un club de feng-shui qu'il fréquente 2 fois par semaine après le boulot, et connait sur le bout des doigts toutes les doctrines d'affirmation de soi actuellement sur le marché.

ses enfants font de la flûte traversière, et participent à tous les ateliers artistiques du musée du coin.

normalement, avec tous ces éléments, vous devriez pouvoir repérer assez facilement le bobo socialo.

si toutefois vous aviez encore un doute, il reste l'épreuve ultime : les lendemains d'élections présidentielles. en fonction du résultat (à savoir pour 2007, la gauche au pouvoir), vous pourrez savoir qui est celui de droite et qui est celui de gauche. celui qui a le teint vert est celui qui a trop bu la veille, donc le partisan du gagnant. celui qui a le teint gris, c'est lui qui est dans un lendemain qui déchante, donc le perdant. facile, non ?

je hais les bobos, qu'ils soient de droite, de gauche ou du milieu.

toute dissemblance avec le moi que vous connaissez n'est que normale, je suis passée du côté obscur.

je dédie cet article à joseph castel, socialo débonnaire à l'exact opposé des bobos snobinards. repose en paix.

Par charlie - Publié dans : vie quotidienne
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Mercredi 7 février 2007 3 07 /02 /2007 10:44

une fois n'est pas coutume, je vais rentrer les griffes et me faire gentille. n'en prenez pas l'habitude surtout.

je vais vous parler d'un jeune homme de mes connaissances, qu'on pourrait croire séminariste, car il est entré en études comme on entre en religion. il s'est noyé dans le labyrinthe du savoir, en oubliant une chose importante : vivre.

et voilà qu'arrivé du mauvais côté de la vingtaine, il ne sait plus comment retrouver le chemin d'une vie sociale digne de ce nom. alors nous allons l'y aider.

1ère leçon :

en dépit de ce que voudraient nous faire accroire moult grands esprits savants, qui ne le prétendent que pour mieux dissimuler leur misanthropie, le but premier du langage humain n'est PAS informatif. il sert avant tout un objectif social. quand un mari dit à sa femme "oh tu es jolie ma chérie", il achète la paix sociale, il ne transmets pas d'information digne de ce nom, pas vrai ? notre jeune ami va donc s'entraîner à (ré)apprendre à développer la dimension sociale des sons qui émanent de sa bouche. au lieu de se contenter de son habituel "une côtelette de veau, s'il vous plait. merci. au revoir", il va dans un premier temps rajouter "s'il vous plait madame", et après avoir remercié, rajoutera un commentaire adapté sur la météo du jour, grande championne de la fonction introductive du langage. et non, jeune homme, ça n'est nullement parler pour ne rien dire, ni un gâchis de salive. c'est l'équivalent civilisé du reniflage de derrière chez les chiens ou du partage de la banane chez les gorilles. la réponse idoine ayant été obtenue de l'accorte commerçante, il faudra surtout ne pas oublier de saluer d'un "bonne journée" souriant en quittant l'échoppe. et ainsi chaque jour, notre jeune ami s'emploiera à développer une conversation de plus en plus fournie avec les commerçants du voisinage. outre le côté purement fonctionnel -il y a fort à parier que la côtelette aura au fil du temps l'oeil de plus en plus vif (et je vous interdis de me faire remarquer que c'est le bouillon qui a des yeux, je dis ce que je veux et c'est une simple figure de style, bande d'ignares)- de ce genre d'efforts, au bout de quelques semaines, notre séminariste forcé s'apercevra que sa capacité pour le small talk s'est considérablement améliorée, et que cela lui vient naturellement. le contrôle final a lieu avec cette phrase à assener après avoir payé "et bon courage, madame, ça ne doit pas être drôle tous les jours de rester là debout derrière ce comptoir toute la journée". si en guise de réponse, le jeune obtient un compte-rendu détaillé de l'emplacement des varices de la dame, c'est gagné.

si le jeune est assidu dans son travail, en 3 mois à peine, il doit connaître sur le bout des doigts la généalogie complète de la bouchère, les peines de coeur de la petite employée de la boulangerie, et le fils de la libraire l'attend de pied ferme tous les mercredis à 17h pour lui jouer un air de violon pendant qu'il règle son télérama hebdomadaire. avec un peu de chance, le buraliste a une jolie nièce pas sotte du tout à lui présenter.

 

Par charlie - Publié dans : vie quotidienne
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Mercredi 7 février 2007 3 07 /02 /2007 11:12
Je ne sais pas si vous êtres comme moi. Plutôt si, je sais que vous êtes comme moi, puisque, à mon grand dégoût, vous et moi avons un bagage génétique commun. Mais ne vous réjouissez pas trop vite, ce bagage commun est à peu près équivalent aux ressemblances entre l’homme et le chimpanzé. Vous êtes bien d’accord que malgré la quasi-identité des gènes, l’homme est quand même loin du chimpanzé ? Et bien, vous et moi c’est la même chose : beaucoup de ressemblances, mais une supériorité indéniable de mon côté.
Bref, vous êtes comme moi, et il vous arrivez de vivre des journées pourries, mais vraiment pourries.
L’autre jour, ça a commencé dès le matin avec le réveil qui n’a pas sonné. Je me suis réveillée avec beaucoup de retard, et j’ai dû zapper le petit-déj pour me précipiter dehors avec la marque de l’oreiller encore imprégnée sur ma joue et dans mes cheveux. Au boulot, ç’a été l’horreur toute la journée, avec engueulade sur engueulade. J’en en aurais bien sorti une ou deux bien sévères à mon chef, mais c’est mauvais pour l’avancement. J’ai donc rongé mon frein toute la journée, là où vous, pauvres idiots, auriez piqué une colère pour prendre la porte rapido. En sortant le soir, j’ai failli m’étaler en glissant dans une ENORME crotte de chien, juste devant la porte. Il y a fort à parier qu’elle avait été placée là stratégiquement uniquement pour essayer de me faire du mal (je hais les animaux, je vous en causerai un de ces quatre, mais ce n’est pas le propos du jour). Avec la rapidité de réaction qui caractérise les êtres supérieurement intelligents, je me suis rattrapée à l’épaule d’une mémé qui passait. C’est elle qui s’est étalée. Comme elle geignait et ne semblait pas capable de se relever, j’ai profité que les pompiers tardent un peu pour essuyer ma chaussure. Pas question de ramener cette saloperie puante collée à ma semelle sur ma belle moquette blanche. Comme la vioque n’avait pas eu le temps de comprendre ce qui lui était arrivé, les pompiers, croyant que je l’avais aidée, m’ont félicitée ! ironie du sort…
Tout cela m’avait retardée, mais pour la bonne cause : le diagnostic était fracture du fémur et le médecin m’a laissé entendre qu’à son âge, elle risquait de ne pas s’en remettre. Et hop ! une vieille de moins.cool ! (j’aime pas non plus les vieux).
Tous ces tracas successifs m’ayant quelque peu mise de mauvaise humeur (à savoir, encore plus que d’ordinaire), j’ai décidé d’aller me changer les idées pour aller au cinéma.
Je n’aime pas le cinéma. On n’y voit que des belles filles qui vivent des histoires incroyables avec des mecs sublimes, pendant que je me coltine la triste réalité. Mais le cinéma a un gros avantage, il offre la possibilité de se venger de la merde que peut être la vie à peu de frais.
J’ai d’abord passé une bonne dizaine de minutes à la caisse, à demander ce qui passait ce jour-là, ainsi qu’un petit résumé de chaque film, peinant à me décider. Quand l’agacement fut à son comble dans la queue derrière moi, je payai ma place et entrai. Le film que j’avais choisi passait en salle 4, mais il n’était pas question de m’y rendre directement. Un passage préalable par toutes les autres salles s’imposait. J’avoue avoir savouré les 3 fois où j’ai lancé très fort « c’est bien ici qu’on passe La vengeance de la momie galactique ? ». en salle 2, c’était les pubs, donc mon plaisir en a été moindre, mais quand même.
Une fois installée, assise sur mon manteau, histoire de laisser ma tête dépasser encore plus du dossier, j’ai laissé calmement passer publicités et bande-annonces en me faisant oublier des autres. Sitôt le film commencé, j’ai changé 5 fois de place en 10 minutes, histoire de tester la réactivité de mes co-spectateurs (on n’est jamais trop prudente). Aucune espèce de réaction, leur cerveau maigrillou étant totalement absorbé par l’écran.
J’ai donc attaqué mon sachet de pop-corn au caramel, après 5 bonnes minutes de froissage de l’emballage, faut bien rigoler. Vous avez déjà essayé de manger du pop-corn discrètement ? oui ? vous êtes tellement prévisibles…pour ma part, je m’applique toujours à le faire le plus bruyamment possible, l’idéal étant d’en postillonner quelques miettes dans la choucroute de la blondasse devant. J’ai ensuite laissé passer quelques dizaines de minutes à jouer avec mon téléphone portable. Sans le son, bien évidemment, je ne suis pas suicidaire non plus. Et puis la luminosité de l’écran est largement suffisante pour distraire toute la rangée.
A environ ¼ d’heure de la fin, j’ai subrepticement sorti mon arme secrète de ma poche : un sachet de poivre moulu. Dans l’action du film, on en était à un moment où l’héroïne affrontait le monstre dans une grotte très sombre. Le moment était parfait pour passer à l’attaque : j’ai balancé tout mon poivre sur la salle, dans un geste ample dont je suis assez fière, et qui n’est pas sans rappeler celui de nos aïeules semant la terre nourricière. Sauf qu’en guise de blé ou maïs, j’ai récolté des centaines d’éternuements irrépressibles qui ont secoué la salle jusqu’à la fin du film. J’avais pour ma part pris la précaution de couvrir mon nez et ma bouche d’un mouchoir en papier. J’ai pu ainsi jouir sans vergogne de la magnifique symphonie en atchoums majeurs que m’ont jouée les autres dindons dans la salle.
J’en suis sortie toute ragaillardie, rien de tel que le spectacle des autres ronchonnant de n’avoir rien compris à la fin du film pour me remettre l’âme à l’endroit.
La semaine prochaine, je compte aller voir jean-claude van damme dans « la cacahouète était trop aware ». j’hésite encore entre un lâcher de puces dans la salle ou des bulles de savon.
 
toute dissemblance avec le moi que vous connaissez n'est que normale, je suis passée du côté obscur.
 
Par charlie - Publié dans : vie quotidienne
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Samedi 10 février 2007 6 10 /02 /2007 12:55
Il existe une dimension importante de la vie sociale, que l’on tend à négliger : le sourire. Quand on rencontre quelqu’un pour la 1ère fois, un grand, large et sincère sourire vaut tous les discours du monde, prédisposant positivement la personne envers vous.
Alors bien sûr, pour une personne en bonne voie d’ermite-sation (sic), le sourire est un vague souvenir, sans plus. Il faut donc réapprendre à sourire.
Pour ne pas risquer d’être pris pour un psychopathe, mieux vaut s’entraîner pendant quelques temps devant son miroir, seul avec soi-même. Car le sourire sur commande ressemble –au mieux- à une grimace de chat du cheshire, ou –au pire- à l’air bizarre que l’on a quand on vient de se coincer les parties dans sa braguette, en plein pendant la 1ère journée à l’essai d’un nouveau job.
Tant que le résultat face au miroir n’est pas concluant, il vous faut ABSOLUMENT éviter de le faire dans votre quartier, vous ruineriez tous les efforts de la 1ère leçon…
La seconde partie consistera donc à tester votre nouvelle capacité à sourire dans la rue. Au début, vous vous contenterez de sourire aux commerçants en quittant leur boutique, en ayant bien soin de laisser planer le sourire plusieurs secondes sur votre visage, après être sorti du magasin.
Ensuite, il faudra arpenter chaque samedi pendant plusieurs heures une artère très fréquentée de votre ville, en vous exerçant à sourire à un passant sur 5. Attention ! le sourire doit être sincère et sans sous-entendus ! c’est la condition sine qua non pour avoir un retour positif. En effet, le moindre soupçon de sourire un tant soit peu libidineux attirera forcément en retour un regard noir, voire une claque. Ce qui, reconnaissons-le est quand même bien loin du résultat escompté !
Le sourire, comme le rire, étant par essence très communicatif, nul doute que très rapidement vous arriverez à recueillir un sourire en retour à chaque fois, avec un minimum de baffes. De toute façon, si vous prenez quelques baffes, ne vous mettez pas martel en tête : ça fait les joues roses, et c’est associé à un signe de bonne santé. Bon, bien sûr, plus de 5 baffes d’affilée, et vous êtes tout rouge et on risque de vous prendre pour un pochetron. Mais c’est comme ça que la science avance…
Bref, à l’issue de cette 2e leçon, notre jeune ami et vous qui êtes dans la même situation êtes maintenant capables de tenir une conversation de plusieurs minutes et de sourire de façon charmante.
Il ne vous reste qu’à conquérir un cœur.
Mais ne nous emballons pas, nous verrons cela dans notre 3e leçon.
 
Par charlie - Publié dans : vie quotidienne
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